Paris, Montpellier...Plus que jamais avec la lutte démocratique de la Catalogne !

La séquence politique que connaît l'Etat espagnol, suite à la quatrième élection en quatre ans, porte toujours la marque d'une interminable crise de l'Etat central. Malgré son exploitation d'une catalanophobie favorisant l'extrême droite, il se heurte à une résistance acharnée du peuple indépendantiste et à son obstination à porter, en première ligne, le droit démocratique à l'autodétermination.

Pedro Sánchez a donc choisi, en flagrante démonstration de son incapacité à unifier autour de lui la droite avec laquelle il partage la défense du régime, ce qu'il refusait obstinément jusque là : une coalition gouvernementale avec Podemos. L'effondrement politique de celui-ci ajoute du manque de crédibilité à une démarche aussi outrancièrement girouettiste, masquant mal, au demeurant, que la girouette garde, en un paradoxe relevant de la contradiction absolue, l'orientation d'une politique maintenue, comme faisait le PP, contre les droits démocratiques de la Catalogne. Droits démocratiques dont on ne se lassera pas de rappeler qu'ils portent sur la proposition que les Catalans, qu'ils soient indépendantistes, autonomistes, confédéralistes ou fédéralistes ou sans opinion, se positionnent par un référendum sur ce qu'ils veulent que soit leur territoire. Que soit leur vie !

C'est, pardon pour la tautologie, cette démocratie de la volonté populaire librement exprimée qu'un Etat comme l'espagnol, révélant comme jamais les tares de sa fondation manipulatoire en continuité du franquisme, est incapable de tolérer. C'est cette démocratie de la volonté populaire librement exprimée que, dans un nouveau paradoxe qui n'est pourtant qu'apparent, l'indépendantisme est désormais seul, suite à la grossière et suicidaire palinodie de Podemos, à porter, comme l'a manifesté dans toute sa (son)... (auto)détermination le peuple (pas seulement indépendantiste ! Démocratique !) défenseur des urnes attaquées le 1er octobre 2017 ! La police et la justice prenant le relais d'un personnel politique en débandade politicienne illustrent, dernier paradoxe, la faiblesse de cet Etat obligé de jeter le masque qu'il ne saurait se survivre que par la violence. Le roi espagnolisme - jamais aussi bien dit - est nu de son incompatibilité radicale avec les libertés. Cela ne remonte pas seulement à son ascendance franquiste mais celle-ci en est le conditionnement essentiel ...

Voilà bien des raisons de continuer obstinément à rappeler aux démocraties européennes que leur soutien oblique (et pour cause) à cet imprésentable Etat espagnol dit, par contamination, beaucoup de leur propre tropisme du reniement de soi!

Pour que vive la solidarité avec la Catalogne en lutte pour ses libertés, à commencer par la libération de ses condamnés politiques et le retour de ses exilés, multiplions les initiatives comme celles ci :

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 MONTPELLIER

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Près de 2 mois après les lourdes condamnations prononcées contre 9 leaders indépendantistes catalans et alors que l’Espagne sort d’une nouvelle séquence électorale, où va l’État espagnol ?

Avec des peines allant jusqu’à 13 ans de prison pour des responsables politiques et associatifs n’ayant commis pour délit que l’organisation d’une consultation référendaire, le pouvoir espagnol a voulu se montrer inflexible face à toute velléité d’autonomie étendue, à plus forte raison séparatiste.

Mais, élection après élection, aucune majorité politique solide ne semble en capacité de tenir cette posture…ni d’en sortir.

Quel destin pour la Catalogne dans une Espagne elle-même dans l’impasse politique ?

Pour mieux comprendre cette situation et en parler, la Carmagnole, en collaboration avec la Ligue des droits de l’Homme, accueille ce lundi 9 décembre à 18h30 :

Dominique Noguères– Avocate
– Vice-présidente de la Ligue des droits de l’Homme
– Co-signataire du « Rapport d’observation sur le procès des politiques et des associatifs catalans à Madrid» de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’Homme)

Mercé Barcelò
– Professeur de droit constitutionnel à l’Université autonome de Barcelone
– A effectué des recherches sur les états fédéraux
– A participé à l’élaboration du statut d’autonomie de la Catalogne en 2006, qui a été mis a bas par la droite espagnole

 

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