UNEF, non-mixité, islamo-gauchisme... la gauche y perd sa gauche !

De partout montent les signes d'inquiétudes sur ce qui attend électoralement une gauche affaiblie par le désastreux bilan politique de ses principales composantes, or l'offensive gouvernementale sur le terrain de "l'islamo-gauchisme" n'en finit pas de trouver des relais en son sein... dans un exercice d'allégeance autodestructrice, plus ou moins assumée, à la doxa islamophobe dudit gouvernement.

Dans sa tribune de L'Obs « Les coupables, ce sont les victimes », dont on ne peut que recommander la lecture, Eric Fassin écrit :

"Les attaques récentes contre les réunions non-mixtes d’un autre syndicat, l’UNEF, permettent à la dirigeante d’extrême droite de donner une fois encore des leçons d’antiracisme. Et parmi celles et ceux qui s’indignent d’une telle récupération, beaucoup n’en imputent pas moins la faute à l’antiracisme politique…" (Eric Fassin).

Méditons bien la dernière phrase de cette citation : certain.e.s à gauche se donnent bonne conscience en disant défendre l'UNEF contre les menaces de dissolution que l'Etat, appuyé par l'extrême droite, fait peser sur elle, alors que ces "ils/elles, de gauche", accusent ce même syndicat et ceux et celles qui soutiennent ses réunions non-mixtes d'être responsables de l'agression raciste que le premier subit. Et cela en accréditant que ceux-ci sont eux-mêmes racistes, la non-mixité étant supposément vecteur de racisme... antiblanc !

Grossier positionnement faux-cul d'un soutien de gauche à l'accusé qui, dans l'instant même, l'accuse... comme l'accusent l'Etat de droite et l'extrême droite et qui, de fait, légitime que ces droites, sur le fond, diraient le vrai de ce supposé racisme non-mixiste syndical.

Tellement acrobatique et difficile à assumer tel quel qu'il faut cacher la chose derrière le masque de gauche d'un classique "pas touche à un syndicat" (voir les minauderies des sénateurs de gauche au moment de leur vote pour, ou de leur abstention, sur les propositions "républicaines islamophobes" de la droite), un syndicat qu'on enfonce en fait à la façon de ces mêmes droites. Terrible circularité paradoxale d'un gauche-droite qui est un révélateur du point d'incandescence de l'inconséquence à laquelle arrive une gauche (addicte à la sauce tournée Printemps Républicain), avec des échos parmi une partie de l'extrême gauche, qui ne sait plus où elle habite politiquement et qui brouille ce que sont les données de la situation : la non-mixité est une des modalités d'exercice de l'antiracisme et c'est exactement la raison pour laquelle le racisme d'Etat, pour se protéger de l'accusation de racisme, procède à l'inversion de l'infamie et décrète que le raciste ce n'est pas lui, mais l'autre, l'antiracisme des racisé.e.s !

Gauche-droite, cette mauvaise soupe de l'idéologie systémique doit impérativement appeler, à notre tour, à décréter que nous en avons soupé de leurs mystifications et qu'il faut renverser la soupière !

Antoine

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