Méprise et colère

Mettre en scène l'agression d'une femme en 4 par 3 c'est possible, Animavie l'a fait.

Hier, dans le métro, une gigantesque affiche m'attire l'œil. Un homme haineux attrape par le colback une femme vêtue d'une petite parka étriquée bordée d'une fourrure miteuse. Je me dis tiens, enfin une campagne réaliste sur les violences faites aux femmes. Je lis le texte et les bras m'en tombent. Le slogan est « Vire ta capuche ». INVRAISEMBLABLE. Il est possible de mettre en scène une agression de femme parce qu'elle porte une capuche de fourrure, sans que cela soulève la moindre question. Rappelons pour mémoire qu'en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, et chaque année, 223 000 femmes sont victimes de violences conjugales physiques et/ou sexuelles. Quelques stations plus loin, une autre affiche met en scène deux hommes urbains, presque cordiaux, l'un manifestement expliquant à l'autre qu'il doit changer de fournisseur de parka. Que racontent les associations féministes sur de telles campagnes ?

Aujourd'hui nous sommes pilonné(e)s, matraqué(e)s par ces soit-disant défenseurs des animaux qui déguisent leurs chiens en hiver ou les emmaillotent pour des bains de boue, enferment leurs chats en appartement alors qu'ils n'aspirent qu'à gambader et à chasser la souris, qui ne font pas la différence entre une buse et un passereau, qui ne connaissent de la campagne que les chemins balisés des bois de Vincennes et de Boulogne. Les mêmes nous bassinent avec ces abattoirs qu'ils n'hésitent pas à comparer à Auschwitz. On est où ? Quel renversement de valeurs ! Tout cela pour amener insidieusement l'idée que c'est mal, très mal de manger de la viande, du poisson et même des œufs. Ces gens-là surfent sur une vague de sensiblerie pour avancer les pions pernicieux du veganisme. Ils avancent masqués derrière ceux qui militent pour une agriculture et un élevage responsables, pour un retour à un juste équilibre de l'alimentation. Quand ils sortent au grand jour, leur violence est inacceptable et dans les mots et dans les gestes. Et motus, on regarde ailleurs ; on ne va pas se couper de cet électorat potentiel. Pour moi, trop c'est trop.

Cette affiche est une incitation à la haine et il faut que cela se dise. Je sortirai avec ma capuche en lapin et qu'on vienne m'agresser de la sorte, je me défendrai.

 

 

 

 

 

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