L'ex roi d'Espagne s'enfuit, France Inter tire à boulets rouges !

La radio publique n'y va pas de main morte. Salutaire ! Encore faudrait-il en dire un tout petit peu plus pour bien cerner le problème politique qui interroge sur le régime né en 1978 et sur le gouvernement en place. Un Gouvernement de gauche où tout le monde dit tout et son contraire tout en évitant d'avoir à se pencher sur ce qui implique l'ensemble de la Maison Royale dans le scandale !

France Inter et l'exil de Juan Carlos ! Le titre du billet audio donne le ton !

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Le passage le plus significatif est peut-être celui-ci : "Pas une lettre à son peuple, ni à la justice de son pays. Non, une lettre à son suzerain et fils, le seul à qui visiblement il estime devoir rendre des comptes. Du féodalisme pur et dur en plein XXIe siècle !"

Il ne manque, et ce n'est pas rien, que la mention que la démocratie espagnole, qui plus est, sous un gouvernement se proclamant de gauche, s'incline respectueusement sur un exil qui est une fuite alors que des démocrates catalan.e.s (mais également des rappeurs, pas moins démocrates, iconoclastement antimonarchistes) sont, eux, elles, emprisonné.e.s, d'autres en exil !

Ah oui, Pablo Iglesias joue à l'effarouché : il s'agite, tonitrue, se scandalise de ladite fuite mais pas de son acceptation...active (1) dans l'opération (ni de l'éloge concomitant du régime, né en 1978 sous l'égide du fuyard couronné, dont la dénonciation était il n'y a pas longtemps au coeur des discours de Podemos) par Pedro Sánchez... au nom du Gouvernement, donc de Pablo Iglesias ! Il n'y a pas que la monarchie et l'idée de démocratie ou de justice (2) qui vacillent en Espagne. Pauvre gauche, misérable gauche... Oui décidément quelle humiliation pour un peuple espagnol toujours dépossédé du pouvoir d'opter pour la république !

(1) Lire ERC y Bildu piden la comparecencia de Calvo por la huida de Juan Carlos I et JxCat pide la comparecencia urgente de Sánchez por la "huida" de Juan Carlos I

(2) Sombrero (en traduction pataphysique : "sombre héros") justicier, c'est le juge Marchena, le Torquemada anti-indépendantiste catalan, qui a été nommé par le Tribunal Suprême pour étudier la recevabilité de la plainte pour corruption à l'encontre de Juan Carlos déposée par l'association indépendantiste catalane Òmnium Cultural (lire ici) ! C'est ce bouclage de boucle Madrid-Barcelone-Madrid, dont la portée concerne au demeurant tout l'Etat espagnol, que France Inter a négligé.

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