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Billet de blog 24 mars 2011

L'Otan devient la pièce maîtresse de l'opération militaire en Libye

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Information ci-dessous à méditer par ceux qui n'ont pas voulu/ pas pu voir venir, derrière l'ONU, l'action de l'OTAN.

A commencer par Jean-Luc Mélenchon qui est obligé de constater qu' "A l’heure où j’écris, la scène semble évoluer très vite. De tous côtés s’expriment des voix qui dénoncent l’évolution de l’intervention. Je la note avec inquiétude ! De la création d’une zone d’exclusion de l’espace aérien, on passe à un bombardement généralisé des installations au sol de l’armée libyenne. De l’action de l’ONU on semble vouloir passer à celle de l’OTAN.". Sa confiance dans l'ONU s'affirme dans une étonnante naïveté frustrée : "Je suis partisan d’un ordre international garanti par l’ONU. Je suis donc très frappé de voir que les commentaires utilisent un vocabulaire qui n’est pas celui de la situation. On parle de « coalition ». Mais ce n’est pas une coalition. On parle d’un « état de guerre avec la Libye ». Il n’y a pas de guerre avec la Libye. Ce vocabulaire montre à quel point l’habitude de se référer à l’ONU a été perdue." Mais malgré le démenti, qu'il est bien obligé de constater, que la réalité libyenne du moment inflige à sa valorisation acritique de l'ONU, il persiste et signe : "Il n’y a pas d’ordre international possible qui ne procède de l’ONU." (1) Plus têtue que les faits, une logique politique incapable de s'émanciper un minimum des légalités institutionnelles ! Mais d'autres que Mélenchon, à la gauche du PS, doivent se sentir floués par l'ONU.

(1) le texte de Jean-Luc Mélenchon

L'article du Point

Les structures de l'Otan pour la Libye seraient pratiquement mises au point (AFP)

L'Alliance atlantique pourrait bientôt prendre le commandement opérationnel des opérations en Libye.

L'Otan, appelée à s'occuper de la zone d'exclusion aérienne en Libye et de l'embargo maritime, a mis au point l'essentiel de sa structure de commandement pour cette mission, où l'Italie jouera un rôle-clé, a indiqué, jeudi, un diplomate allié. Le commandement opérationnel au jour le jour et le commandement spécifique des opérations navales seront situés sur la base de l'Alliance atlantique à Naples (sud), tandis que la conduite des missions aériennes sera dans les faits réalisée sur la base de Poggio Renatico (nord), selon cette source.

La supervision globale des opérations sera assurée, elle, depuis le quartier général des puissances alliées en Belgique (SHAPE) et il est prévu que la supervision des missions aériennes soit confiée à la base d'Izmir en Turquie, a-t-elle ajouté. Ce dernier point n'est toutefois pas encore définitivement tranché en raison du blocage turc à l'Otan pour donner son feu vert au déclenchement de l'intervention de l'Alliance atlantique pour la zone d'exclusion aérienne. Ankara a empêché mercredi que les 28 pays de l'Alliance puissent trouver un accord, en s'opposant aux bombardements sur le sol libyen. Les autorités turques posent encore comme préalable à leur accord que la coalition internationale opérant en Libye sous mandat de l'ONU cesse ses frappes.

Obama prudent

Or, la France a affirmé, jeudi, que la coalition allait "continuer les frappes aériennes" sur des cibles militaires en Libye. "Cela va continuer le temps nécessaire", a déclaré le chef de la diplomatie française, Alain Juppé. Selon la source diplomatique, un compromis est toutefois en vue entre pays de l'Otan qui verrait "les pays souhaitant mener des frappes en Libye le faire et ceux qui y sont opposés ne pas le faire". Les pays de la coalition et de l'Alliance sont sous pression des États-Unis pour s'entendre rapidement, car Washington entend se désengager de la conduite opérationnelle dans les prochains jours, au profit de l'Otan.

Le président Barack Obama fait face à de violentes critiques dans son pays à propos du rôle des États-Unis dans les frappes contre la Libye, l'incertitude sur l'issue de l'intervention et le coût de la guerre, alors que le pays est déjà lourdement engagé en Afghanistan et en Irak. Selon le diplomate allié, les États-Unis ont été contraints jusqu'ici "de se mettre plus en avant qu'ils ne le souhaitaient" dans la coalition internationale en Libye, en prenant notamment en charge la coordination des premières opérations.

Groupe de contact

Plusieurs options ont été examinées, celle d'un transfert du commandement au tandem franco-britannique, dont Londres n'a pas voulu, et même celui d'un transfert à la France seule, selon cette source. Ce que Paris n'a pas souhaité, a-t-elle ajouté. Face à la pression en parallèle des pays membres de l'Alliance atlantique pour voir l'Otan prendre la direction des opérations, c'est cette dernière solution qui s'est finalement imposée, selon elle.

La France insiste pour signifier que le pilotage "politique" de l'intervention en Libye ne sera pas dans les mains de l'Otan, mais dans celles des pays participant à l'opération, avec une première réunion d'un groupe de contact mardi à Londres. Mais, selon la source, les pays de l'Alliance y seront bien en réalité associés et le pilotage se fera sur le modèle de la Force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), qui réunit les pays de l'Otan et une vingtaine de pays n'en faisant pas partie.

Les structures de l'Otan pour la Libye seraient pratiquement mises au point (Le Point)

A lire aussi :

Libye : une résolution à "multiples options"

Extrait : "Hasard ou pas, pour la première fois à l'ONU, les diplomates commencent à évoquer les nombreuses "options" qui sont contenues dans la résolution 1973. Certains font remarquer un détail qui n'en est pas un mais qui n'a pas forcément été relevé jusqu'à présent : le texte voté par l'ONU n'exclut pas en réalité une intervention au sol mais rejette uniquement "le déploiement d'une force d'occupation étrangère sous quelque forme que ce soit" en Libye. [...]

Pour résumer donc, rien dans la résolution de l'ONU n'interdit une intervention au sol en Libye. Et certains pays arabes à l'ONU ne manquent pas de le remarquer, estimant que si "la guerre" continue encore pour plusieurs semaines, la coalition aura alors toute latitude pour envisager "tous les scénarios".

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