La Belgique met en liberté ceux que l'Espagne voulait emprisonner !

Il n'y aura pas l'extradition voulue par le Tribunal Suprême et, au-delà de la position de blocage dans laquelle se trouve la haute magistrature espagnole suite au revers subi, c'est l'Etat espagnol qui a été atteint au coeur de la procédure judiciaire la plus importante que l'Espagne ait mise en oeuvre ces dernières années.

 Editorial. La gifle de la justice belge au juge Llarena et au Tribunal Suprême espagnol (elnacional.cat)

(photos de elnacional.cat : manifestations de joie en Catalogne, ce mercredi, à l'annonce de la décision du tribunal belge)

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Cela s'est produit au début du mois d'avril dernier et cela s'est reproduit ce mercredi en Belgique : la justice européenne a infligé à nouveau une retentissante gifle au juge Pablo Llarena et au Tribunal Suprême espagnol qui a cautionné l'instruction judiciaire mise en route contre l'indépendantisme catalan. Les consellers (ministres du Gouvernement catalan destitués par Madrid et exilés en Belgique) Toni Comín, Meritxell Serret et Lluís Puig redeviennent des citoyens libres dans un pays libre par la décision de la justice belge de juger non recevable la procédure engagée par le juge Llarena. Il n'y aura pas l'extradition voulue par le Tribunal Suprême et, au-delà de la position de blocage dans laquelle se trouve la haute magistrature espagnole suite au revers subi, c'est l'Etat espagnol qui a  été atteint au coeur de la procédure judiciaire la plus importante que l'Espagne ait mise en oeuvre ces dernières années.

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 La bataille belge étant arrivée à son terme, les mandats d'arrêt européens émis par l'Espagne se soldent par un trois à zéro. Trois autres suivent leur cours : celle du President Carles Puigdemont qui en est à mi-parcours après que le Tribunal du Schweslig Holstein a écarté le délit de rébellion. Il sera difficile que soit retenu le délit de malversation sur lequel la justice allemande ne tardera pas à se prononcer. En Ecosse, la même accusation visant la consellera Clara Ponsatí semble également en bonne voie de résolution, tout comme en Suisse pour la secrétaire générale de Esquerra, Marta Rovira. Il y a, en tout, six demandes d'extradition et il faudrait bien que quelqu'un s'interroge sérieusement sur ce qui arrive à la justice espagnole lorsque quatre pays contestent les positions du juge Llarena. Ce ne devrait pas être si difficile de se demander si ce ne serait pas la justice espagnole qui dépasserait les bornes en faisant des commentaires, comme celui de la Cour Pénale du Tribunal Suprême qui accuse la justice belge "d'être dépourvue d'engagement en faveur de la collaboration judiciaire demandée".

7 mois sans vous - Ni prisonniers, ni exilés, nous vous voulons à la maison. Rassemblements le dimanche 16 mai avec la présence de personnes poursuivies par les tribunaux et mises en examen. A l'appel de l'ANC et de l'Omnium.

La coïncidence qui veut que l'importantissime décision de la justice belge soit prise le jour anniversaire des sept mois - sept ! - d'emprisonnement que subissent les Jordis, Sànchez et Cuixart, n'est pas une ironie du destin. Elle permet de mettre le doigt sur la macabre situation où se trouvent les neuf prisonniers politiques détenus dans les prisons de Estremera (Junqueras, Turull, Rull, Romeva et Forn), Soto del Real (Sànchez et Cuixart) et Alcalá Meco (Forcadell y Bassa). Voilà mise en évidence la volonté de la justice espagnole de les traîner devant des tribunaux en faisant fi de ce qui se passe dans d'autres pays européens.  Avec la cruauté que cela suppose et l'injustice induite.

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Nous l'avons dit en plus d'une occasion, à partir d'une identique jurisprudence, il ne peut y avoir des délits différents et c'est pourtant cela que subissent les neuf prisonniers reclus dans des prisons des environs de Madrid. Une nouvelle série de manifestations, ce mercredi soir, sur les places catalanes a montré que la société catalane ne les oublie pas. La démarche exceptionnelle du nouveau président de la Généralité d'aller rendre visite, vendredi, à ceux qu'il considère "otages" de l'Etat soulignera, après la décision de la justice belge, ce qui est une insolite situation. Mais l'Etat espagnol semble décidé à faire la sourde oreille.

Traduction Antoine Rabadan. Texte original en espagnol La bofetada de la justicia belga a Llarena y al TS

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Les réactions

"1er octobre [jour du référendum favorable à l'indépendance], ni oubli, ni pardon", "pas un pas en arrière" (manifestants de Barcelone fêtant la décision du tribunal belge)

"En combien de langue faudra-t-il leur expliquer qu'il n'y a pas eu rébellion ?"

"Ce qui te mène à la liberté en Europe, te mène en prison dans l'Etat espagnol" (Eduard Pujol)

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"C'est une défaite de l'Espagne devant les tribunaux" (Der Spiegel)

"L'Espagne et spécialement le juge Llarena se sont ridiculisés aux yeux de l'Europe. C'est l'échec d'une stratégie n'ayant pas recherché des solutions politiques et ayant fait le pari de la judiciarisation" (Les Communs)

 

Ci-dessous la une de demain du grand quotidien catalan en langue espagnole (défavorable à l'indépendance) La Vanguardia : La Belgique fait la leçon au Tribunal Suprême (espagnol) et n'extradera pas les ex consellers. En photo lesdits ex consellers et leurs avocats fêtent à la bière, Belgique oblige, l'évènement.

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