Dernières nouvelles de la Catalogne terroriste et de l'Espagne démocratique ...

Ce 1er octobre, c'est l'anniversaire du référendum d'autodétermination catalan; dans le courant du mois devrait tomber la sentence du maxiprocès des dirigeants catalanistes, enfin, le 10 novembre se tiendra l'élection de la dernière chance pour former un gouvernement à Madrid... On découvre que l'indépendantisme catalan est terroriste ! Espagnols, tous unis électoralement face à la menace !

Rebondissement dans l’affaire des indépendantistes catalans détenus et mis en examen pour préparation d’actes terroristes, la sœur de l’ancien président de la Généralité en exil en Belgique, Carles Puigdemont, aurait participé à une rencontre « ultrasecrète » avec ces « terroristes » pour discuter de sujets « ultrasensibles »… L’imagination sécuritaire doit faire le reste et comprendre les sous-entendus. Ainsi vont les fuites que la justice espagnole distille à la presse lancée dans la campagne de discrédit et de criminalisation de l’indépendantisme… On notera que le dossier judiciaire de ces prisonniers est classé « ultraconfidentiel » et donc non-public… Ainsi fonctionne le couple incestueux à trois, politiques-justice-médias, de la démocratie espagnole… Montesquieu, réveille-toi, ils piétinent ta sép... des pouv... Allo, notre communication s'interr..pt... Allo...

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La ligne est encore là sur FB, je reprends... Le problème est cependant que ladite sœur du célèbre exilé se trouvait, le jour où cette rencontre est censée s’être produite, au chevet de son père hospitalisé… Mais il est de notoriété publique et non secrète que l‘ubiquité est l’un des signes les plus malfaisants de l’identité catalane.

La campagne d’intox, comme on dit campagne électorale, bat donc son plein et ajoute chaque jour au discrédit de l’Etat espagnol de manière toujours plus grossière, tellement grossière que l’on se demande s’il n’est pas infiltré par des « ubiquistes » catalans pour faire basculer les non-indépendantistes dans leur camp, peut-être même nombre de non-catalanistes, voire d’anti-indépendantistes, dans le reste de l’Espagne… Tellement prendre des gens pour des cons peut aider aux plus improbables et acrobatiques prises de conscience. On a vu cela dans les dernières années du franquisme, tiens donc, où sa propagande était si caricaturale qu’elle signait sa propre fin… et obligeait ses partisans à se déguiser en démocrates acteurs de la fameuse Transition. Nous revoilà dans l'actualité.

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Mais, pardon, pourquoi en effet parler de franquisme ? Parce qu’on découvre, en même temps que le reste, que le célèbre tortionnaire de ce temps « révolu », Billy el Niño, dégustant, lui, une liberté pleine et entière, bénéficie depuis 1977 (Franco est mort depuis 2 ans et la Transition vers la démocratie est largement en cours), en plus de l'impunité politique due au bras armé de la dictature, d’une 5e médaille militaire (pour services rendus ?) : décoration plus qu’honorifique car, toutes médailles cumulées, notre brave homme en retire une pension bonifiée de 50% que la démocratie espagnole entérine toujours en ce jour de dénonciation du terrorisme catalan ! (lire ici) ?

Mais quelle indécence de mettre cela en avant alors que l’heure est à l’union nationale espagnole contre le terrorisme catalan (qui plus est, républicain), ses assassinats, ses enlèvements, ses extorsions de fonds, ses caches... ! Non mais…

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Hier les réseaux sociaux viralisaient, comme on dit, ceci :

Camouflet indépendantiste à Pedro Sánchez ou le retour de bâton des sales affaires du PSOE du temps de la Transition.

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Quand Pedro Sánchez, fringant jeune homme, défendait les membres du gouvernement du PSOE d'alors, celui du mémorable Felipe González, mis en cause dans la poisseuse et surtout criminelle affaire des GAL, Groupes Antiteroristes de Libération, responsables d'avoir assassiné des membres de l'ETA mais aussi, "par erreur", des gens qui n'avaient rien à voir avec le groupe basque.
Le jeune Sánchez réclamait que, contre la meute médiatique à l'oeuvre, on respecte la présomption d'innocence de ces mis en examen et protestait contre le fait qu'on les ait mis en préventive au nom de l'insécurité sociale que leur mise en liberté provoquerait. Une pensée pour les prisonniers politiques en cellule depuis deux ans et à la veille d'être condamnés lourdement.
A rapprocher de ce que le Pedro Sánchez d'aujourd'hui dit, fait et laisse faire à propos des autres indépendantistes catalans récemment emprisonnés qui, eux, n'ont pas droit à la présomption d'innocence (ni au respect des droits de la défense) mais oui à la taule. Sur fond de fuites à destination d'une presse qui s'en donne à coeur joie pour criminaliser l'ensemble de l'indépendantisme et le "casser" pour l'empêcher de commémorer l'anniversaire du référendum d'autodétermination de 2017 et de riposter au verdict proche du maxiprocès. Ou comment les politiques et les juges, via les médias à eux addicts, travaillent les esprits pour faire de l'usage des libertés un délit, voire un crime ! Ah, la démocratie espagnole !

Une constante dans ce parcours "socialiste" à 22 ans de distance : le bonhomme défend toujours l'Etat et ses représentants dans ce qu'ils ont de liberticide ! Rappelons que les personnes qu'il défendait publiquement en 1997 étaient le ministre de l'Intérieur, José Barrionuevo, et son Secrétaire à la sécurité, Rafael Vera, qu'ils ont été reconnus coupables d'être impliqués dans ce groupe terroriste d'extrême droite mais qu'il ont été très vite graciés. Tout un symbole de la continuité de l'Etat espagnol, de sa justice qui, quand elle est forcée de frapper des serviteurs de celui-ci, voit les politiques exercer le droit de grâce. Mais qui, quand il s'agit de respecter les libertés démocratiques de ses opposants, frappe de façon "terroriste" : pas de quartier, prison, procès à charge (pas de Sánchez à décharge !) et répression, répression...

Encore ceci : on n'a jamais pu prouver qui était le commanditaire des GAL désigné par la presse Monsieur X (Felipe González était le premier suspect mais présomption d'innocence oblige... et enquête n'ayant pas abouti...) . Alors quand Pedro Sánchez appelle aujourd'hui le Govern à condamner toute violence des indépendantistes, que le président de la Généralité Torra lui répond, sous le régime de l'évidence, qu'il ne peut pas condamner ce qui n'existe pas, Puigdemont, lui, n'y va pas par quatre chemins et l'envoie dans les cordes en lui rappelant que "le Govern ne comptera jamais en son sein de Monsieur X d'une bande armée comme les GAL". Lire ici

C'est ce qu'on appelle un méchant retour du boomerang de l'histoire d'un PSOE bien mal placé, s'il fallait encore le démontrer, pour faire la leçon aux Catalans sur le terrorisme, la justice, la démocratie, etc.

https://www.elnacional.cat/es/politica/pedro-sanchez-defendia-gal_424838_102.html

Vidéo à voir ici : https://twitter.com/jonathanmartinz/status/1178004585165791232/video/1

 

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