Procès de Madrid : le témoignage de deux avocates françaises

La justice espagnole organise un procès politique portant atteinte aux droits des accusés et de leurs conseils. Ce qui s'affirme ainsi c'est que la crise de régime en Espagne est telle que l'Etat n'a plus d'autre recours, pour faire la politique antipopulaire qu'il ne peut plus faire, que ses instances répressives combinées, la justice et la police. Le moyen : l'arbitraire !

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Rapport de Maître Claire Dujardin (photo):


Voir ci-après J’ai assisté durant deux jours au procès des Catalans au Tribunal Suprême de Madrid, en qualité d’observatrice, membre de l’AED, les 27 et 28 mars.Il était très important pour moi d’être physiquement présente à ce procès, d’une part pour rendre compte du procès aux confrères et aux personnes intéressées par ce procès, et d’autre part pour montrer notre soutien aux mis en cause et notamment à Jordi Cuixart que j’avais pu rencontrer en détention le 25 avril 2018, dans le cadre d’une délégation internationale mandatée par un meeting parisien en date 1er mars 2018 pour exiger la libération immédiate des prisonniers politiques en Catalogne. Pour assister au procès le matin, nous avons dû venir à 6 heures du matin devant le tribunal, le nombre de places pour le public étant limité à 40 personnes.

[…] Rapport de Maître Cécile Brandelis :
Procès des Catalans : une mascarade judiciaire ! Le procès de 12 dirigeants indépendantistes catalans s’est ouvert à Madrid le 12 février 2019. Poursuivis pour « rébellion, sédition et détournements de fonds publics » certains ont déjà passé plus de 500 jours en prison et risquent jusqu’à 25 ans de réclusion. Parmi eux : Oriol Junqueras, ancien vice-président de la Generalitat, Carme Forcadell, ancienne présidente du Parlement catalan et Jordi Cuixart, président de l’association culturel Omnium Cultural, comptabilisant 140 000 membres. La question de la violence au centre du procès, au centre des accusations de rébellion et sédition se trouvent deux évènements : le rassemblement spontané de milliers de Barcelonais le 20 septembre 2017 devant la Generalitat, pour protester contre la perquisition qui s’y déroulait et la tenue du referendum du 1er octobre. A ce jour, l’accusation n’a pas réussi à démontrer des actes ou des encouragements à la violence de la part des prévenus. D’ailleurs, à elles seules, les masses de vidéos qui existent sur ces événements frappent par la détermination non-violente des manifestants y compris face à un déploiement policier hors norme comme ce fut le cas lors du référendum.

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