Mariano Rajoy prend sa retraite, Pablo Iglesias, lui tire son chapeau...

Iglesias, tout en rappelant qu'il a aidé à mettre sur la touche Mariano Rajoy, voit en lui un politique élégant et intelligent, sachant écouter..., revendique l'honneur de l'avoir combattu et l'assure de son respect... Le Podemos nouveau prend, de façon décidée, le large, loin de l'esprit indigné...

Podemos, ¡ no se puede ! (Podemos, ce n'est pas possible !)

A propos de la démission de Rajoy à la tête du PP, suite à sa mise en minorité au Congrès des député-es et à la chute de son gouvernement, tout le Podemos de Pablo Iglesias en un tweet :

"Rajoy n'est pas parti, il a été mis dehors par les gens qui n'ont pas perdu l'espoir et qui n'ont eu de cesse de demander une motion de censure contre la corruption. Malgré tout, c'est un homme politique élégant et intelligent, sachant écouter, qui s'en va. C'est un honneur d'avoir été son rival et de l'avoir combattu politiquement. Il a gagné mon respect."

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Ce tweet est le type même de l'auberge espagnole (!) discursive : les apologètes de Iglesias qui sévissent dans Podemos, trouveront motif à se pâmer devant l'extraordinaire audace iconoclaste qu'il y a à mobiliser le langage dur du "mettre dehors, foutre dehors, jeter", qui rappelle le "Iglesias le bref" du temps où tout n'était qu'envie de "prendre d'assaut le ciel", tout en saluant l'élégance blabla d'un sale personnage qui a enfoncé dans la misère des millions de gens et super-enrichi les plus riches, qui a envoyé sa police briser dans l'oeuf les opposants, qui a fait un putsch en Catalogne, qui s'est vanté d'avoir asséché le budget reconnu dans la Loi de la Mémoire Historique pour aider à exhumer les républicain-es assassinés par Franco... Et qui est au coeur de cette escroquerie monumentale qui l'a fait tomber tellement c'était devenu imprésentable... Mais avec l'assurance, pensent-"ils/elles", qu'avec le PSOE et Ciudadanos, la relève pro-système est assurée. 

Vous avez dit élégance, intelligence, respect... Il l'a dit Iglesias-Malgré tout... Et il confirme que son choix de villa à 600 000 euros en fait un personnage qui n'est pas, comme il le revendiquait à ses débuts, un homme politique qui s'astreint à vivre comme ceux et celles qu'il est censé représenter. Ceux-ci, celles-ci ne reconnaissent aucune élégance à ce "salaud", probablement lui voient-ils l'intelligence mais des gens de sa caste (ah, ce grand mot du Podemos premier qui ne pouvait pas apparaître dans ce tweet) par laquelle ils écrasent le bon peuple. Et enfin, ils ne peuvent avoir aucun respect envers une telle crapule... Les gens de Podemos, ceux et celles qui sont restés dans l'esprit de "l'indignation type 15M", ont du souci à se faire devant cette langue de bois très "système" qui a probablement quelque chose à voir avec la volonté politique exprimée par la direction de Podemos de gouverner avec l'un de ceux qui se sont montrés les soutiens les plus sûrs, je veux parler de Pedro Sánchez, de "l'élégant et intelligent" comme on l'a vu dans l'agression infligée à la Catalogne. Lequel Pedro Sánchez nomme ministre des Affaires Etrangères, Josep Borrell, l'un des personnages les plus abjectement anticatalanisme indépendantiste qui n'a pas hésité à participer à l'organisation des manifestations espagnolistes où se retrouvait toute l'extrême droite. Lequel Pedro Sánchez veut reconduire le budget voté par le PP (et rejeté par Podemos !) sur fond d'allégeance aux règles européennes d'équilibre budgétaire !

Toc-toc-toc

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 Pablo Iglesias frappant à la porte du bureau de Pedro Sánchez : toc-toc-toc...Pedro !...toc-toc-toc...Pedro !...toc-toc-toc... Pedro !

De l'autre côté de la porte, la voix de Pedro Sánchez : Ok, Borrell aux Affaires Etrangères... A l'Intérieur j'avais pensé à... Non ! Non ! N'ouvrez pas ! C'est le déjanté !

A droite, sur la porte de l'ascenseur, on lit "En panne".

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