L'ENIGME DU BONHEUR

Le bonheur, c'est consentir à devenir soi. Cela paraît simple. Chacun sait qu'il n'en est rien. Derrière l'apparente simplicité de cette affirmation péremptoire, se dissimule une difficile remise en question de soi, des choix réalisés par le passé, des différentes voies empuntées et la volonté de redécouvrir la personne que l'on n'a jamais cessé d'être malgré les masques et les faux-semblants.

 

Que veut dire exactement devenir soi et comment peut-on s'y prendre pour réaliser ce projet ?

 Devenir soi, selon moi, c'est mettre bas le masque du personnage social auquel on s'appliquait à ressembler parce que l'on pensait que les autres nous aimaient tel et laisser s'épanouir en soi l'être que l'on aurait dû devenir, celui qui nous rend heureux car il réalise l'accord parfait entre nos actes et nos pensées. C’est effectivement un projet de vie qui nécessite une remise en question des fausses valeurs qui guidaient nos choix jusqu'alors et la redécouverte progressive de sa singularité. Mon roman " L'Enigme du bonheur " illustre concrètement ce dont il s'agit.

Devenir soi consiste, selon moi, à laisser s'épanouir ce qu'il y a de plus noble en soi, c'est à dire travailler au développement de ce qui fait de sa propre vie une œuvre, à savoir : un projet qu'on s'est efforcé de réaliser pour conférer à son existence un sens qui sans lui nous échapperait et rendrait notre vie semblable à un fardeau à supporter dans l'absurdité de l'absence d'acquiescement à en être lesté.

Je pense que tout le monde aimerait devenir soi. Ce qui nous empêche de l’être c’est la peur de lâcher-prise et de se laisser porter par la vie ! Ça semble tellement simple pourtant.....

Le  verbe "sembler" employé dissimule, sous l'apparente simplicité de l'entreprise d'édification de soi, un long cheminement dont chaque pas effectué en direction de soi importe plus que la finalité qu'on se serait fixé...

Le bonheur représente une énigme du seul fait d'exister. En effet, être heureux ne va pas de soi, ce n'est pas un don mais une pratique existentielle à connaître et à appliquer chaque jour de notre vie. Il ne s'agit pas d'aller chercher le bonheur là où il n'est pas. Le bonheur est en soi, toujours et c'est donc là que nous en découvrirons la présence.

C'est bien parce que les événements extérieurs ne dépendent pas toujours de notre volonté que j'ai tenu à préciser que le bonheur ne se trouvait pas en dehors de l’être.

Le bonheur serait donc plus de l'ordre du "lâcher-prise" que le résultat d'une volonté farouche d'être heureux.

L'idée de s'arrimer à l'instant présent est essentielle puisque le présent est l'unique dimension temporelle où notre pouvoir d'exister et d'agir pour transformer notre vie est à même de se manifester.

Nous sommes en permanence confrontés à des choix décisifs pour le déroulement de notre vie. C’est dans ces instants qu'il faut faire preuve de sagesse et de lucidité

 Le bonheur se pense mais faute de parvenir à l'attendre par le moyen de la raison, intervenir sur le corps par la prise de conscience des sensations, des perceptions, du schéma corporel aide à agir sur le psychisme et à modifier nos pensées

 Le bonheur est comparable au style d'un écrivain : c'est une manière de voir le monde.

Le bonheur ne nous est donc pas donné, il ne va pas de soi, il est l'aboutissement d'un long travail de développement personnel et celui-ci, du fait de l'interaction entre le corps et l'esprit, nécessite une pratique qui repose sur une préalable remise en question de son existence, une acceptation des vraies valeurs que nous souhaitons être le guide de nos actions mais ce changement de mode de penser peut très bien être initié par une approche somatique de l'individu.

 

 

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