« Pas vu, pas pris ! », telle a été la devise de François Fillon depuis qu'il est entré par effraction en politique. Il avait 26 ans. C'était donc suite au décès, à 50 ans, en 1980, du ministre de la défense Joël Le Theule, dont il était le suppléant au palais Bourbon.

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L'art de François Fillon s'apparente à celui du bernard l'hermite (expert absolu, si nécessaire, du changement de coquille : c'est à voir ici).

Son immense courage est de n'en avoir pas.

Pompidou sarthois, sans un geste de trop, il a bivouaqué dans l'enfer de Matignon durant l'entier quinquennat du “président Sarkozy” (quelle appellation de guingois toujours dix ans après !). Ceux qui prenaient M. Fillon pour un mollusque ont compris qu'il a des nerfs d'acier, ce vertébré. La victoire appartient à celui capable de souffrir un quart d'heure de plus que l'autre : alors il s'avère d'une patience impitoyable. Il saura faire preuve d'une efficacité lisse et cruelle, comme George Raft dans Scarface, le film de Howard Hawks (1932).

Au reste, François Fillon ne se contente pas de ressembler à George Raft. Il est George Raft. Jugez-en plutôt.

François Fillon : un George Raft à la française © Mediapart

Une première mouture de ce billet avait été mise en ligne entre les deux tours de la présidentielle de l'an 2012 (« Chroniques de l'entre-deux »). En un lustre, l'absence de lustre de François Fillon s'est confirmée plus que de raison...

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