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Le Club de Mediapart sam. 30 avr. 2016 30/4/2016 Dernière édition

Le cas DSK disséqué

À Mediapart, nous nous focalisons sur les symptômes et non sur le petit sensationnel : le politique (la vie de la cité) plutôt que le “pipole” (le tempo du pipeau comme appeau du troupeau). Voilà pourquoi nous ne sommes pas entrés dans la danse du scalp autour de Dominique Strauss-Kahn, sans pour autant chercher à l'exonérer de quoi que ce fût.

À Mediapart, nous nous focalisons sur les symptômes et non sur le petit sensationnel : le politique (la vie de la cité) plutôt que le “pipole” (le tempo du pipeau comme appeau du troupeau). Voilà pourquoi nous ne sommes pas entrés dans la danse du scalp autour de Dominique Strauss-Kahn, sans pour autant chercher à l'exonérer de quoi que ce fût.

Dès le 16 mai 2011, surlendemain de l'arrestation à New-York du directeur du FMI, je publiai dans nos colonnes un article titré Libido dominandi, qui commençait ainsi : « Les poursuites judiciaires engagées contre Dominique Strauss-Kahn soulèvent de la pire façon (violence et voyeurisme planétaires), avec un chef d'accusation délictueux en diable, ce que la France n'a jamais su affronter : sa complaisance envers ce qu'il est convenu de nommer “les frasques” de son personnel politique. »

Par-delà l'égrillard, une caractéristique s'impose, qui invite à réfléchir : la monarchie n'est chez nous jamais loin. Dans l'inconscient collectif, le droit de cuissage relève d'une sorte d'apanage des hommes de pouvoir. Nous avons assisté à une étrange interaction entre le Minotaure médiatique, haï mais comme envié, et l'esprit public ambivalent. On oublie parfois que Dominique Strauss-Kahn a été mis en examen, le 26 mars 2012, pour « proxénétisme en bande organisée ». Certains de nos lecteurs-abonnés ont la tentation de se tenir à l'écart d'une abjection inextricable : non au droit de (sa)voir ! Je respecte leur partialité opiniâtre et les engage, séance tenante, à cesser la lecture de ce billet...

Pour ceux qui récusent toute cécité volontaire, je me permets de présenter le documentaire diffusé ce mercredi 20 mars à 20h45 sur France 3 : DSK, l'homme qui voulait tout. Il est signé Anaïs Feuillette et Gérard Miller. Celui-ci, capable du pire clownesque (émissions de Laurent Ruquier), se montra jadis et naguère digne du meilleur minutieux. En 1975, il publiait, avec une préface de Roland Barthes, Les Pousse-au-jouir du maréchal Pétain, une analyse alors novatrice et singulière des discours culpabilisants, obscènes et féroces du chef de l'État français durant l'occupation nazie. Surgissait le côté “toujours plus” de l'exigence dictatoriale qui jamais ne s'arrête, à partir du surmoi maréchaliste.

En 1991, avec le réalisateur Patrick Jeudy, Gérard Miller proposait (sur TF1 !) une exploration du for intérieur hitlérien à partir des petits films en couleur tournés par la maîtresse du Führer : Les yeux d'Eva Braun. À chaque fois, l'universitaire et psychanalyste mêlait la rigueur de l'explication de documents aux intuitions freudiennes. Production de vérités garantie : impossible de crier au charlatanisme !

L'observation du cas DSK s'inscrit dans de tels travaux. C'est « l'histoire d'un homme dont l'entourage sous-estimait la jouissance, comme s'il n'était qu'un polisson, un noceur, un dragueur un peu pressant. Pendant des années, il avait multiplié les passages à l'acte, comme autant de signaux d'alarme. Il avait fait du “borderline” un art de vivre. » Déclarant ne pas s'ériger en juge, Gérard Miller refuse cependant de considérer comme « impensable » la situation critique sur laquelle il se penche.

Deux hypothèses sont formulées, à partir de l'enfance d'Agadir de son patient cathodique embrigadé. Il y a d'abord cette substitution de grand-père que révélait Michel Taubmann dans Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn (Ed. du Moment, 2011). Gaston Strauss, avant sa mort en 1934, a laissé son cousin Marius Kahn conquérir sa femme, Yvonne, ensuite épousée. C'est ce Marius Kahn qui éleva Gilbert, le père de Dominique Strauss. Celui-ci ajouta le patronyme Kahn à son nom une fois devenu adulte. Selon Gérard Miller, en s'emparant « du signifiant Kahn », le futur homme politique « intègre le refus des convenances, l'adultère, l'interdit ».

Second événement fondateur : le tremblement de terre d'Agadir, qui tua quelque 12.000 personnes une nuit de février 1960, dont la plupart des condisciples d'un Dominique Strauss l'ayant échappé belle – l'immeuble familial avait tenu, contrairement aux autres qui broyèrent leurs occupants. Selon Gérard Miller, DSK craint depuis d'être enterré vivant, se persuade inconsciemment que rien ne sert de se cacher, d'où une « libido à ciel ouvert »...

Nous voici embarqués dans l'examen d'un être dont la logique pulsionnelle se montrera finalement plus impérieuse que le sentiment d'impunité. La métamorphose passe par trois conjointes légitimes, pygmalionnes et protectrices : Hélène, épousée à 18 ans, fait bouillir la marmite pendant que l'homme devient professeur d'économie, socialiste tendance Ceres, barbu, chevelu, binoclard, tirant sur sa bouffarde. Viendra Brigitte, une pédégère lui assurant une honnête aisance à partir de 1986 et le débarrassant de ses oripeaux gauchos (adieux la barbe, les lunettes, la pipe et les cheveux en bataille). En 1991, Anne Sinclair, grâce à une fortune colossale, lui assure un mode de vie vertigineux : « Elle le transforme en star et sera son apôtre », dixit l'auteur.

Ces étapes sont illustrées de documents croquignolets, comme le message électoral pour les législatives de 1986, dans lequel DSK, candidat en Haute-Savoie, évolue sur la musique de La Panthère rose. En 1988, il se fait parachuter à Sarcelles, où son père Gilbert s'était vainement présenté aux municipales, en 1949, année de sa naissance : « S'inscrire dans l'histoire du père tout en conjurant son échec par une victoire », commente Gérard Miller.

L'ascension s'avère résistible avec la démission (comparée à un séisme) de Bercy, en 1999 : « Ce n'est en aucune manière parce que je me sens coupable », assure crânement l'intéressé, devant les caméras (avec des mimiques et des accents que les téléspectateurs retrouveront douze ans plus tard face à Claire Chazal). Pris dans trois affaires (la Mnef, la cassette Méry et Elf), DSK s'en sort miraculeusement. Il est blanchi (faute d'éléments suffisants, témoigne Eva Joly). Le voilà « immunisé », saisi d'un « sentiment de sur-puissance » (Ariane Chemin, du Monde). « Il était imprudent, il va devenir casse-cou », assène Gérard Miller.

Il est temps de passer, selon l'auteur, au « lourd tribut que son inconscient lui fera payer ». Le documentaire se vérifie trop long d'un quart d'heure. La réalisation n'a pas su se montrer assez ingrate envers les témoins filmés (d'aucuns auraient dû ne pas apparaître, qui commentent davantage la carrière que l'énigme). Toutefois, certaines formules marquent notre écoute flottante : « Réticence à rentrer dans le collectif » (Pascal Perrineau) ; « il comprenait des choses qui allaient se produire » (Édith Cresson) et « je ne pense pas qu'il était vraiment habité, comme je l'ai vu chez d'autres » (la même) ; « sort complètement des sentiers battus » (Raphaëlle Bacqué, du Monde). La palme revient au président du FMI soi-même. Interrogé à propos de sa relation inappropriée avec une subordonnée, il déclare aux journalistes : « Voyez, vous ne pouvez pas vous réfréner, mais moi oui »...

Le témoin capital se manifeste en la personne de Jean-Christophe Cambadélis, allié – ou factotum ? –, qui lâche quelques descriptions objectives en forme de syndromes implacables.

Il ne reste plus à Gérard Miller qu'à délivrer son diagnostic, forcément à cheval sur la sphère privée et la sphère publique : « Le problème, c'est que DSK ne voulait renoncer à rien. Il voulait vivre aux côtés d'une épouse dévouée et multiplier les aventures, devenir le leader de la gauche unie et jouir d'un ryad à Marrakech, être à midi l'égal de Barack Obama et à minuit le compère des pieds nickelés de Lille. DSK voulait jouir de l'amour, du pouvoir, du sexe, de l'argent, mais aussi de cet enivrement pernicieux que procure l'irresponsabilité à ceux qui se croient sans maître. »

© Series - TV - Ciné



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Tous les commentaires

Moi qui ne doute plus du complot (ingrédients: Bauer / Kelly, Valls, Sarkozy / Wisner / Ganay,  Hollande / Mansouret, Askolovish / Valls / Banon, etc...), j'avais des doutes sur la monté de D.S.K. dans les sondages que le film documentaires "Hollande, D.S.K., etc.. viennent encore d'appuyé , même si eux ne montrent que la parti des médias qui faisait monté D.S.K. sur du sable, avaent son départ au Sofitel.

Il faut rappeler le coups de préssion mis sur D.S.K. avant sin départ avec un mayonnaise montéeen épingle  sur la micro-histoire de la porshe de son communicant louche (EuroRSCG). L'oubli des média de l'envoie du parrain du fils de Valls qui nous dégoutait de D.S.K.. Car mr "Plus de Whites" (2009 Direct8) qui faisait de la promo pour D.S.K., jusqu'à intimer le P.S. de ne pas fairte de primaires en 2011 gonflait tout démocrates dignes de ce nom.

Dans ONPC, le traitre de Valls, se fit choper à dire qu'il y avait eu un complot sontre D.S.K. . Il fut repris par Plony, et nia qu'il l'avait dit, pendant que Bruel se marrait derrière.

Il faut rappeler que Mme Mansouret avait due répondre de ce qu'elle n'avait pas fait pour aider sa fille à portée plainte, eu repondu qu'elle en avait parlé au premier secrétaire de l'époque... mais qu'elle ne lui en voulait pas.

Il faut rappeler que tous ces journaliste perroquest omniprésent dans la presse son louches de ne pas avoir creusé le passeport de néoconservateur américain de Sarkozy qui monte jusqu'à la CIA, Carlyle et UBS et avec des liens familliaux très simples et concrets.

Que le PS d'hollande a Alain Bauer dans la main , mais que c'est Sarkozy qui l'envoya décorer le chef du commissairiat Ray Kelly pour les attentats du 11/09, sans que celui-ci décora un seul pompier New-Yorkais....

Qu'en 2002, D.S.K. défonça le slogan de Sarkozy qui passa des salle quart d'heures , et développait déjà les tiques politiciens qu'il a mis en oeuvre grace au choix des hollandais de faire perdre Jospin et faire monter Royal pour qu'elle se crache la tronche avec une histoire de Fraude ISF, dont mr fut étrangement épargné (le loup).

Que de 2007, à 2012 mme Aubry s'est faiye assassinée médiatiquement par Puvlar, à tel point que même lorsqu'elle n'était pas sur le plateau Pulvar refusait tout compliments d'invités qui parlait d'Aubry en bien (interview coupée de BHL sur la Libye lorsque celui-ci cite Aubry, la réaction de Pulvar, trop négative, cette fois fut coupée par ONPC.).

Si le queutard D.S.K. fut flingué, c'est que trop bon dans le gouvernement Jospin que les nuls ne tabassent que sur une insécurité qu'ils usent et fon monter (Le Bruit et L'odeur / Sarkozy au sinistère de l'interieur etc...) pour prospéré avec Bauer et autres, car il privaisent tout pour laisser un Wild qui leur permet de mieux fair passer leurs coups de communication avec des cartes de presse carte le cul (le notre hélas).

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L'auteur

Antoine Perraud

Journaliste à Mediapart
Paris - France

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