Burkini : entendre cette demande d’égalité (tribune dans Libération)

Les femmes sont capables de décider par elles-mêmes du choix et de la signification d’une tenue vestimentaire. Cette question de société ne peut se résumer ni à la religion, ni au communautarisme, estiment des sociologues, des politistes et des historiens.

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Tribune. Les actions de désobéissance civile initiées à Grenoble par des femmes réclamant la possibilité de se baigner en burkini dans les piscines publiques ont suscité des réactions virulentes de la part des responsables politiques. La droite et l’extrême droite ont condamné d’une seule voix ce qu’elles voient comme une «revendication du communautarisme islamiste». On a trouvé peu de voix à gauche pour les contredire. Ce procès en communautarisme empêche un débat serein autour des demandes de ces femmes. Plutôt que de les faire taire et de générer davantage d’incompréhensions réciproques, il semble urgent, pour apaiser la société sur un sujet sensible, d’organiser un véritable débat public permettant à tous les points de vue de se faire entendre et construire ainsi des compromis raisonnables.

Le burkini n’est pas un symbole religieux et n’est prescrit par aucun texte. Comme le soulignait déjà l’islamologue Olivier Roy il y a quelques années, les musulmans les plus conservateurs ne promeuvent pas le burkini et considèrent que la place des femmes n’est pas à la piscine : «C’est une invention récente [créée en 2003 en Australie], qui fait sauter les fondamentalistes au plafond. Pour ces derniers, une femme n’a pas à se promener sur la plage, et encore moins se baigner ! Donc le burkini est, au contraire, une tenue moderne, qui n’a rien de traditionnel ou de fondamentaliste.»

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