Le titre complet de ce texte est Cela saute aux yeux : Hollande n'est pas de gauche, sa politique est patronale... Ne nous voilons pas la face sur les conséquences politiques à tirer !
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Au moment où le gouvernement se vautre comme jamais dans une politique antisociale, sécuritaire et géostratégiquement alignée sur les impératifs du maintien de l'ordre impérialiste (Mali, Syrie), nous voyons à l'oeuvre des mouvements sociaux organisant la résistance mais de façon encore isolée et éparpillée et donc impuissante à impulser une riposte efficace aux mesures propatronales. Avec toutes ses limitations liées à des stratégies syndicales jouant à contretemps et/ou à contre-courant des urgences du moment, la première mobilisation en défense des retraites a cependant montré la disponibilité de larges secteurs de la population à commencer à s'engager dans une lutte décidée pour les revendications. Sur le terrain politique aussi se manifeste une paradoxale combinaison de volonté d'en découdre avec la bande à Hollande-Ayrault et une désorientation sur les moyens de la traduire en formule efficace de mobilisation.
Pourtant de forts discours sont tenus à gauche qui pourraient donner à penser que l'alternative à la gauche Medef est en train de prendre corps : nous lisons ainsi aujourd'hui dans Le Parisien dimanche que, pour Mélenchon, "Les désirs des puissants sont toujours les bienvenus pour ce gouvernement. […] [Celui-ci] a deux bêtes de somme : les ouvriers et les classes moyennes! Comme la droite, pour lui, le grand ennemi, c’est le coût du travail. Pas celui du capital. Il néglige la guerre à la fraude fiscale. Elle coûte pourtant plus que la dette chaque année : 80 Mds€. […] Hollande a trompé beaucoup de monde et il continue. […] Il réunit toutes les conditions pour être détesté. Le désespoir qu’il répand sert la soupe aux Le Pen." Et le dirigeant du Front de Gauche de conclure son entrevue d'une impitoyable formule : "(Avec ce gouvernement) les muselières sont distribuées avec les places." Alors d'où vient le malaise ? Le Front de Gauche qui a suscité de gros espoirs pendant la campagne des présidentielles se trouve en fait confronté, par delà de si justes paroles, à son incapacité à traduire sa relative percée électorale en une réponse hors temps électoral : aucune de ses initiatives depuis juin 2012 n'a contribué à peser décisivement sur le champ de la confrontation sociale, ce qui s'est traduit du coup par des reculs très nets de ses candidats lors des diverses consultations partielles dans le même temps où le FN tente de s'affirmer comme la réponse aux agressions de "la gauche" !
Tout cela amène le NPA a proposer que soient reconsidérés à la gauche du PS les divers jeux tactiques d'autoaffirmation sectaire se croisant avec, pour certains, des ponts tendus opportunistes et particulièrement démobilisateurs, envers "la gauche" : envers celle qui pourtant assène des coups toujours plus durs au monde du travail et des sans-travail qu'il nous intéresse tant de tirer vers une politique de combat. Il faut en finir avec le hiatus entre les grands discours d'opposition à l'austérité et le maintien d'une ouverture, pour les prochaines municipales, envers le parti qui est au coeur de ladite austérité, tantôt dès le premier tour (position du PCF contre une partie de ses militants), tantôt au second tour (position plus ou moins en sourdine du PG). Ce chaud et froid politique ne peut que décourager les militants et encourager l'abstentionnisme ou les déplacements d'adhésion vers Le Pen... La gauche d'alternative ne peut plus jouer au chat et à la souris avec les alliances avec le PS : les concepts de rassemblement de gauche ou de réorientation de la gauche, arborés encore par nombre de dirigeants du Front de Gauche, en deviennent confusionnistes et, loin de travailler à la rupture nécessaire avec la politique menée par le gouvernement, permettent au PS de continuer d'accaparer l'idée qu'il est encore de gauche dans l'instant même où il envoie tous les signaux sans équivoque qu'il gère à droite, qu'il oeuvre en faveur du capital contre la population !
Conformément à son congrès national, le NPA 34 s'est adressé aux partis du Front de Gauche : le PG 34 et GA 34; nous conservons l'espoir de rencontrer le PCF, la Fase ou LO. Il s'agit, comme nous l'avons déclaré à notre récente conférence de presse, d'explorer sans détour les voies d'une unité antiaustérité qui ne peut se décliner que comme une opposition de gauche au gouvernement à construire en toute clarté et avec une totale détermination. Là est la seule voie qui puisse efficacement casser toute perspective de retour de la droite et de percée de l'extrême droite : combattre et battre la gauche gouvernementale pour battre la droite et le FN, il faut se faire à l'idée que telle est l'équation politique du moment ! Tout renoncement à cette nécessaire révolution culturelle et politique sur ce qu'est la gauche et sur ses implications stratégiques passerait à côté des urgences du moment. Les mots doivent désormais s'ajuster aux choses : l'unité à gauche doit s'assumer comme une unité conquérante sans le PS, contre le PS, lui déniant, en toutes circonstances, la légitimité à dire de gauche sa politique capitaliste ! Les élections municipales seront un des deux tests pour mesurer si une telle orientation prend forme. Le travail pour contribuer à relancer le mouvement social, sur les retraites en particulier, est l'autre test tout aussi incontournable que le premier ! Le NPA est disponible pour un un tel défi !
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