Valls, magnifique ton Espagne ? Et ta soeur !
Le grand écrivain Valle-Inclán avait inventé une forme littéraire unique, el esperpento, mot intraduisible en français et dont on se contentera de dire que la chose a à voir avec un grotesque hyperbolique... La soeur du possible candidat à la mairie de Barcelone (en 2019), pour l'archiespagnoliste Ciudadanos, Manuel Valls, en total désaccord politique avec lui, s'est fendue d'un tweet assassin. Elle reprend des citations de la célèbre oeuvre valleinclanesque, Luces de Bohemia (Lumières de Bohême), de 1924, qui coupe, très ras, l'herbe sous les pieds de l'inénarrable Manuel dans sa revendication de l'Espagne, une, grande, etc., comme disait la gloire politique et civilisationnelle des années 1936-1975 : "L'Espagne est une déformation grotesque de la civilisation européenne", "En Espagne, le travail et l'intelligence ont toujours été méprisés. Ici c'est l'argent qui commande tout", "En Espagne on ne donne pas du prix au mérite mais au vol et à la crapulerie".
Lapidaire, Giovanna Valls, écrit "rien à ajouter".
Nous ajouterons, quant à nous, que l'Espagne que vise Valle-Inclán est celle du précurseur de Franco, Miguel Primo de Rivera, le militaire putschiste qui dirigea le pays de 1923 à 1930 et dont la déroute politique ouvrit la voie à la proclamation de la IIe République. Ce galonné est, pour ne rien arranger, le père du fondateur de la fasciste Falange, José Antonio Primo de Rivera, qui fut fusillé par les Républicains après le soulèvement de 1936.
Merci à Giovanna Valls, de nous rappeler que l'Espagne de Rajoy, Rivera et Sánchez, et de Manuel V, et du juge Llarena, est bien l'Espagne éternelle, autrement dit, rance, minable, immunisée contre l'intelligence, addicte à la rapine...A quoi on ajoutera, sans épuiser le sujet : liberticide et oligarchique.