Espagne. Ministres antilibéraux d'un gouvernement social-libéral ...

L'économiste espagnol Daniel Albarracín aborde ici la nouvelle situation politique dans laquelle s'inscrit la constitution du gouvernement de coalition entre le PSOE, parti du régime, et la gauche antlibérale autour de Podemos. Son analyse cerne de près ce que ce gouvernement traduit de l'état des questions (non-résolues) : territoriale, économique, répressive...en somme, politiques.

 "La gestion gouvernementale, que l’on peut caractériser comme une gestion sociale-libérale incluant des mesures d’allègement en matière sociale et des mesures formelles de progrès dans le domaine des droits sociaux et civiques, va dès l’abord être corsetée par ce qui se trouve dans son propre programme de gouvernement."

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Coalition de gouvernement et métamorphose de l’échiquier politique

L’instabilité politique du système de partis européen suit son cours et connaît un nouvel épisode singulier dans l’État espagnol. Après plusieurs élections et une succession d’échecs, un gouvernement de coalition s’est formé entre le PSOE et UP. Les élections successives ont affaibli la base électorale des deux formations qui, malgré tout, ont réuni, de peu, les conditions permettant la formation d’un gouvernement avec l’appui ou l’acceptation de forces nationalistes et d’autres formations mineures dont les voix leur ont été nécessaires.

Ce gouvernement de coalition inédit doit faire face, dès l’origine, à un bloc conservateur au sein duquel s’est renforcée l’ aile extrême et antidémocratique, qui a fait le choix de s’implanter dans les institutions pour peser sur le développement politique du pays et qui menace même de ne pas reconnaître ce gouvernement, qualifié d’illégitime et de traître à la patrie, dans un chantage implicite de caractère pré-putschiste. C’est donc jusqu’à un certain point humainement compréhensible que la déclaration d’intentions du gouvernement ait conduit à un certain soulagement de la société espagnole. Mais nous ne pouvons ni nous abandonner à nos émotions ni nous limiter à un point de vue partiel, et il faut aborder l’analyse de la métamorphose qu’a subie l’échiquier politique dans son ensemble, et qui conditionne la configuration de l’un ou l’autre type d’hégémonie politique.

Le texte intégral

Note : L'IRPF (Impuesto sobre las Rentas de las Personas Físicas) n'est pas l'impôt sur la fortune mais sur les revenus  ! Les "rentas" sont en effet ici les revenus. A rectifier dans ce passage : " Il y avait pourtant une grande marge de manœuvre pour améliorer les choses et cela n’a pas été pris en considération : pas la moindre amélioration de l’IRPF (impôt sur la fortune), pas de retour à l’impôt sur le patrimoine (pour ne rien dire de sa transformation en impôt sur les grandes fortunes), pas de mesures nouvelles envisagées telles que, par exemple, la fiscalité sur la propriété foncière."

Sa version originale en espagnol

Sur la photo l'émotion aux larmes des dirigeant.e.s de Podemos à l'annonce de la majorité "progressiste" obtenue au Congrès des député.e.s.

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