Catalogne. La CUP créditée d'une forte poussée des intentions de vote...

Le dernier sondage fait état d'une remontée des intentions de vote en faveur des partis indépendantistes : on passe d'un score, en faveur de l'indépendance, de 40,8% à 48%, contre un mouvement contre l'indépendance de 53,9% à 43,7%. L'indépendantisme retrouve ainsi les intentions de vote qu'il fixait au plus fort de la mobilisation pour le référendum d'autodétermination en octobre de l'an passé.

 Sous l'attentisme du peuple catalan, la CUP est pleine !

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Le sondage que vient de publier le Centre d'Estudis d'Opinió (CEO), juste avant que l'on n'apprenne la candidature de Quim Torra à l'investiture de la Présidence de la Généralité, fait état d'une remontée des intentions de vote en faveur des partis indépendantistes alors que le précédent sondage du CEO, réalisé entre octobre et décembre derniers, manifestait la tendance très nettement inverse : on passe ainsi d'un score, en faveur de l'indépendance, de 40,8% à 48%, contre un mouvement contre l'indépendance de 53,9% à 43,7%. L'indépendantisme retrouve ainsi les intentions de vote qu'il fixait au plus fort de la mobilisation pour le référendum d'autodétermination en octobre de l'an passé.

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C'est à la CUP que revient le bénéfice principal de cette spectaculaire remontée puisqu'elle est créditée d'obtenir, si des élections avaient lieu maintenant, 11 député-es (9% des voix), son record, au lieu des 4 actuel-les. Résultat qui compense largement la baisse que subiraient les deux grandes formations indépendantistes : Junts per Cat, emmené par Carles Puigdemont, ne décrocherait plus que 30 à 32 député-es (19,8%), au lieu des 34 actuel-les, tandis que les républicains de gauche de l'ERC stagneraient à 32 ou reculeraient jusqu'à 29 (20,5%). L'ensemble indépendantiste consoliderait sa majorité parlementaire absolue en passant des 70 sièges actuels à 75.

Ces mouvements internes au bloc favorable à l'indépendance semblent montrer l'exaspération croissante de la population à l'encontre de la stratégie du "je t'aime, moi non plus" mise en (sur)place par les deux principales organisations de ce bloc autour de l'investiture à la présidence de la Généralité. La stérilité politicienne d'une stratégie à mille lieues de la logique de mobilisation initiée par le référendum du 1er octobre saute aux yeux de chacun-e. 

En revanche, l'intransigeance de la CUP, qui s'est refusée à avaliser, en faisant l'appoint des voix au parlement, les différentes propositions d'investiture car, dénonçait-elle, précisément elles n'étaient plus dans la stricte logique républicaine-indépendantiste, contredit tous les augures qui lui prédisaient d'avoir à payer le prix de la division ! Tout en restant prudents vis-à-vis du caractère incertain de tout sondage, retenons l'hypothèse qu'une bonne partie du peuple catalaniste, un temps déroutée par les manoeuvres de couloir de Junts per Cat et ERC, pourrait être en train de se ressaisir et de réagir, en termes "cupaires", sur le mode d'un radical "basta !". N'excluons cependant pas que la nomination enfin d'un président de la Généralité puisse redonner du lustre à ces grosses formations; encore faudrait-il qu'en dehors de la rhétorique battante de rigueur au moment de l'intronisation solennelle, ne s'affirme pas une orientation cherchant à composer avec les menaces de Madrid de remettre le couvert du 155 à la moindre incartade. Le fait est que seule la CUP a gardé le cap d'une stratégie, toute adaptée que l'on voudra à la nécessité de reconstruire le rapport de force perdu, mais travaillant ouvertement à organiser la désobéissance civile en faveur du mandat du 1er octobre et pour la libération des prisonniers politiques. Et cela en relançant une mobilisation de rue largement passée sous la table, malgré quelques belles initiatives, ces derniers mois. 

La quadrature du cercle est, au demeurant, que, sans l'unité politique autour de cette orientation, le défi devient redoutablement difficile à relever. Ce que suggère ce sondage est, en tout cas, une forte incitation à remettre la mobilisation populaire au centre du jeu qui pourrait s'ouvrir dans les prochaines semaines.

On ne conclura pas cette analyse sans oublier de mentionner ce qu'il en est de ce "centre extrême droitisé", macronisant disent, sérieux, certains politologues outre-pyrénéens, qu'est Ciudadanos. Il resterait la première force électorale mais, en perdant des positions, pour la première fois depuis sa percée : au minimum moins deux sièges des 36 actuels pour 24,5% des voix.

Quant aux socialistes du PSC, ils pourraient perdre entre 2 et 4 des 17 sièges (avec 11% des voix) qu'ils ont actuellement et qui, probablement, passeraient aux Communs, alliés à Podem, qui en gagneraient 3 pour atteindre les 11 (9,5%). Le PP stagnerait, lui, dans les profondeurs historiques où il est plongé, avec 4 député-es, peut-être 3 avec 4,1% des voix.

La bonne nouvelle est donc que l'objectif affiché par Madrid d'en finir avec l'indépendantisme à coup de 155, de répression policière et judiciaire et d'exil, n'est pas vraiment en passe d'être gagné. La mauvaise est que l'indépendantisme reste confronté à ses incertitudes stratégiques (cliquer ici) qui sont foncièrement ce qui fait la force d'un ennemi plus fragilisé qu'il n'y paraît !

Billet réalisé à partir de l'article de eldiario.es La mayoría independentista resistiría en el Parlament gracias al aumento de la CUP, según la encuesta del CEO (La majorité indépendantiste résisterait au Parlement catalan grâce à la poussée de la CUP, selon le sondage du CEO)

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