Coup de gueule : la girouette Mélenchon. Impérial !

Ami-es et camarades insoumis-es, Mélenchon, sa dernière pirouette le montre, est une girouette accro au plaisir solitaire du pouvoir, il aimerait que vous l'accompagniez dans son tournicoti-tournicoton politique, ce manège enchanté de la soumission à Lui qui est un cadeau en or à l'Autre de l'Elysée. Accepterez-vous l'invitation ?

Voilà, Mélenchon bouge à nouveau, les Insoumis-es sont invité-es à se "soumettre" au nouveau cap mis par l'Unique Insoumis, Lui. Car soyons sérieux, et, à cette fin, penchons-nous sur cette impayable phrase, citée sur Mediapart, de Oua-oua, fidèle, s'il en est, à son maître, « C’est sûr que quand tu es fort, tu peux être plus iconoclaste (sic)  que quand tu es un groupuscule » (Alexis Corbière). Vous avez bien lu et décodez comme il ne peut que se devoir quand on est politiquement honnête : "quand Jean-Luc est fort, tu, Jean-Luc, peux être plus iconoclaste que quand tu es un groupuscule". Dans ce face à face Mélenchon vs groupuscule, taillé sur mesure, à la mesure du postulé fort, notez bien l'ellipse infligée à l'antithèse du groupuscule, soit le mouvement de La France Insoumise. Autrement dit Le Roi Insoumis est non seulement plus fort que le premier NPA ou LO venu mais plus fort encore que son propre grand, très grand "parti" auquel  il n'a rien demandé quant à son tournant à 180° qui fait passer la FI-déjà au pied d'une logique de l'hégémonie intégrale à gauche à la reconstitution (plus iconoclaste, tu meurs !) d'une Union des gauches, pas plus tard qu'hier largement et violemment vilipendée...

En bus à impériale ou à pose impériale...

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 ... la girouette (tricolore of course) est toujours en haut et le bon peuple, toujours en bas

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Cherchez bien une trace, un résidu, de débat, de consultation, des militant-es de la FI sur cette nouvelle orientation que porte le Chef...vous tomberez sur ce "tu" en majesté, autrement dit le très mitterrandien que n'a jamais cessé d'être notre homme qui, dans la lignée de son maître à penser, a toujours travaillé à réduire le PC, bien bonne pâte consentante, à être son marche-pied, à s'annexer ce qui traînait par là d'extrême gauche ou gauche radicale (Ensemble, POI...) fascinée par le Petit Père de Noël ou, à défaut, si anticapitalisme trop ancré en elle, à la repousser aux marges (NPA) en agitant le hochet de la "victoire en votant" !

L'épopée est cependant chaotique, de par deux échecs électoraux du révolutionnaire par les urnes, mais, tout comme le Père François, cuirassé en résilience politicienne, tout arrive à qui sait attendre, se murmure-t-on dans l'entourage garde de fer du Maître Soumis qu'à Soi. La troisième sera la bonne, via un retour aux sources de l'unité mais plus fort que jamais autour de Moi !

Reste que, sur cette trajectoire (ra)menant l'Insoumission à fort label populiste, s'étant brièvement extirpée de l'unitarisme frontdegauchesque, à l'unitarisme basdufrontgauchesque de ce jour, la FI récupère au vol, pour les Européennes, le socialo bon teint "aile gauche" (ouaf) Maurel, hier attaché parlementaire, toujours rivé à la nostalgie de ce temps paradisiaque, du Grand Insoumis qui le fut si peu pendant si longtemps, et aujourd'hui chantre d'un "printemps républicain" aux côtés de l'islamophobe patentée Elizabeth Badinter !

Jean-Luc Mélenchon, dans cette inconstance tactique assumée du grand stratège électoraliste qu'il est, confit dans l'inaltérable mitterrrandophilie qui le surdétermine en sous-main, sait très bien que la logique des prochaines élections européennes est plus que risquée en maintenant la partition populiste intransigeante du "venez à moi ou allez vous faire foutre". Le partenaire espagnol de la FI pour ces Européennes, Pablo Iglesias, revenu depuis longtemps du projet prométhéen initial de Podemos de "prendre d'assaut le ciel" en foudroyant le PSOE et aujourd'hui en quête d'une bien plate unité avec ledit inchangé parti des socialistes espagnols, a certainement ouvert les yeux du fougueux ami français : dans l'inénarrable "révolution par les urnes", ce qui prime ce sont les urnes, quitte à faire alliance avec un parti ou des personnalités à la Maurel qui n'ont rien à faire d'une révolution (ou plutôt tout à tenter pour lui faire obstacle : par exemple s'allier, tôt ou tard, bulletin de vote au vent, avec un Iglesias ou un Mélenchon).

Ami-es et camarades insoumis-es, Mélenchon, sa dernière pirouette le montre, est une girouette accro au plaisir solitaire du pouvoir, il aimerait que vous l'accompagniez dans son tournicoti-tournicoton politique, ce manège enchanté de la soumission à Lui qui est un cadeau en or à l'Autre de l'Elysée, cet autre aussi shooté au Moi-je en quête maladive de soumission à soi. Accepterez-vous l'invitation ?

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