La maison bleue et les techies

Un extrait du livre Silicon City sur le lien entre gentrification et Silicon Valley à San Francisco.

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La maison bleue, celle de Maxime le Forestier, est à vendre pour 3,4 millions de dollars. Si vous pensiez que San Francisco avait encore quelque chose à voir avec des chansons vieilles de cinquante ans (des camions Volkswagen, des communautés Hippies et des gens qui jettent les clefs de leur maisons) ou ce qu'essaient de vous vendre des livres de voyage, alors vous avez loupé un événement important : la révolution numérique.

Depuis quelques années la démographie de San Francisco a été modifié en profondeur et tout s'est particulièrement accéléré sous l'effet conjugué de deux événements : le développement des entreprises du numérique et l'arrivé massive de leurs employés extrêmement bien payés (les techies) et la crise des subprimes de 2008 qui allait finir de chasser les habitants les plus pauvres. Il est à noter que depuis dix ans les instances financières n'ont de cesse d’exonérer Wall Street de sa responsabilité dans cette crise, en stigmatisant ceux la même qui en furent les principales victimes : les populations noires et latinos (1). Ces gens ont particulièrement été ciblés pour les prêts à risque, ils en ont payé le prix et on les tient maintenant pour responsable. 

Des populations entières (pauvres, latinos et noires) ont été expulsés de leurs logements qu'elles n'arrivaient plus à payer au profit de jeunes employés de la tech. Les écarts de salaires n'ont dès lors cessé d'exploser sous l'effet de l'expansion économique de la Silicon Valley (on trouve 32 licornes, c'est-à-dire 32 start-ups dont la valorisation boursière dépasse le milliard de dollars). Les loyers augmentèrent de 10 à 135% selon les quartiers. Les petits commerces et les épiceries allaient laisser place à des restaurants branchés, des boutiques de fringues hors de prix et des AppleStore. Les expulsés se déplacent alors plus loin, en banlieue, à Oakland et le nombre de SDF (homeless) ou de gens vivant dans leur voiture continu de croître. Le salaire moyen à San Francisco tournait encore autour de 46 000 dollars par an il y a quelques années quand celui à Palo Alto dépasse les 137 000 dollars par an.

La Silicon Valley a déjà fait l'objet de nombreux reportages. Le journaliste Fabien Benoit dans son livre The Valley reprend très justement le terme d' « économie-monde » de Fernand Braudel pour définir ce bout de territoire et son influence sur le reste du monde. Une « destinée manifeste », changer le monde par la technologie, des pionniers (Steve Jobs, Zuckerberg, Kurzweil) comme au temps de la ruée vers l'or (1849), l'idée de la conquête du territoire, non plus géographique mais celle du temps libre, du cerveau, des interstices dans lesquels l'économie ne s'est pas encore glissée...

Pour comprendre l'ampleur financière de cette révolution, citons simplement le fait que l'entreprise de voiture électrique Tesla, pur produit Siliconien vient de dépasser Volkswagen en terme de capitalisation boursière (100 milliards de dollars). Alors même que Tesla produit trente fois moins de voiture que VW. 

En fait il semblerait que l’euphorie financière autour de la Silicon Valley soit semblable à celle qui précède l’éclatement des bulles financières. Une euphorie contagieuse : comme la panique, il suffit que quelques acteurs influents décident d'une direction pour que tout le petit monde suive (2). Les investisseurs ont tellement peur de louper la nouvelle future licorne, le nouveau Facebook ou le nouveau Uber qu’ils investissent d’énormes sommes sans pour autant avoir de retour réel. D’après une étude de l’université de Stanford, les modes d’évaluation des licornes aboutissent en moyenne à les survaloriser de 60 %. Une autre étude affirme que 84 % des licornes américaines cherchant à s’introduire en Bourse ont des comptes dans le rouge (3). Nous sommes donc dans une forme d'euphorie collective, les prix montent et font eux-mêmes monter les prix, dont les répercussions en terme de logement se traduisent par l'expulsion des plus pauvres.

google maps des expulsions à SF google maps des expulsions à SF

Seulement voilà, la Silicon Valley qui s'est construite autour de l'université de Stanford se situe à 45 minutes de route de San Francisco. Les salariés s'y rendent en voiture ou en transport commun. Devant l'afflux d'employés, pour beaucoup logés à San Francisco, les entreprises de la tech se mettent à développer des bus pour récupérer leurs salariés en centre-ville afin de les amener jusqu'au siège des entreprises. Des bus connectés et tout conforts qui permettent ainsi à l'employeur d'étendre la journée de travail.

Fin 2013, excédés par l'utilisation de l'espace public que faisaient ces bus privés, des habitants de la Bay commencèrent à les bloquer. Le récit des événements et les textes des activistes ont été compilé ici.

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Leslie Dreyer est une artiste et une activiste californienne. Elle a fait partie de la mobilisation contre les Google Bus en 2013 et multiplie depuis les performances contre les grandes entreprises de la tech et leur idéologie et en soutien aux expulsés, aux déplacés et aux sans-toits. En 2014 par exemple, elle se baladait à la sortie de conférences disruptives réunissant les grands noms de la tech avec un chariot ambulant en bois sérigraphié « reclaim disrupt ». Elle y vendait des briques des maisons détruites après avoir été vidé de leurs habitants, probablement pour laissé place à un immeuble flambant neuf, siège d'Uber ou Twitter. Sur les briques elle écrivait des messages comme « pour la femme de 98 ans qui vivait dans cet appartement depuis 50 ans et qui a été expulsé » ou encore « pour nous tous, pas pour certains ».

Elle arrive donc à mélanger l'humour et la politique (un oxymore pour le militant français) et l'art et la politique (un oxymore pour l'artiste français) dans des performances sarcastiques à la manière des Yes Men. Le texte qui suit est un entretien issu du livre Silicon City.

NOTES 
1) The Ongoing Effort to Write Wall Street Out of the 2008 Financial Crisis, The Intercept, 17/12/2019 
2) André Orléan, De l'euphorie à la panique : penser la crise financière, 2009
3) Dans la Silicon Valley, les «licornes» font des bulles, Libération, 9/05/19
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Entretien extrait du livre
Silicon City, San Francisco in the long shadow of the valley
[non traduit], Cary McClelland, Norton, 2018

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Beaucoup de mes amis ont été expulsés. Les loyers sont montés en flèches. Toute cette histoire a commencé en 2010, 2011 et la suite ne fut qu'une énorme courbe ascendante. Parallèlement à ça les Google Bus [NDT : des bus de l'entreprise Google qui ramassent les employés en ville] étaient partout dans les rues, et le trafic s'est intensifié pendant ces deux années. Beaucoup de gens en parlaient de manière excédée. À chaque fête c'était « Putain de google bus ! » ou « Personne ne peut payer son loyer a part les techies ». [NDT : les techies sont les employés des entreprises du numérique. Ils sont jeunes, en bonne santé, souvent blancs, portent des jeans Levi's et des doudounes Patagonia. Ils ont une attitude détestable dans l'espace commun et ont les yeux constamment rivés sur leur smartphone dans le train qui les emmène dans la Silicon Valley]. J’ai appelé le SFMTA [NDT : transports en commun de SF] pour trouver à quelle loi ils étaient en train de déroger : c’était celle sur le cure priority law [NDT : loi de priorité du trottoir] qui coûte 271 dollars a chaque fois que quelqu’un s’arrête sur un arrêt de bus sans autorisation. Mais bien sûr cette amende n’était jamais appliquée pour les Google bus. Donc on s’est dit : si la mairie leur mettait à chaque fois une amende, à chaque stop, chaque jour, pendant deux ans : ça ferait un milliard de dollars !

Les bus sont le symbole de l’énorme fossé entre les classes et du fait que la mairie privilégie les riches techies. Depuis que les entreprises sont dans la Silicon Valley, les bus sont les seuls symboles visibles auxquels nous avons accès. Les entreprises ne payent pas les amendes. En plus de ça, elles ont des avantages fiscaux. Et nos infrastructures publiques, le système public en général, est en train de se dégrader. Les prix des transports ont grimpé en flèche. Le prix des loyer a grimpé dans le voisinage des arrêts de bus. Les agents immobiliers ont fait payer 20% de plus autour des arrêts des navettes privées. Ce qui pose la question de qui à la droit de se loger dans ces endroits. Il y a donc un lien évident entre la présence des riches techies et les expulsions.

Pourquoi vouloir subventionner les entreprises les plus riches du monde alors qu'ensuite les gens ne peuvent même plus se loger. Les gens qui habitent et travaillent ici réellement ont besoin de ces infrastructures publiques et ils payent pour cela.

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Nous avons pris le nom de Heart of the City Collective. Notre réflexion a été la suivante : les problèmes ne peuvent que s'aggraver. Nous avons besoin de quelque chose pour visibiliser notre cause. Nous nous sommes organisés avec gens qui venaient d'être expulsés. Et le 9 décembre 2013 c’était le premier blocage. On a tout simplement décidé de faire respecter la loi. On a écrit une fausse ordonnance qu'on a signé de l'«Agence sur l'impact des déplacements dans le voisinage». On a entouré les bus et on avait l’ordonnance de loi dans les mains. La loi de l’État était enfreinte, de même pour la loi de la ville, on avait aussi une amende, et le détail du milliard de cette amende et comment il pouvait être utilisé pour la défense contre les expulsions ou rendre les loyers abordables et blablabla.

On est entré dans les bus avec nos fausses vestes d'employés de la ville, et on a montré nos ordonnances. Entre-temps des gens ont entouré le bus avec des panneaux « Attention : système à deux vitesses ».

Une femme est venue nous voir pour nous dire que nous n'avions pas le droit de rentrer dans le bus. J’ai demandé à voir le permis pour utiliser l'arrêt de bus. Un autre employé de Google m'a rétorqué « Nous sommes en train d’en parler avec la mairie ». On a essayé d’avoir des conversations avec les techies et je pense que certaines furent productives mais ils étaient surtout sur la défensive. Les gens se sentent vulnérables. La réponse typique c’était  « nous avons pas causé cela. C’est juste notre travail ». Mais ils n'ont pas arrêté de tweeter. Si bien qu'en une journée nous avions plus d'une centaine d'articles. Nous étions partout sur Facebook et Twitter.

Google a publié une déclaration qui était vraiment insignifiante. Le maire a déclaré « ne les blâmez pas ». Super utile. Et les nouvelles sont vite devenues sensationnelles du style « ils détestent les techies ». J’imagine que le narratif « ils sont en guerre contre tout le monde» se vend mieux. Nous avons fait ça encore une semaine ou deux plus tard. Et après encore. Par la suite c'était devenu systématique.

Ensuite il y a eu les auditions à la mairie sur le sujet. Donc nous avons menacé de faire un énorme blocage un matin et toute de suis ils ont annoncé « Tout le monde à la mairie pour discuter ». C’était drôle.Immédiatement leurs supporters ont accouru et leur explication était de dire que les bus constituaient une forme de covoiturage et que par conséquent cela réduisait les pollutions. C’est la justifications qu’ils ont utilisé dans la presse et à la mairie. Ils ont essayé de cacher des chiffres pour justifier les subventions au Google bus, mais personne ne s’est intéressé aux gens qui avaient été déplacés.

Les gens qui ont été déplacés sont obligés de passer des heures en voiture pour revenir en ville. Donc il est faux de dire qu'on a enlevé des voitures de la route et réduit les pollutions. En fait c’est probablement l'inverse qui s'est produit.

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Les blocages se sont diffusés ailleurs. Des gens à Oakland ont commencé à faire de même et d’autres à San Francisco que nous ne connaissions pas aussi. Il y a eu de nombreux blocages au fil du temps. Des gens ont amené Google devant les tribunaux, et il y a eu des procès interminables sur le fait qu’ils n’étaient pas soumis à l’examen California Environmental Quality act. Mais je pense que c’était une tactique pour faire perdre du temps. Nous nous sommes arrêtés six fois de suite sur ce qui devait être l’audition finale. Des gens sont revenus ensemble pour l'audition finale. The Last 3% [NDT : « Les 3% restant » est une organisation de défense de la communauté noire. Celle-ci constitué 13% de la population de San Francisco, puis 6,5% en 2013 et depuis 2015 autour de 3%] était là pour essayer de créer des connexions avec les populations noires ici.

Mais les médias se sont focalisé sur les bus eux-mêmes et non plus largement sur le problème des inégalités et des expulsions. Et maintenant ces bus sont légalisés. Nous avons eu des fuites d’un mémo interne que Google envoyé à ses employés pour aller témoigner à la mairie durant les auditions à propos de cette histoire. Ils invitaient les employés à appuyer certains points : combien la communauté signifie pour eux, comment ils y contribuent, comment ils étaient volontaire pour travailler avec la communauté. A un moment nous avons eu beaucoup d’informations que nous avons pu utiliser contre eux. Nous avons donné l’information à TechCrunch un site d’information spécialisé pour exposer le fait que ce qu'ils appellent l’ « engagement communautaire » avait été scénarisé depuis le début pour faire passer la pillule.

 Ensuite nous avons essayé d'avoir les entreprises de notre côté et contre Ellis Act. [NDT : Une loi controversé qui donne beaucoup de pouvoir et de liberté au propriétaire au détriment du locataire et qui participe à la spéculation] Beaucoup d’entre eux ont rejeté notre proposition. C’est impossible de savoir si oui ou non ils ont exercé des pressions dans ce sens. Les compagnies savent parfaitement utiliser les messages pour faire croire qu'ils aident les petits gens et affirmer qu'ils s'en souvient et en prennent soin. Google est un bon exemple de propagande. Ils ont fondé le Free Muni for Youth [NDT : une baisse tarifaire des transports pour les plus jeunes] et donné plus de 6,8 millions de dollars de cadeaux. Mais entretemps ils ont esquivé des milliards en impôts ! C’est largement symbolique et c’est une partie ridicule de ce qu’ils pourraient faire.

Les gens ont l’habitude de faire de l’argent, beaucoup d’argent, et ils ne ressentent pas de responsabilité personnelle dans ce qui se passe. Ils pourraient commencer une initiative avec leurs collègues pour le droit au logement, ou reverser une partie de leurs revenus pour rééquilibrer les salaires. Mais ils ne sont pas sur le même pied d'égalité. Ils ne savent pas ce que c'est que de vivre comme leurs voisins. Et vous n’êtes pas incité à vous battre à côté d’eux.

Et comme l’argent contrôle la politique vous commencé à entendre des excuses comme « N’avons nous pas le droit d’envoyer nos enfants dans de meilleurs écoles ? Celle de San Francisco s’effondre ». C’est ce que vous voulez ? Envoyer vos enfants dans des écoles privées parce que celle de SF sont déficitaires ? Les entreprises de la tech doivent des énormes sommes qui disparaissent avec l'évasion fiscale.C’est ce que vous voulez plutôt que de vous battre pour que chacun ait un logement décent et une école publique qui fonctionne ? Il y a une école publique à SF où les élèves ont changé 13 fois de professeur dans l’année. Les profs n'arrivaient pas à se loger.

Récemment la mairie a modifié le statut de « loyer abordable » pour les gens qui gagnent entre 100 et 120 pour cent du revenu médian. Mais c’est largement insuffisant. C’est juste des miettes comparativement aux revenus des entreprises de la tech. C’est une crise globale. A Austin à Seattle, les entreprises de la tech grossissent et cela s’accompagne d’une crise du logement. Berlin, Barcelone et Londres sont confrontées au problème des marchés dérégulés et des « sites de partage » comme AirBnb.

L’histoire de la résistance dans la Bay est salutaire, mais dans la minute même où vous vous mettez en travers du chemin du Capital, alors vous allez avoir des problèmes. C'est d'autant plus compliqué que les gens sont expulsés et continuellement déplacés, ce qui les éloignent de leur famille et de leur réseau. Le soutien sur le long terme dont nous avons besoin a été rompu.

Il y a un flagrant mépris de classe et racisme derrière cette histoire. Les riches, blancs personnes retournent en ville parce qu’ils ont l’argent pour s’y concentrer, les agents immobiliers spéculent et réaménagent pour eux. Ces gens ont toujours blâmé les pauvres, et de tout temps. C’est le mythe du pauvre qui est responsable de sont destin [NDT : rappelons que 9% des homeless sont des vétérans des différentes guerres, du Vietnam à l'Irak. 40 000 anciens combattants ont fait l’expérience d'être homeless] « Si seulement ils travaillaient dur … » disent les techies. Pour tous les autres c’est simple : tu paies ton loyer ou tu crèves.

Iris Canada, 98 ans est virée de chez elle Iris Canada, 98 ans est virée de chez elle

Beaucoup d’histoires particulières disent tout de notre histoire collective. La ville a perdu un important pourcentage de noirs. La démographie de Fillmore [NDT : quartier populaire connu pour sa célèbre salle de concert et aujourd’hui complètement gentrifié] a complètement changé par exemple. On a une affaire symptomatique : celle d'Iris Canada. Cette femme avait plus de cent ans quand elle a été expulsé de son appartement. Les propriétaires voulaient la virer, transformer l’immeuble en copropriété pour augmenter les gains de 40% ou plus. Ils pensaient qu’ils avaient le droit d’avoir un retour sur investissement élevé bien sûr et pour ça il fallait la virer. Elle était là depuis 1962. c’était la dernière femme noire de l’immeuble. On a fait pleins de manifs devant sa maison. On a déployé une banderole de 10 mètres sur le toit. On a fait une marche a travers Fillmore. On allait aux aux audiences à la mairie. On a manifesté devant le tribunal. Et nous avons perdu. Elle a fait deux ou trois infarctus à cause de ça. Après son expulsion elle a été en unité de soin intensif pendant un mois et elle est décédée. 

Ils ont continué à couper les subventions pour rénover les derniers logements publics restant. C'était déjà des bidonvilles, pourris où la situation est parfois dangereuse. Beaucoup d’eux sont des complexes énormes de centaines de personnes qui s’échouent là dans les seuls logements qu’ils peuvent encore se payer et qui sont pourris. C’est un problème systémique. Malheureusement nous avons une solution régionale au problème, car peu importe ce que nous faisons à SF, les gens pourrons être déplacés à Oakland, qui a de moins bonnes protections pour ses locataires. Et après les gens pourront être poussés d’Oakland vers Martinez, qui est encore plus loin et déjà très cher. Et enfin si vous trouvez une place au final vous pouvez être mis à la porte l’année suivante car il n’y a pas de contrôle des loyers dans la plupart des villes autour. C’est pourquoi nous devons voir plus grand.

 

 

 

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