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Billet de blog 2 mars 2018

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L'ENIGME DU BONHEUR

Quand un problème métaphysique fait soudain irruption sur la place publique, il est inévitable, qu'en tant que citoyens, nous nous sentions mis en demeure de nous en emparer afin de lui consacrer le temps nécessaire, dans les limites naturelles de nos facultés intellectuelles, à une réflexion personnelle, aussi peu pertinente et aboutie soit-elle.

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Le mot « euthanasie » a pour définition dans le dictionnaire Littré :

(eu-ta-na-zie) s. f.

  • Bonne mort, mort douce et sans souffrance.

ÉTYMOLOGIE

Εὐθανασία, de εὖ, bien, et θάνατος, mort.

Ainsi donc, le sujet qui s’est, une nouvelle fois, invité dans l’actualité est celui de savoir si l’on peut accorder, légalement, une « mort douce et sans souffrance » aux personnes, que l’on désigne par l’euphémisme politiquement correct, « en fin de vie ».

J’ai quelques difficultés à comprendre pourquoi, depuis tant d’années, cette question de la légalisation de l’euthanasie fait retour dans la conscience collective et provoque un débat public. Car enfin, se pourrait-il que quelqu’un puisse souhaiter mourir dans d’atroces souffrances ?

Que les français, ne pouvant bénéficier des soins palliatifs appropriés, faute d’investissements financiers suffisants, soient contraints, ceux qui en ont les moyens, de s’exiler pour aller mourir dignement, dans l’un des nombreux pays européens où cela est légal, me consterne…

Quel problème moral et affectif l’euthanasie pose-t-elle donc à la France ?

Il me semble que ce dernier soit lié à la notion de responsabilité et au fait de ne pas vraiment savoir à qui attribuer le pouvoir, et donc ladite responsabilité, de décider qu’une personne en fin de vie endure une souffrance telle que ce serait porter atteinte à sa dignité que de ne pas intervenir par un protocole compassionnel, pudiquement nommé : un « suicide assisté ».

En effet, cette responsabilité incombe-t-elle au patient ?

Encore faudrait-il qu’il fût en mesure de la prendre, ce qui est rarement le cas en l’occurrence. Est-il alors nécessaire de légiférer de manière que chacun puisse, en toute conscience et en toute liberté, s’il le souhaite et quand il en est encore capable, faire connaître son choix, relatif aux conditions dans lesquelles il préférerait, dans la mesure du possible, mourir, si le dilemme de l’euthanasie venait à concerner sa personne ?

Car le dernier mot est généralement accordé au corps médical, même en cas d’appel à la cour de justice européenne.

Comme on peut le constater,  le sujet mérite une très large réflexion publique approfondie. Il en va, effectivement, du respect que chacun se doit à lui-même et dont il doit faire preuve à l’égard d’autrui.

La question vous est, peut-être, venue de la légitimité, qui est la mienne, d’évoquer ce débat sur l’euthanasie. Je vous répondrais, simplement, qu’étant moi-même mortel et ignorant des circonstances qui seront celles des derniers instants de ma vie, je me sens très concerné par la conclusion que le gouvernement proposera ou imposera, devrais-je dire, à ce débat.

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