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Billet de blog 16 sept. 2012

NPA, GA. L'anticapitalisme est-il soluble dans le Front de gauche ?

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La photo ci-dessus a été prise lors de la conférence de presse qu'a tenue le Front de gauche 34 lundi 10 septembre. Elle concrétise, par l'efficacité immédiate propre à l'image, la nouvelle configuration de cette coalition dans l'Hérault puisque, à côté des "historiques" du Front de gauche, Michel Passet (PCF), à gauche, et René Revol (PG), au centre, apparaît le petit nouveau, David Hermet, à droite, pour la Gauche Anticapitaliste (GA) qui a quitté le NPA récemment.

Petit exercice d'élucidation politique pour contrecarrer le trop facile effet hypnotique de l'image d'une gauche radicalement ... à gauche et tout aussi radicalement unitaire !

Michel Passet, sur, d'une part, le mode tout en euphémisme feutré, de "l'erreur" que commettrait le "pouvoir" sur le TSCG et, d'autre part, de sa "préférence" personnelle pour une discussion autour d'une loi d'interdiction des licenciements boursiers (1), reste fidèle à son parcours aux zigzags particulièrement prononcés. Qu'on en juge : allié docile, avec rang de 2e adjoint, de la maire social-libérale de Montpellier aux côtés du Modem, il lui est arrivé de voter, au-delà même des obligations légales, les crédits à l'enseignement privé et de soutenir, là aussi vote à l'appui, sa camarade de parti qui rapportait rien moins que sur une proposition de Délégation de Service Public (porte ouverte à une privatisation) pour une crèche de Montpellier. L'élu du NPA à la mairie a pu écrire dans son compte rendu de séance : "Cette délibération, présentée par F. Prunier du Parti Communiste (!!!!), crée un grave précédent. A Montpellier, malheureusement, ce ne sont pas les délégations de services publics qui manquent mais jusqu’à ce conseil aucune crèche n’était en DSP." et "Toutes les interrogations sont légitimes face à l’attitude du PC lors de ce vote. Présenter cette délibération puis voter "pour" donne au PC toute la responsabilité de cette grave décision." Précision : cet élu remonté contre les élus du PCF est aujourd'hui membre GA du Front de gauche ...aux côtés des élus qu'il vilipendait en 2011 ! Lesquels élus ont voté plus récemment la décision municipale de supprimer la gratuité de l'accueil en maternelle au grand dam des parents que le NPA, futurs GA compris, soutenait sans réserve (2) ! Toutes choses qui n'ont pas empêché Michel Passet de monter prendre la Bastille avec Jean-Luc ou de représenter raaaadicalement le Front de gauche aux dernières législatives !

Enfin, Michel Passet présente la lourde particularité d'avoir été chargé par son parti de siffler, aux cantonales de 2011, la fin de la "récréation" unitaire des Régionales de l'année antérieure (3) où le Front de gauche avait fait liste commune (A Gauche Maintenant !) avec le NPA et quelques autres organisations (9% des voix). Constat incontournable à méditer par ceux qui adhérent à la "storytelling" du NPA diviseur face à l'unitairement immaculé Front de gauche : les unitaires étaient au NPA, les diviseurs au Front de gauche !

René Revol, au centre de la photo, est, lui, un très proche camarade de Jean-Luc Mélenchon et, malgré une certaine déception quant à l'impossibilité de pérenniser A Gauche Maintenant !, que précisément il conduisait, il a entériné, docilement lui aussi, le coup de force diviseur du PCF en 2011, comme prix à payer pour que son camarade Jean-Luc puisse recevoir l'adoubement du PCF pour la présidentielle...

Quant à David Hermet, il incarne ce qui était la majorité écrasante du NPA 34 et qui a payé, avec GA 34, le prix d'un ralliement à une structure locale du Front de gauche présentant le passif évoqué ci-dessus 1/ de collaboration étroite, pour sa composante essentielle, avec le PS (et le Modem) à la mairie de Montpellier mais aussi avec les néofrêchistes les plus retors à la région Languedoc-Roussillon et 2/ de division des forces à la gauche du PS : en effet, ayant totalisé 75 % des voix au congrès départemental du NPA en décembre dernier, ces militants devenus GA n'ont amené dans leurs bagages au Front de gauche qu'une petite moitié du NPA héraultais; ce qui est certes beaucoup mais donne une idée de la déperdition d'appui qu'ont subie ces militants dont le positionnement est devenu des plus illisibles, y compris chez nombre de leurs partisans. Chanter les vertus de l'unité politique à la gauche du PS en la réalisant, qui plus est par une plate intégration dans leur coalition, avec ceux qui l'avaient sabotée au profit d'une unité institutionnelle maintenue avec le PS ou avaient toléré ce sabotage dans le concret de la réalité héraultaise, a semblé à nombre de militants qui sont restés au NPA tout en continuant à défendre l'idée d'une unité fondée en politique non politicienne, un véritable tour de passe-passe...digne des tortillements mâtinés de coup fourré d'un Michel Passet et des calculs tacticiens et électoralistes d'un René Revol. En quoi finalement la photo est bien celle d'une famille partageant beaucoup de choses. En quoi il est évident que le NPA ne pouvait pas en être, je veux parler de la photo mais aussi de cette unité-là par absorption qu'a acceptée GA 34 : l'unité que, de parti à parti ou de parti à coalition, le NPA 34 continue à défendre, par exemple contre le TSCG, avec le Front de gauche comme avec toutes les composantes de la gauche à la gauche du PS, ne souffre aucun compromis/aucune compromission avec celui-ci : en mairie, en région, ou à l'Assemblée nationale, un élu du NPA ne se serait jamais allié au Modem, aurait voté contre la confiance au gouvernement Ayrault (le Front de gauche s'est abstenu en se réclamant de la majorité avec le PS !) et n'aurait pas voté le collectif budgétaire (ce qu'a fait le Front de gauche). Pas plus qu'il n'aurait voté, s'il avait eu des élus, ce que le Front de gauche vient de voter à l'Assemblée "les emplois d’avenir" qui sont, contre la logique de "demi-mesure" que défend Marie-George Buffet, un caractéristique projet social-libéral de précarisation de la jeunesse

Certains esprits pressés et mécanistes argueront que ces positions de principe, qui sont en réalité des positionnements d'élémentaire cohérence politique articulés aux tactiques les plus pragmatiques, ont bien peu rapporté au NPA et tellement au Front de gauche : c'est évident. Comme il est possible qu'en ces temps d'accélération de la crise capitaliste et des recompositions politiques qu'elle induit, la roue de la fortune puisse tourner très vite. Pour le NPA comme pour le Front de gauche ! Comme pour GA dont on vérifiera prochainement si son anticapitalisme proclamé dans le contexte que je viens de décrire sera, pour reprendre le titre de ce billet, soluble dans le Front de gauche (4).Ces lignes sont une façon de prendre date ... Ce qui, on en conviendra, n'est jamais inutile en politique !

(1) article de L'Hérault du jour du 11 septembre 2012

(2) L'Hérault du jour du 4 janvier 2012

(3) Entrevue de Michel Passet à L'Hérault du jour (édition du 22 février 2011) : question du journaliste:  "Le NPA vous reproche de n'avoir pas voulu d'accord: "C'est vrai mais comme avec les autres partis de gauche, conformément à nos statuts mais aussi à la pratique politique que nous souhaitions" [c'est moi qui souligne]. Précision : les statuts n'avaient pas empêché l'unité aux Régionales ! Quant à "la pratique politique souhaitée" tout indique qu'elle combinait la poursuite, côté droit, de l'alliance avec le PS localement et, côté gauche, le lancement de la candidature de Jean-Luc Mélenchon sur le mode, plus à gauche que moi, tu meurs !

(4) Nous n'avons entendu aucun responsable de GA, pas plus un Pierre-François Grond au niveau national, qui a estimé "le profil politique de Mélenchon dans cette rentrée parfait" (Mélenchon défend une interpellation tonitruante du pouvoir, article de Mediapart du 25 août), que David Hermet dans le 34, trouver à redire aux propos tout bonnement scandaleux du dirigeant du Front de gauche sur les évènements d'Amiens pendant l'été : seuls quatre militants, sans responsabilité de direction, de ce courant ont eu le courage d' interpeller celui-ci (Jean-Luc Mélenchon, vous avez tort sur les émeutes d’Amiens-Nord) sans aller cependant au fond, fort problématique du point de vue de l'anticapitalisme, de ce républicanisme totalement hermétique à la révolte des banlieues et, en l'occurence, inadmissiblement muet sur les agissements de la police qui caractérise le personnage. Du temps de leur militantisme au NPA, gageons que tant Grond qu' Hermet n'auraient pas laissé passer une telle sortie indigne ! Autres temps militants, autres moeurs ... en dissolution de continuité ?

Note : ce billet n'engage bien évidemment que ma personne

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