Le CCR en échec dans le NPA s'en auto-exclut, si, si...

Dans un texte rendu public jeudi 10 juin, le groupe CCR-Révolution permanente a annoncé son départ du NPA. Le NPA prend acte de cette décision, et ne renonce pas à son projet de s’adresser à toutes celles et tous ceux qui subissent un ordre social de plus en plus violent et injuste, et veulent se regrouper pour agir, collectivement, afin de le renverser.

Alors qu'une Conférence Nationale du NPA doit permettre à tous les militant.e.s, y compris des CCR, de se prononcer prochainement sur la position à adopter pour la présidentielle, cette fraction n'a pu que constater lors du dernier CPN (Conseil Politique National, le parlement du parti) que toutes les autres tendances, sensibilités ou fractions du parti rejetaient sa démarche de promotion médiatico-politique de son pré-candidat à cette élection. Dénoncée unanimement comme étant en rupture avec les cadres démocratiques du NPA, cette opération a été un véritable fiasco qui a amené ses promoteurs à un tel isolement dans le parti qu'ils ont tiré la conclusion qu'ils n'avaient plus aucune crédibilité ni avenir dans cette organisation. Tout à fait dans la continuité des pratiques de cette fraction à se construire depuis des années pour organiser une sortie par le débauchage d'un maximum de militant.e.s, elle a fini par constituer un repoussoir insupportable, y compris pour les fractions qui, jusque là, s'unissaient avec elle contre la tendance majoritaire. Ce qu'elle écrit aujourd'hui sur cet échec, qu'évidemment, elle ne saurait assumer, ajoute à la déconfiture politique qu'elle subit en l'amenant à renouer de façon quasiment réflexe avec les vieilles traditions les plus exécrables de l'histoire du mouvement ouvrier, y compris la micro histoire sectaire, par où la réalité, qui plus est, de soi contre les autres, est ce qui doit être réécrit pour espérer retrouver dérisoirement l'équilibre perdu !  

Ce départ, au demeurant, ne règle pas, sur le fond, la question de la nécessité, portée par de nombreux/-ses militant.e.s, que se produise un dépassement de l'ensemble des pratiques de fractions dans le NPA, dont celle des CCR n'était au fond que la caricature la plus brutale et la plus négativement et pitoyablement aboutie.  

Antoine

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Dans un texte rendu public jeudi 10 juin, le groupe CCR-Révolution permanente a annoncé son départ du NPA. Le NPA prend acte de cette décision, et ne renonce pas à son projet de s’adresser à toutes celles et tous ceux qui subissent un ordre social de plus en plus violent et injuste, et veulent se regrouper pour agir, collectivement, afin de le renverser. 

Concernant le départ du CCR-Révolution permanente, certaines précisions s’imposent. Contrairement à ce qui est affirmé dans leur texte, personne n’a été exclu du NPA, ni individuellement, ni collectivement. Il s’agit bel et bien d’un départ : jusqu’à la publication de ce texte de rupture, les membres du CCR-Révolution permanente cotisant au NPA avaient le même statut que les autres militantEs du NPA, pouvaient participer au processus démocratique en cours pour décider de notre orientation à l'élection présidentielle, et leurs représentantEs dans les instances de direction nationale pouvaient se joindre à l’ensemble des réunions et participer aux prises de décision.

Le départ du CCR-Révolution permanente est en réalité la conséquence de l’échec de ce groupe à imposer au NPA la candidature présidentielle d’Anasse Kazib. Cette « pré-candidature », annoncée publiquement le 4 avril dernier sur les réseaux sociaux et dans quelques articles, s'est faite en rupture avec le fonctionnement du NPA et ses modalités de prise de décision concernant nos candidatures à la présidentielle. Celles-ci ont toujours été le fruit de discussions démocratiques au sein du NPA, organisées autour des questions d’orientation et de profil politiques, et non de « pré-campagnes » personnalisées — et a fortiori menées à l’extérieur de l’organisation. 

Cette « pré-candidature », articulée au projet de lancement d’un « Parti révolutionnaire des travailleurs », n’a convaincu personne dans le NPA, à l’exception des membres du CCR-Révolution permanente. En mettant en scène aujourd'hui leur prétendue « exclusion », ils et elles veulent jeter la suspicion sur le NPA et délégitimer préventivement ses choix pour 2022.

Conscient de son isolement interne et de son échec à imposer son projet de parti et son candidat, le CCR-Révolution permanente a choisi de se retirer du NPA avant même que la consultation démocratique interne ait lieu. Dont acte. 

Le NPA prendra, comme prévu, ses décisions concernant la présidentielle lors d’une conférence nationale les 26 et 27 juin. D’ici là, l’ensemble de ses membres sont invités à se prononcer, dans le cadre de discussions et de votes démocratiques, sur l’orientation et le profil de notre organisation pour 2022.

À l'issue de ce processus de discussion/décision, le NPA annoncera, après le week-end des 26 et 27 juin, ses choix pour la présidentielle, à l’occasion de laquelle nous entendons bien défendre un programme d’urgence sociale, écologique et démocratique, et porter la perspective d’une rupture révolutionnaire avec le système capitaliste.

Montreuil, le 11 juin 2021.

Le communiqué sur le site du NPA

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