Document. La Monarchie espagnole incluse en fraude dans le vote de la Constitution...

Voilà comment Adolfo Suárez (président du gouvernement pendant la Transition démocratique des années 70) avoua involontairement, devant caméras, pourquoi il n'y eut pas de référendum sur "Monarchie ou République" : "Nous faisions des sondages et nous perdions (en cas de référendum)".

1995 : voilà la la bévue que commit, devant caméras, l’artisan majeur de la Transition que fut le premier président de gouvernement démocratique, Adolfo Suárez (par ailleurs, transition, transition, le dernier ministre président du Movimiento franquiste) : tout sourire, il avoua, en croyant avoir coupé son micro, à son interlocutrice la célèbre journaliste Victoria Prego, qui l’interrogeait sur la légitimité de la monarchie, qu’il s’était décidé à ne pas soumettre à référendum le choix entre monarchie et république car il savait, par des sondages réalisés en secret, que la république l’aurait emporté. D’où l’astuce d’inclure (sic) le roi, subrepticement, dans la loi de réforme politique que consacra le vote constitutionnel.

Tout un résumé de ce que fut la démarche, pipée, par laquelle advinrent la démocratie et la Constitution auxquelles on demande aujourd’hui aux Catalans, recourant à l’autrement démocratique consultation d’autodétermination, de bien vouloir se soumettre…

Document vidéo La Sexta Columna : Voilà comment Adolfo Suárez (président du gouvernement pendant la Transition démocratique des années 70) avoua pourquoi il n'y eut pas de référendum sur "Monarchie ou République" : "Nous faisions des sondages et nous perdions (en cas de référendum)".

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Par ailleurs : « La voie constitutionnelle, puisqu’elle procède directement de la légalité antérieure, n’est pas originaire ni illimitée. Deux faits l’attestent : les Cortès élues le 15 juin 1977 ne sont pas désignées comme constituantes ; la monarchie est antérieure à la Constitution à laquelle elle est intégrée d’office. Le monarque ne prête pas serment à la Constitution pour être roi mais en tant que roi. Il est donc important d’avoir à l’esprit que l’implicite de la Transition, le non-dit, a trait au poids du passé franquiste. Celui-ci est aussi décisif qu’il est peu mentionné. » (Thierry Maurice, La Transition démocratique, l’Espagne et ses ruses mémorielles (1976-1982) Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2013, p 222).

Ceci encore : Dans ce cadre répressif de haute intensité, la dépendance politique de la Justice espagnole, en particulier de ces trois piliers que sont le Tribunal Constitutionnel (8), le Tribunal Suprême et, en vrai héritage quasi direct, du Tribunal d’Ordre Public franquiste, la Audiencia Nacional, tient une place de premier plan pour faire que ceux-ci « mettent les mains dans le cambouis » d’un arbitraire sur lequel, dans une efficace répartition des tâches, la Constitution, texte sacré que personne du commun ne lit, a pour fonction de faire écran…démocratique.

On a pu lire que l’article 155 révèlerait la nature franquiste de l’Etat espagnol. Bien que, comme nous le faisons ici, il faille critiquer, sans concession la démocratie espagnole, il est contreproductif politiquement d’écraser les différences entre régimes : l’établissement des élections et la reconnaissance des libertés fondamentales et des partis et syndicats en 1978 est, osons le mot, une rupture avec le franquisme. Mais ce qui, principalement autour de la figure du Roi et du thème de l’unité de l’Espagne, a été constitutionnalisé dans cette démocratie, a construit le paradoxe que celle-ci recycle une hiérarchie des ordres du pouvoir qui est en clair héritage du franquisme. Le cours actuel des événements, avec en particulier la décisive intervention télévisée du Roi contre l’indépendantisme catalan montre la portée de cette structure avec la disposition ordinaire de la mise en retrait institutionnelle d’un Roi qui sait se poster aux premiers rangs, mais seulement en dernier ressort de légitimation politique du régime, pour réaffirmer ce qui a été un des axes constitutifs de l’idéologie franquiste : l’unité de la nation espagnole.

Ces lignes sont tirées de

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Numéro de janvier du mensuel L'anticapitaliste (NPA) qui consacre un dossier à la Catalogne.

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Note : j'ai décidé de fermer les commentaires de cette page. Après un début relativement acceptable de remarques sur celle-ci, l'un de mes contradicteurs reprend ses habitudes de vitupérations et insultes l'exonérant de travailler à trouver une argumentation digne de ce nom. Cette façon de faire n'est plus tolérée ici.

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