Des cheveux et des seins des femmes par temps d'islamophobie

Après la polémique sur le "hijab de Décathlon", la question qui tue : pourquoi toujours aller fourrer son nez dans les cheveux des musulmanes et pas dans les seins des non-musulmanes qui se font poser des prothèses mammaires ?

Je partage ce qui vient ci-dessous, la contribution d'un camarade du NPA qui, à partir d'un article sur les prothèses mammaires que vous pouvez lire ici, pose la question qui tue après la polémique sur le "hijab de Décathlon" : pourquoi toujours aller fourrer son nez dans les cheveux des musulmanes et pas dans les seins des non-musulmanes qui, on parle de celles qui le font par "choix esthétique", se font poser des prothèses mammaires ? Enfin, il ne pose pas la question ainsi mais on se comprend. Cela a à voir avec un deux poids, deux mesures assez détestable car il participe de la bonne conscience des civilisé-es qui ... se penchent sur les barbares, pas top...bref qu'il faut émanciper malgré elles. Du connu : le paternalisme occidentalo-centré...On pourrait en rajouter des tonnes.

Voici la contribution de Gérard Delteil sur sa page FB : CHOIX DES FEMMES, ALIENATION ET OPPRESSION PATRIARCALE. DU HIJAB AUX PROTHESES MAMMAIRES

Le "hijab special running" de Decathlon a suscité une nouvelle polémique nationale sur les pratiques imposées à une partie des femmes musulmanes ou choisies par elles en fonction de tabous religieux qu'elles ont intégrées.

Je voudrais donc poser une question sincère à celles et ceux qui poussent des cris d'indignation devant ce qu'ils considèrent comme une "banalisation d'un symbole d'oppression de la femme". Pensez-vous, chers ami(e)s, que le port d'un foulard constitue un acte de soumission des femmes plus déplorable que le fait de se faire opérer et poser des prothèses mammaires pour répondre aux canons de la beauté et de la séduction d'une société machiste ?

Le foulard dissimule les cheveux, mais il ne mutile pas, ne présente aucun risque pour la santé, et peut être retiré quand on le décide. On peut même le porter par intermittence. La pose de prothèses mammaires exige une opération très coûteuse. Elle présente des dangers : les risques de cancers et autres maladies à moyen ou long terme sont avérés. Elle impose aussi de nouvelles opérations pour changer ces prothèses dégradées, vingt ou trente ans au mieux après la pose, parfois dix ans. Opérations à nouveau coûteuses et pénibles.

Des centaines de milliers de femmes, voire des millions, se font pourtant poser des prothèses mammaires, certaines énormes, comme les actrices de cinéma porno, dans le seul but de satisfaire les fantasmes masculins. Pourtant, on n'a encore vu aucune campagne féministe, aucune déclaration de ministre pour stigmatiser la chirurgie esthétique.

Pourquoi cette différence d'attitude entre deux pratiques engendrées par des sociétés patriarcales, dont l'une est pourtant nettement plus nocive que l'autre ? Je vous laisse le soin d'y réfléchir.

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