La Catalogne en son droit démocratique au tumulte

Ce qui suit ne prétend ni à l'objectivité ni à un recensement équilibré d'opinions sur ce qui se passe en Catalogne. Ce n'est pas le genre de ce blog où est assumée l'idée d'un engagement "inobjectif", seulement raisonné au mieux. On trouvera ici des citations tirées de mes lectures sur la mobilisation catalane en cours et pouvant, qui sait, lui donner un sens qui a du mal à se faire connaître.

La justice (espagnole) n'est pas aveugle...

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... elle est juste face au soleil [Cara al sol, face au soleil, est le titre de l'hymne des fascistes de la Phalange qui appuyèrent Franco pendant et après la Guerre Civile]

Les condamnations par où tout s’enflamme

« La sédition [chef d’accusation retenu par le Tribunal Suprême] est un délit contre l’ordre public et non contre la Constitution. Un délit contre l’ordre public ne mérite pas que l’on soit condamné à une peine supérieure à celle d’un homicide ou d’un viol. Si les condamnés accomplissent la totalité de leur peine, celle-ci sera supérieure à celle d’un violeur ou d’un meurtrier. Or ce qu’ils ont fait en 2017 n’a rien d’aussi répréhensible que les actes des violeurs ou des meurtriers. C’est un point de vue que tout le monde, sans être indépendantiste, peut partager. »

« Le tribunal argumente son choix [non de la rébellion mais] de la sédition de telle façon qu’il lui donne une dimension politique afin de la distinguer du simple délit de désobéissance. »

José María Mena*: "Es correcto hablar de presos políticos; el Supremo ha dado una dimensión política a la sedición", eldiario, 19 octobre 2019.

* José María Mena a été Haut Procureur de Catalunya.

 

Judiciariser la politique ?

« La recherche d’une solution à la grave situation créée en 2017 par la désobéissance à la Constitution au moyen d’un simple procès pénal était appelée à échouer. Que la fumée des barricades ne nous empêche pas de voir la forêt d’un peuple qui, au moins pour la moitié, se sent maltraité et mal-aimé. »

Perdonad que os diga..., par Elisa Beni, eldiario.es, 19 octobre 2019.

 

Sánchez, Casado, Rivera : pas question de gracier des condamnés…

« Ces dernières années et ces dernières décennies, toutes sortes de condamnés ont été graciés, que ce soit par des Gouvernements du PSOE ou des Gouvernements du PP. Cela concerne les auteurs du coup d’Etat du 23 février 1981 comme les responsables des crimes du GAL [groupe paramilitaire antiETA dans lequel furent impliqués des membres du Gouvernement du PSOE], en passant par des politiciens condamnés pour corruption, des policiers tortionnaires ou des banquiers délinquants. Comme en donne le détail le « graciomètre » de Civio (lire ici en espagnol), ce sont plus de 10 500 grâces qui ont été accordées en Espagne entre 1996 et 2018. »

Golpistas del 23F, condenados por los GAL, policías torturadores y políticos corruptos: los que sí han sido indultados por PSOE y PP, eldiario.es, 19 octobre 2019.

 

Pour Pablo Iglesias (Podemos) « Il faudra respecter les sentences du Tribunal Suprême ». Pas d'accord dit Cristina Fallarás...

« Ne pas respecter une loi, une norme ou une sentence a historiquement été la façon la plus efficace d’aller de l’avant. Les contester a permis que la société progresse. Pour ce qui est des droits des femmes et, plus concrètement, de la question de la violence contre nous, c’est d’une spéciale évidence. Il n’y a pas longtemps, le harcèlement n’existait pas en tant que délit et les sentences se multipliaient par lesquelles la coupable de toute agression machiste était l’agressée. Ce n’est pas la peine de remonter loin en arrière. Il y a seulement un ou deux ans nous nous sommes coltinées le cas de la juge Carmen Molina qui avait demandé à la femme qui dénonçait un viol : « Aviez-vous bien serré les jambes, aviez-vous bien fermé toute la partie (sic) des organes féminins ? ». Le Conseil Général du Pouvoir Judiciaire (CGPJ) avait estimé que Molina n’avait commis aucune faute.

Quand fut prononcée la première sentence contre (les violeurs) de la Meute [ou, plus exactement, Troupeau] des Sanfermines [grande fête taurine de Pampelune], des milliers de femmes sont descendues dans la rue et l’indignation fut telle que la législation s’en trouva changée. Comment était-il possible de respecter cette sentence ? Pour la population il n’avait pas semblé sensé qu’on la respecte. »

« Nous pouvons ne pas respecter une loi ou une sentence et, par conséquent, nous pouvons avoir à sortir dans la rue pour exprimer cette position. Je sais que tout cela paraît une évidence première de la Démocratie mais, au point où en sont les choses, ce n’est pas le cas. C’est même le contraire. Nous vivons en Espagne une régression pour tout ce qui a trait aux droits des citoyens qui amène une partie importante de la population à rejeter le droit des personnes à manifester ou à organiser une mobilisation populaire. »

La mobilisation, lundi dernier, à l’aéroport de Barcelone El Prat a été ce que l’on peut qualifier une « manifestation pacifique ». Cela signifie qu’il n’y a pas eu de morts, des blessés graves, des incendies ni des destructions dignes de mention. Pourtant les partis de droite et une grande partie des médias ont poussé les hauts cris avant de demander que l’on applique le néfaste article 155 de la Constitution [qui mettrait, comme en 2017-2018, la Catalogne sous tutelle de Madrid] et la Loi de Sécurité Nationale [qui mettrait la police catalane sous l’autorité de Madrid]. »

Ni acato ni respeto, par Cristina Fallarás*, Público, 17 octobre 2019.

Cristina Fallarás est une chroniqueuse féministe parmi les plus reconnues.

 

L'Etat

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Le conflit catalan : sans combustible il n'y a pas de feu. [A noter : le bout du tuyau est entouré de la broderie de la toge que portent les juges espagnols].

 

Violence légitime ?

« Ce qui est intéressant dans la série de manifestations de ces derniers jours, ce n’est pas seulement qu’il s’y défende une idée comme celle de l’indépendance mais surtout que le peuple commence à montrer clairement aux politiciens qu’il n’acceptera pas une pax romana mise au point dans les bureaux feutrés de Barcelone et de Madrid. La violence, contrairement à ce que disent les chichiteux, ça marche et ça a toute la légitimité du monde quand elle défend une grande et belle idée, une idée qui vaille le coup d’y aller à fond. Si les flammes qui se répandaient cette nuit dans Barcelone s’avèrent être un simple reflet de l’absurde, de l’absence de sens et de l’incapacité à ouvrir sur un futur qui sont ce que le système des autonomies propose à notre jeunesse, tout cela en restera à un simple chahut qui « erdoganisera » l’Espagne et entraînera un autre 155 ; mais si la lutte déborde cette logique et nous permet de voir que les systèmes autonomiques de représentation politique sont morts, il se pourrait bien que tout le stress que nous vivons nous gratifie de quelque satisfaction. »

Recapitulemos, par Bernat Dedéu, El Nacional, 20 octobre 2019

« Il n’y a pas un seul droit, parmi ceux que même le plus virulent des conservateurs défend, qui ne soit sorti de la fumée d’une barricade. Les droits civils, la dignité au travail, l’ordre civilisé, la démocratie et la Constitution. Tout, absolument tout ce qui mérite d’être pris en compte par les mots aujourd’hui vidés de leur sens tels que liberté, progrès, respect, tolérance ou démocratie, a surgi après que des jeunes ont lutté derrière une barricade contre le pouvoir. Contre l’ordre établi, parfois la tyrannie et beaucoup d’autres fois contre un Etat libéral qui jouait la carte de la répression. Tout comme il est indiscutable que la Police est là pour maintenir l’ordre de n’importe quel système de pouvoir en place, il est indiscutable que les avancées sociales fondamentales ont été obtenues dans la rue. Tout comme il est indiscutable que les Etats ont, de manière légale, le monopole de la violence, il est indiscutable qu’à certains moments, quand n’étaient pas respectés les préceptes fondamentaux d’un Etat de libertés, on a transgressé ce dogme pour aller de l’avant. Il y a des choses qui sont là, même si nous ne voulons pas les voir. »

Barricadas incendiadas con senyeras y rojigualdas, par Antonio Maestre, eldiario, 19 octobre 2019.

 

Les "violents"

"Presque tous et toutes ont moins de 21 ans et ont vu en 2017 comment la police chargeait leurs voisins dans les bureaux de votes pendant le référendum du 1er octobre. Ce fut, pour beaucoup d'entre eux, leur première expérience politique parmi une génération qui a grandi avec le procès [processus indépendantiste] en toile de fond pendant les sept dernières années.

Toutes les personnes interviewées affirment que le facteur déterminant est la fracture générationnelle qui sépare les plus jeunes, partisans d'actions plus dures, des indépendantistes qui ont manifesté ces dernières années."

"Nous avons grandi avec le procés et le référendum du 1er octobre et ses suites" explique un étudiant de 19 ans qui se déclare indépendantiste. "Cela fait beaucoup d'années que nous rongeons notre frein, en écoutant les conseils des plus âgés et nous avons vu à quoi cela a servi : ils sont tous en prison". Selon ce jeune, beaucoup de gens de son milieu pensaient que les actions pacifiques que menaient les indépendantistes ne servaient à rien mais ils se contenaient car lancer une seule pierre était très mal vu dans les manifestations du procés. "Peu à peu cela a changé et maintenant le tabou a été brisé, affirme-t-il".

Une fille de 20 ans environ, étudiante en Lettres à l'Université Pompeu Fabrea de Barcelone, dit : "On sait bien que brûler des conteneurs ne nous donnera pas l'indépendance mais on a bien vu que pacifiquement non plus. Maintenant personne ne t'engueule parce que tu casses des choses. On peut au moins montrer au monde notre frustration"."

"D'autres étudiants de Barcelone ont déclaré ne pas avoir de positions communes sur l'indépendance. Certains sont indépendantistes, d'autres pas mais aucun ne fait partie d'un groupe sécessionniste. Tous, y compris ceux qui se disent indépendantistes, pensent que la séparation avec l'Espagne est non viable à ce jour. Malgré tout ils n'hésitent pas à sortir chaque soir pour s'affronter avec la police car ils trouvent injustes les peines de prison imposées par le Tribunal Suprême."

"S'ils s'opposent au Gouvernement de Madrid, ils en veulent aussi au Govern et particulièrement à son Conseller [ministre] de l'Intérieur [dont la police collabore avec la police espagnole dans la répression] dont ils demandent la démission."

"Selon certaines sources, des membres de groupes anarchistes et des jeunes sans objectifs politiques clairs, à la recherche d'actions et pour faire monter l'adrénaline, se joignent aux autres jeunes."

C'est par Telegram et surtout Anonymous Catalonia et ses 120 000 membres ou encore CNI Catalunya (20 777 membres), PicnicxRepública (33 000) et L'Alerta (41 900) que se coordonnent les mobilisations nocturnes dans les rues de la ville, que sont communiqués les déplacements des véhicules de la police, que sont indiqués les endroits où trouver les "matériaux intéressants" pour monter des barricades ou encore que sont  désignés les endroits à renforcer ou ceux où se produisent des charges policières. Ces collectifs visent aussi à neutraliser les rumeurs, le tout avec la plus grande rapidité.

Independentistas desengañados, anarquistas y jóvenes apolíticos: el núcleo duro de los disturbios en Catalunya, eldiario.es, 17 octobre 2019.

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Eloge du tumulte

« Peuple est ce qui ne veut pas être dominé. La république est l’imposition de la chose publique au parti des riches. Seul le tumulte, le conflit qui vient d’en bas, donne lieu à l’émergence de nouvelles lois et à la liberté politique ; c’est le facteur majeur du changement historique.

Notre organisation sociale ne ressemble en rien à une république et coïncide parfaitement avec la définition du principat. Elle prétend ignorer qu’il y a une division entre dominants et dominés, entre gouvernants et gouvernés, elle est aveugle au fait qu’il y a toujours division et que la division est indépassable. Elle pense l’architecture institutionnelle comme une « solution » et un « système harmonieux » où chaque chose a sa place et sa fonction établie à tout jamais : les gens votent, les partis légifèrent, la Constitution pose les règles du jeu de la vie en commun, les gouvernants disposent et les gouvernés se soumettent.

Et s’ils désobéissent ? Aucun conflit n’a de raison d’être : c’est un dysfonctionnement, une anomalie, une folie irrationnelle, quelque chose qui ne devrait pas exister ni se produire « si le peuple comprenait » (la complexité de la situation, les exigences de Bruxelles, la nécessité de s’exprimer dans le cadre de la loi, etc.). Un peu de pédagogie, via des policiers antiémeutes ou du tribunal suprême, aidera à bien lui expliquer les choses. »

« Le 1er octobre 2017, deux millions de personnes vont voter lors d’un référendum symbolique pour l’indépendance. C’est un acte de désobéissance qui attire l’attention sur l’extension du malaise par rapport à un type d’insertion territoriale, à un type de démocratie de très basse intensité. Il ne s’agit pas simplement d’une question nationale, nationaliste ou identitaire, c’est quelque chose d’évident pour quiconque a des oreilles pour entendre (lire ici). Il s’exprime là un rejet du système politique espagnol, il y a le désir d’une autre situation, d’autres règles du jeu, d’une république, etc. La réponse c’est… aucune réponse. La répression du 1er octobre d’abord, la judiciarisation politique ensuite.

Pour Machiavel, si l’existence de Rome fut longue et si beaucoup de ses lois furent justes, c’est dû au fait que la société et l’institution étaient perméables au conflit. Dans notre société la loi – un instrument pour la vie en commun – devient un fétiche sacré, c’est-à-dire qui ne peut être profané, c’est-à-dire qui ne peut être touché. A l’inverse, on met fin, en son nom, à tout ce qui interrompt l’ordre.

Quand il a été mis fin au conflit ouvert le 1er octobre, on a neutralisé une chance de réinventer l’insertion territoriale (de la Catalogne), les règles du jeu du vivre ensemble, la structure même de l’Etat et la signification même de l’Espagne, chose que la Catalogne n’est pas la seule à désirer. Le conflit qui ne trouve aucune réponse ni aucune forme d’élaboration pourrit, risque de devenir un conflit horizontal entre les gens d’en bas eux-mêmes. »

« La plèbe est justement le peuple quand il s’affirme, celui qui crie « ils ne nous représentent pas », celui qui sait que les lois justes sont toujours le fruit du tumulte et des envies de liberté d’en bas. »

« La démocratie n’est pas une société de l’harmonie (pas même sous les modèles utopiques de l’autogestion ou de la démocratie digitale), elle est la société qui ouvre la voie au conflit, une société effervescente et ouverte au changement qui subordonne l’institué à l’instituant, cette société qui, faisant l’expérience de l’instabilité, parvient à obtenir la plus grande stabilité, où n’importe qui (pas seulement ceux qui monopolisent la chose publique) peut parler, agir et être pris en compte, la société où la question de la vie bonne et de la justice reste ouverte, où la loi est mise en jeu par le conflit sans en être exactement le produit. La démocratie c’est appuyer la division de la société, la possibilité infinie de la division. »

« La république est supérieure à tous les autres régimes : elle se prête au mouvement » (Lefort-Machiavel).

Elogio del tumulto, par Amador Fernández-Savater*, eldiario.es, 16 octobre 2019.

 *Amador Fernández-Savater est un philosophe qui s'était beaucoup impliqué dans le mouvement des Indigné-es de 2011. Il en a gardé et développé, de façon personnelle, la..."philosophie". Une façon de lui être fidèle, sans le "fétichiser", qui le différencie de certains de ses acteurs qui se sont laissés aspirer par la politique institutionnelle promue par Podemos ou les Communs.

 Le conflit catalan

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[Salida : sortie]

 

Espagne/Catalogne, le début de la fin de la cohabitation ?

« Les cent ans [cumulés] de prison infligés aux dirigeants du procés indépendantiste ont provoqué un traumatisme dans la société catalane. Mais sa réponse immédiate et massive a mis en évidence que nous nous trouvons à un tournant historique. Rien ne sera plus comme avant car l’hostilité de l’Espagne a atteint une telle extrémité qu’elle ouvre une voie sans retour et rend impossible quelque réconciliation que ce soit hors la séparation d’un commun accord. C’est cette attitude hostile sur tous les fronts, culturel, politique, social, économico-financier, médiatique, policier et judiciaire, qui a entraîné la métamorphose du catalanisme constructif en indépendantisme de rupture. L’indépendance de la Catalogne mettra plus ou moins d’années à être effective mais, en tant qu’objectif politique, elle détermine et déterminera indéfiniment la politique en Catalogne et en Espagne. »

« Alors que la presse européenne fait la pari de la réconciliation [entre l’Espagne et la Catalogne], les éditoriaux des principaux quotidiens de Madrid se divisent entre ceux qui applaudissent la dureté des condamnations et ceux qui, bouffis de haine, protestent car ils voulaient plus encore d’années de prison. »

« [Devant la mobilisation en Catalogne], Sánchez a beau avoir toujours dit que le problème divisait les Catalans entre eux, la seule solution qu’il lui vient à l’esprit d’imposer au conflit catalan est espagnole. Plus encore, tous ses efforts ont été orientés à s’assurer « l’unité » des partis espagnols face à la crise et se gagner leur appui à chacune des mesures qu’il a prévues, toutes avec l’objectif de réprimer les mobilisations et/ou suspendre l’autogouvernement de la Catalogne »

« Quand le mouvement indépendantiste aura trouvé les dirigeants capables de mettre en forme la réponse majoritaire qui remplit les rues, les routes et les autoroutes, le procés, qui était irréversible, deviendra inexorable. »

Esto ya es irreversible, par Jordi Barbeta, ElNacional.cat, 20 octobre 2019.

 Goya revisité...

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La mise en sommeil de la raison espagnole produit des monstres.

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