La Justice allemande inflige un cruel désaveu à l'Etat espagnol !
La nouvelle vient de tomber. Le Tribunal du Schleswig-Holstein, qui devait se prononcer sur l'extradition du président destitué de la Catalogne, a rejeté le délit de rébellion qui fondait la demande espagnole d'extradition. Il estime, contre l'argumentation principale de la Justice espagnole, qu'il n'y a pas eu de violence exercée par l'indépendantisme catalan justifiant une telle extradition. C'est le coeur de l'arbitraire politique et judiciaire espagnol qui est ainsi désavoué par un tribunal européen.
Cela dit, le tribunal allemand juge recevable l'accusation de malversation, ce qui ne préjuge pas qu'il l'entérine. Il laisse donc Carles Puigdemont en liberté en lui imposant de verser une caution de 75 000 euros. Si l'extradition devait être acceptée, la Justice espagnole ne pourrait juger l'ancien président que pour ce délit de malversation, pas pour rébellion !
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L'ancien correspondant du Financial Times en Espagne, aujourd'hui en poste en Allemagne, exécute, sans avoir l'air d'y toucher, la requête d'extradition de l'Espagne : "Intéressant qu'un tribunal allemand n'ait eu besoin que de deux jours pour écarter la violence et la rébellion. Il ne semble pas que ces juges aient pris au sérieux cette accusation" ... Seulement intéressant, sans rire ? Tiré d'ici
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Dans son communiqué le tribunal allemand juge textuellement "irrecevable" le délit de rébellion car " ce qui fonde l'acte d'accusation espagnol n'a pas d'équivalent en Allemagne, pas même avec le délit de haute trahison" inclus dans le Code Pénal allemand. Cette irrecevabilité est argumentée sur la base de l'absence de "violence" dans ce qui se rapporte à l'action de Carles Puigdemont. Transmis au juge Llarena et à Rajoy (voir le dessin ci-dessous) !
La levée de bouclier qui commence à se dessiner dans l'opinion publique et le personnel politique allemands, au vu du sort qui est infligé à Puigdemont mais aussi aux prisonniers politiques catalans, contre la nature liberticide du gouvernement espagnol, montre que l'internationalisation de la question catalane marque des points. Premier acte réussi : la libération aujourd'hui du persécuté catalan ! Mais rendons hommage à la remobilisation de la société catalane, à tous les niveaux (relayée par les collectifs de solidarité internationaux dont ce blog s'honore de faire partie), y compris dans la rue, y compris par les actions de blocage des routes et des autoroutes, depuis l'arrestation de Carles Puigdemont. Soyons sûrs que cette remobilisation a largement pesé pour créer le "climat" rendant difficile un simple jeu des rouages judiciaires et politiques...
Il reste à obtenir que les dernières charges contre Carles Puigdemont pouvant justifier son extradition soient levées. Sa libération a été obtenue, pas encore sa liberté !
Plus d'infos à suivre.
Traduction, très librement accompagnée de nos commentaires, de La Justicia alemana deja en libertad a Puigdemont y descarta el delito de rebelión (El Nacional)
Texte modifié le 6 avril à 1h39 : après croisement d'infos, nous rectifions l'information sur la menace d'extradition qui pèse encore sur l'ancien président : c'est toujours, sans plus aucune étape allemande, celle qui l'amènerait directement dans les prisons de l'Etat espagnol..
3 avril
La "violence", argument massue de l'Etat violent pour criminaliser ses opposant-es ...
Puigdemont extradable pour délit de rébellion, donc de violence ? Les CDR poursuivis pour violences ?
La menace vise en fait tout le monde dans l'Etat espagnol ! Et doit permettre au parti corrompu et discrédité de rester au pouvoir !
Ce qui est violent
L'échelle de violence que concoctent le juge Llarena (en charge du dossier catalan), à gauche, et Rajoy. De gauche à droite :
Les agressions physiques, c'est de la violence/les menaces et les intimidations, c'est de la violence/les destructions matérielles, c'est de la violence/les cris et les tags politiques, c'est de la violence/protester, c'est de la violence/contester l'Etat, c'est de la violence/voter pour des partis étranges, c'est de la violence/Manifester son opinion, c'est de la violence.
Rajoy pose son doigt sur "Voter pour des partis..." et dit : ce qui serait intéressant, ce serait d'en arriver là avant les élections générales !
Le juge Llarena : Je prends note et je vois ce qu'il est possible de faire. (Cliquer ici)
Processions de Pâques en Catalogne