A l'envers... La Transition de l'Espagne vers le franquisme ?

Des prisonniers politiques, un état d'exception (le 155) appliqué, un temps, à la Catalogne, une corruption galopante des élites, beaucoup de pauvreté et de précarité, une extrême droite qui se sent pousser des ailes... Franco, que certains voudraient exhumer, le retour sur la scène politique?

L'Espagne aujourd'hui avec l'extrême-droitisation de son échiquier politique (PSOE, si, si, 155 sur 155, bien reçu, sur la Catalogne, PP, Ciudadanos) désormais polarisé par les ultras néofranquistes de Vox... voilà, par le dessin ci-dessous, une parabole humoristique de la régression (1) politique de la démocratie espagnole qui n'a jamais rompu le lien avec la dictature dont elle est née (la preuve par la monarchie mais aussi par la justice, la police, les capitalistes qui se sont, un long temps, convertis "démocrates" mais, crise de légitimité oblige, redécouvrent leur violent refoulé "préconstitutionnel"...).

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(1) Régression se dit regresión en espagnol, mot qui est de la même famille que regreso (retour). Résonance philologique qui redouble le sens en espagnol de ce qui est dessiné ici : le retour de la démocratie, qui résonne en espagnol comme régression, au franquisme ... de ses origines... En transition... soit sans rupture ! Ce qui rendrait possible la synthèse des "deux mondes" que le personnage propose. La chaussette de l'histoire s'en trouverait retournée : de la même façon que les élections avaient permis de passer, sans heurts, de la dictature à la démocratie, pourquoi ne pas envisager l'inverse, le passage, "sans dommages", de la démocratie à la dictature ? Mais pour arriver peut-être à un hybride de dictaturocratie ou démodictature où l'un des deux termes se retrouverait subordonné à l'autre ? Devinez lequel ? En un modèle avant-gardiste exportable au reste de l'Europe pour la sortir de la perte de crédibilité qui la tenaille ? Le temps que, les nouvelles conditions d'accumulation capitaliste ayant émergé sous cette couverture politique hybride, on puisse relancer une nouvelle transition pour un retour vers une démocratie enfin apaisée des violentes contradictions systémiques passées... 

Traduction du texte du dessin :

Le moment

De gauche à droite,  dans le cercle noir : Franco.


En suivant la flèche en pointillés vers la droite, on lit 1977 qui ouvre sur « La transition » [vers la DEMOCRATIE] jusqu’en 1981.

Puis la ligne s’épaissit et devient rouge et fait une boucle vers le bas et vers la gauche mais là elle s’amenuise : on lit sur la boucle « DEMOCRATIE ».

La ligne rouge redevient la flèche en pointillés où on lit à nouveau « La transition » mais cette fois c’est vers le cercle noir où est inscrit Franco.

Le personnage de gauche (qui est de droite !) décline son énoncé, en commentaire du circuit politique qui est au-dessus, en 5 temps à l’intention du garçon qui est à sa droite :

- Tu vois ? Il y avait d’abord Franco, c’était la dictature.
- Et après est arrivée la Transition vers la Démocratie.
- Mais la démocratie, avec tant de liberté, c’était un sac de nœuds et du désordre.
- Et donc, peu à peu, on est revenu à la Transition…
- … pour revenir à Franco. Mais en votant, hein ?! Pour le meilleur des deux mondes !

Tiré d'ici : https://www.eldiario.es/vinetas/momento_10_851214871.html

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