Evo Morales et son "frère Bolsonaro"...

L'extrême droitier Bolsonaro a pu compter, lors se son investiture présidentielle, sur la fraternité proclamée et la présence du président de gauche de la Bolivie. Aux côtés de Netanyahu, qu'on ne présente plus ici, mais aussi du président, pinochétiste non repenti, du Chili, Sebastián Piñera...Etonnant, non, comme aurait dit un célèbre humoriste (https://www.youtube.com/watch?v=NzxejXTumLQ) ?

Capture%2Bd%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran%2B2019-01-04%2Ba%25CC%2580%2B19.29.56.png

Cliquer ici

Nicaragua, Venezuela, bon on se dit que les régimes progressistes... (vous continuez la phrase ?). Même l'Equateur avec, ça ne s'invente pas, Lenin (Moreno, l'actuel président) qui cogne sur Correa (l'ancien qui voudrait le redevenir) mais pas que sur lui, vu sa politique néolibérale (mais Correa n'était pas blanc comme neige sur le sujet, si, si)... Je vous laisse là aussi finir la phrase. Mais on avait encore Evo en Bolivie. Bien sûr, ça n'était pas nickel, nickel (enfin lithium), et même on avait de sérieux doutes que ça ne tournait franchement pas rond dans sa politique vis-à-vis des indiens ou encore par sa volonté de s'enkyster à vie au pouvoir et quelques autres bricoles.

Eh bien peut-être qu'il va falloir finir d'ouvrir grands les yeux à la lecture du message adressé par l'Evo à, textuellement, son "frère...Bolsonaro" lors de sa prise de possession de la présidence ! Si, si, frère de gauche et frère facho embrassons-nous car, figurez-vous, toujours en citant le tweet du bolivien, que celui-ci a la conviction que "les relations Bolivie-Brésil ont des racines profondes en termes de liens de fraternité et de complémentarité entre nos deux peuples. Nous sommes des partenaires stratégiques qui regardons le même horizon (!!) de la #GrandePatrie". C'est magique : nos deux peuples ont la fraternité chevillée au corps donc gauchard et facho on l'a aussi... et on regarde dans le même sens patriotique !

Il faudra bien que les apologètes français des "gouvernements progressistes" latinoaméricains finissent par nous expliquer comment tout cela s'agence en évitant peut-être le simplisme récurrent de la "main de Mosc...", pardon, de Washington, la désinformation, les médias vendus, toutes choses vraies (certes à quelques grosses nuances près) mais qui n'expliquent pas tout et le plus souvent même pas le fond...Je rappelle que ce sont là des citations du compte twitter de Evo Morales himself. Parlerait-il à l'insu de son plein gré ? Et nous, allons-nous continuer à gober des simplismes politiques qui n'ajoutent pas spécialement du crédit à l'idée que notre (sic, désolé ce n'est pas la mienne) "révolution citoyenne" ici devrait s'inspirer de ces régimes "progressistes". Il est vrai que l'éloge du modèle, des modèles latinos, a perdu de sa superbe mais il bouge encore si on suit les réseaux sociaux.

Alors avec la sortie bolsonarienne de Morales, on pourrait finir le boulot critique et, mais là, ça va être dur, autocritique ? Histoire de retrouver de la salubrité et surtout de l'honnêteté, voire de l'intelligence politique ? Je pose ces questions mais j'ai des doutes. En tout cas, vous avez de quoi méditer.

Ah oui, encore ceci : lors de la cérémonie d'investiture du Brésilien, dont l'invité de marque était Netanyahu et à laquelle Evo Morales a participé, il a rencontré aimablement son homologue chilien, le pinochetiste Sebastián Piñera : photo immortalisant la scène et texte espagnol ici  https://www.latercera.com/mundo/noticia/breve-saludo-pinera-evo-morales-la-asuncion-bolsonaro/467136/

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.