1978. Franco mort, la démocratie commençait ... Ils ont tué Germán ...

Ils ont tué Germán qui manifestait pour la libération des prisonniers du franquisme, toujours prisonniers alors. 40 ans après, l'impunité dans cette affaire (ce n'est pas la seule du genre) est de règle.

C'était un jeune camarade de la LCR espagnole, plus exactement de sa section basque LKI.

Los sucesos de Sanfermines 1978 llegarán al Parlamento Europeo (https://www.eldiario.es/norte/navarra/ultima_hora/sucesos-sanfermines_1978-europa-navarra_0_780422237.html)

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Le 8 juillet 1978, lors des Sanfermines de Pampelune, grande fête taurine (on n'avait pas encore de mobilisation anticorrida), des militants descendent dans l'arène et y déploient une banderole réclamant la libération des prisonniers politiques du... franquisme. Eh oui Franco est mort depuis novembre 1975, la Transition "démocratique" a commencé, les Cortes (Parlement) franquistes ont voté le projet de réforme politique qui liquide la forme dictature, les premières élections libres depuis la Guerre civile ont eu lieu en 1977 mais les prisonniers du franquisme sont toujours en taule, la police franquiste est toujours là, elle sera recyclée police démocratique. Et ce 8 juillet elle réprime violemment les manifestants qui défilent dans l'arène. Résultat 150 blessés et notre camarade Germán meurt d'une balle dans le front.

Six mois après, la Constitution démocratique est votée par référendum. Mais voilà, il n'y a jamais eu d'enquête, ni de procès, loi d'amnistie oblige. Et aujourd'hui un recours est déposé devant le Parlement Européen pour demander que soit exigé de l'Etat espagnol la déclassification des documents relatifs à cet épisode tragique. Le Congrès espagnol a refusé cette déclassification ! C'est cela l'Espagne d'aujourd'hui dans son lien non résolu, malgré la démocratie, avec son passé franquiste. Et croyez bien que ces évènements du pays Basque de 1978 et le refus d'y revenir ont bien quelque chose à voir avec ce que l'Etat espagnol, son Roi en tête (héritier de Franco, via son père), a fait à la Catalogne récemment... Si, si, le rapprochement n'est pas abusif... les fils de l'histoire croisent ceux du présent... Sans qu'il soit nécessaire de dire que l'Espagne est franquiste. Non, tout cela dit simplement ce que peut être aujourd'hui une "démocratie à fort tropisme adémocratique, antidémocratique", ce que peuvent être des démocraties (toute l'UE a soutenu Rajoy contre la Catalogne) si fières de leurs valeurs d'humanisme, etc. mais si libéralement antisociales, tellement libérales et si policières et liberticides...On verra bien si le Parlement Européen décroche de la complicité des gouvernements à la Macron, Merkel... Curieusement les tribunaux européens, qui ont renvoyé les tribunaux espagnols à leurs chères études en refusant d'extrader les dirigeants catalans exilés, ont décroché de ce pacte de complicité politique... Cela mérite analyse, ce n'est pas la place ici !

Germán, on n'oublie pas, le présent de l'Espagne (et de l'Europe) ne le permet pas... Et puis, de toute façon, notre mémoire ne connaît pas de prescription...

Voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?time_continue=206&v=ZgzHjrzJVqY

 

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