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Billet de blog 15 mai 2014

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De la laïcité et de son déni par des lois d'exception... Commençons par ne pas oublier...

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Suite aux commentaires qui ont été suscités par la publication du billet de Jean Baubérot Jean Jaurès et la laïcité de 1905, il me semble intéressant de renvoyer à un texte important, celui d'une pétition qui, en 2003, s'opposa frontalement, en réunissant des sensibilités politiques différentes, à "toute loi d’exclusion des élèves voilées". Certains trouveront déplacé de rouvrir des plaies qui... Qui ...? Qui ont cicatrisé ? Raisonnement analogue à celui des partisans de ne pas raviver les divisions ouvertes entre Français sous Vichy par l'imputation judiciaire des Papon ou Touvier ! Analogue aussi à celui des opposants à revenir sur ce grand refoulé de la démocratie espagnole qu'est le franquisme et sa féroce accoucheuse, la Guerre Civile. Autant dire que je n'ai aucune affinité avec ces postures oublieuses de ce que l'histoire, une certaine histoire, voudrait garder enfoui, toujours in fine pour consolider un système de domination (le gaullisme, le mitterrandisme, la monarchie espagnole voilant le recyclage démocratique des élites économiques du franquisme : avec pour point commun la reconduction du pouvoir du capital) : et donc, pas question de considérer la question du foulard (du "voile") comme réglée par des lois "spéciales", qui plus est parce qu'elle est, à la différence des exemples susmentionnés, dans l'oxymorique refoulement à vif d'un passé qui participe pleinement du présent, qui fait sporadiquement retour au détour de quelques affaires (Trappes, Argenteuil) et qui rappelle, à ces occasions-là, que la discrimination subie, vécue, est de tous les instants, est de l'ordre du quotidien. Oublier ce que des milliers de personnes ne peuvent pas oublier, car est signé ainsi leur "infériorisation" définitive, serait pérenniser la victoire d'une laïcité de droite (au sens où elle est aussi celle de "la gauche") qui appellera tôt ou tard son approfondissement par déplacement radical à l'extrême droite. Ce serait surtout se satisfaire que des populations soient placées à demeure dans cette réalité d'injustice et de discrimination, fonctionnelle à tous égards au capitalisme du temps de sa crise, et sous la menace induite qu'elle se radicalise ! Il s'agit, par ce refus d'une amnésie foncièrement politique-politicienne, d'arracher enfin la laïcité du coeur de cible où de prétendus laïques l'y ont placée... Et cela, quoi qu'on pense du foulard : la laïcité en effet, tellement de gens l'ont oublié, est toute dans ce "quoi qu'on pense"...

Oui à la laïcité, non aux lois d’exception

Appel d’acteurs de l’éducation et de militants associatifs laïques et féministes contre toute loi d’exclusion des élèves voilées et pour une véritable politique éducative


1er juin 2003

Il est à nouveau question, dans le débat public, d’une loi très " stricte " visant à " redéfinir " l’application du principe de laïcité à l’école. Cette loi s’apparente à une loi d’exception, construite sur mesure autour du foulard islamique. Personne n’est dupe : c’est le foulard qui est à l’origine du débat, et c’est lui qui serait seul touché par une loi, même si celle-ci se présentait comme " générale ".

Ce foulard recouvre des réalités diverses, et nous avons des appréciations diverses, voire divergentes, de sa signification ; mais nous sommes tous d’accord pour estimer que, dans tous les cas (que le foulard soit imposé aux jeunes filles ou qu’il résulte d’un choix), l’exclusion est la pire des solutions.

Nous ne sommes pas des " partisans du voile " ; nous sommes simplement partisans d’une école laïque qui œuvre à l’émancipation de tous, et non à l’exclusion. Car la laïcité, telle que la définissent les lois de 1881, 1882 et 1886, est une obligation qui concerne les locaux, les programmes scolaires et le personnel enseignant, et non les élèves. Aux élèves s’imposent des règles comme l’assiduité à tous les cours ou le respect d’autrui, mais il n’est pas légitime de multiplier les exigences pour des jeunes en formation, qui viennent à l’école précisément pour apprendre, se former et se transformer - surtout si ces exigences n’ont aucune nécessité du point de vue du fonctionnement de l’école. Nous sommes plusieurs à côtoyer ou à avoir côtoyé ces élèves voilées dans des établissements scolaires, et nous témoignons qu’à aucun moment leur présence n’a empêché les enseignants d’enseigner, ni les élèves ou les étudiants d’étudier.

Le texte complet de la pétition

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