Les amours contrariées de Macron et Rivera

Le tournant politique de Ciudadanos vers l'extrême droite, pourrait priver Macron du partenaire espagnol aux Européennes pourtant depuis longtemps considéré acquis. Comment en effet s'afficher premier progressiste ferraillant contre les "populistes" européens à la Le Pen, Salvini, Orban... en traînant ce boulet de l'alliance des "progressistes" ibériques avec des néofranquistes ?

Le bringuebalant château en Espagne de LREM pour les Européennes

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L'espagnolade du copinage du facho (à gauche) avec le "libéral" que courtisait Macron

Macron et LREM sont ennuyés, ils ont du mal à trouver les partenaires européens présentables et ayant un certain poids pour faire une liste commune pour les Européennes à venir. Pour l'Espagne tout s'annonçait pourtant sous les meilleurs auspices. Las, ça dysfonctionne. Citation de l'article de Médiapart de ce jour En Europe, LREM à la pêche aux alliances :

"La question espagnole reste pendante alors qu’il y a quelques mois, LREM pensait avoir trouvé en Ciudadanos un allié naturel et emblématique du renouveau politique européen. Mais le positionnement national du parti espagnol a obligé la majorité présidentielle à faire marche arrière, du moins à mettre en attente tout accord avec la formation, devenue un allié gênant. En cause : Ciudadanos a défilé dimanche 10 février aux côtés du parti d’extrême droite Vox [voir notre photo] pour demander des élections en Espagne et s’est allié au très conservateur Parti populaire en Andalousie.

« Nous sommes très attentifs à la stratégie nationale de Ciudadanos, confirme Garance Pineau. C’est donc en suspens. » Pour Roland Lescure, le cas espagnol reflète les difficultés rencontrées à propos des alliances. « L’environnement politique demeure très instable en Europe », complète-t-il, espérant avoir une vision claire au lendemain du scrutin."

Mais n'oublions pas une chose essentielle : ce n'est pas le rapprochement de Ciudadanos avec Vox qui gêne en soi les macroniens, qui font largement la preuve qu'ils sont Ciudadanos provoxistes compatibles en matière de mesures antisociales et d'atteintes aux libertés (voir leur violence envers les Gilets Jaunes). Non, ce qui leur pose problème dans ce basculement des "oranges" espagnols vers leurs bruns c'est qu'il prend à revers le discours d'enfumage électoral de Macron fondé sur la démarcation au couteau vis-à-vis de son plus dangereux rival, le Rassemblement National, soit le parti ami des néofranquistes de Vox avec qui copine Ciudadanos. Voilà, en boucle qui se boucle, ce qui se joue ce n'est qu'une question d'affichage politicien : sous la prise de distance pseudo -"progressiste" (le blabla macronien) vis-à-vis de Rivera et Cie, il y a le fond commun capitaliste-libéral s'encanaillant ouvertement, pour les espagnols, avec les fachos, tandis que leurs homologues français se la jouent pré-facho en solo, sans et contre le RN, pour pouvoir continuer à afficher (tout en maniant affacho la matraque) qu'il sont libéraux et progressistes... contre les voxistes façon Le Pen.

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Amours franco-espagnoles donc contrariées, si l'on veut, interdisant en fait seulement la publication des bans, mais avec tant d'affinités sur l'essentiel.

Sur Ciudadanos : Ce centrisme espagnol qui bascule vers l'extrême droite

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