Les dessous des cartes de la lutte pour s'approprier la "crotte du diable"



"Crotte du diable!"
Le pétrole! On l'a, à juste titre, nommé "la crotte du diable", à bon escient.
Aujourd'hui, la crise qui frappe le système capitaliste voit des continents entiers en pleine dépression, tel le continent européen où des pays tel la Grèce assiste à l'explosion du chômage, en particulier des jeunes dont 66% sont inemployés aujourd'hui.

L'Europe en panne de moteur. Et "l'argent crie son désir"...
L'Europe  en panne de moteur, avec des pourcentage de croissance qui tourne autour du zéro virgule (0,3 pour l'Allemagne, 0,2 pour la France), ce sont de ce fait des milliers de milliards qui cherchent à s'investir et de préférence dans des secteurs avec un retour à la fois rapide et colossale sur investissement.
Le capital et c'est l'une de ses particularité ne peut pas rester en "jachère".
"L'argent crie son désir" tout comme "le cerf brame sa soif d'eau fraîche" écrit Karl Marx.


Le pétrole, le gaz et  leurs nouvelles déclinaisons: "énergies non conventionnelles", pour désigner la consistance sous forme de bulles d'huile coincées dans les profondeurs de la terre dans une roche situé à des kilomètres sous terre, que tout le monde connait, à présent, sous la dénomination de la roche diabolique qui l'emprisonne: le schiste.

"Pétrole et gaz de schiste".
D'où les noms dont on affuble les bulles coincées dans cette roche qu'il est nécessaire de fracturer par explosions souterraines pour en extraire en y injectant des millions d'hectolitres d'eau, sous pression, mélangées à des dizaines de produit chimiques (dont les docteurs "Folamour" qui les utilisent maintiennent l'omerta quant à leur composition et leur dangerosité) : "gaz de schiste", "pétrole de schiste".
 
Quels rapport avec la Tunisie? Quels liens avec les changements qui viennent de se dérouler à la tête de l'Etat, avec la nomination d'un fringuant jeune premier ministre?

Bouchamaoui à la barre!
Qu'indiquent cette séquence des batailles au sein du landerneau politique local?

Nous savons que celle qui a sorti, au bon moment, le nom de l'actuel premier ministre est notre patronne des patrons Wided Bouchamaoui. Et comme les choses ne se font pas par hasard, on découvre que la "dynastie" dont est issue notre présidente de l'UTICA, a des intérêts importants dans le secteur des hydrocarbures comme le révèle une enquête publiée sur Nawaat.org. (http://nawaat.org/portail/2014/01/09/le-cas-bouchamaoui-et-le-ministere-de-lindustrie-la-gestion-bananiere-des-ressources-naturelles-de-letat-tunisien/)


On découvre aussi, mais cela n'est pas propre à la Tunisie que les intervenants dans l'exploitation du pétrole sont organisés, structurés avec des ramifications qui toutes mènent droit vers les multinationale du pétrole et du gaz d'un côté et vers les fameux paradis fiscaux de l'autre.
Pour ne pas être en reste notre "dynastie" Bouchamaoui, mais elle ne doit pas être la seule dans ce cas, (toutes les bonnes institutions universitaires formant nos fringuants "managers commerciaux" l'enseignent), possède des comptes dans l'un des nombreux paradis fiscaux, refuge de l'argent sale de part le monde. Les Bouchamaoui ont choisi les îles Caïmans pour le coup.

Les "pétroliers" aux commandes!
Notre Mehdi Jomâa a été choisi en connaissance de cause.
Sa bio officielle nous décris un long parcours dans une entreprise, Total, plus particulièrement sa filiale, Hutchinson, de 1988 à mars 2013 où le voilà catapulté à la tête du ministère de l'industrie dans le deuxième gouvernement de la Troïka dont le premier ministre n'est autre que Ali Larayedh, ancien ministre de l'intérieur.

Lors de son entrée en fonction en tant que ministre, l'une de ses premières décisions sera la prorogation d'un contrat arrivé à terme, qui lie la société de prospection pétrolière, la HSB Oil Compagny, une banale "SARL" au capital de 400 millions de milimes, propriété de la Holding Bouchamaoui.
Celle-ci exploite à "titre expérimental" depuis dix bonnes années plusieurs champs de prospection. "Mazrane" au sud de l'Ile de Djerba en phase de production depuis décembre 2003 (500/600 barils déclarés/jour) et "les Oasis" près d'El Borma.
Voilà pour ce qui est de la famille Bouchamaoui.
Pour ce qui est de notre presque nonagénaire, grand ordonnateur en tant que premier ministre des élections d'octobre 2011, avec le résultat que l'on connait et aujourd'hui faisant fonction de "gourou" de la famille de la "Destourie" au sein de la maison commune "Nidaa Tounes" (qui sonne comme le "Forza Italia" d'un Berlusconi qui détient près de la moitié du capital de Nessma TV dont les plateaux sont largement ouvert à la propagande des "Sebsistes"); nous avons nommait Béji Caïd Essebsi.
Celui-ci, avec son frangin, possèdaient des intérêts dans le "bizness" du pétrole et ses dérivés.

L'affaire de la société "Voyager Oil & Gaz" détentrice d'une concession de prospection et vendue en catimini par le propre frère du premier ministre en exercice aux moment des faits: Beji Caid Essebsi, n'a pas connu de suites judiciaires comme des centaines d'affaires étouffées dès leur mise à jour par une administration judiciaire corrompue jusqu'à la moelle et dont l'épisode récent de l'affrontement entre la "camarilla" des avocats et celle des magistrats n'est qu'une partie à peine visible de l'iceberg.

"Mains basses" sur nos richesses.
D'après un document intitulé "Corruption Gaz Pétrole Tunisie" (https://docs.google.com/file/d/0B_tlXBHmVgPHRXEzT25VRXlFTlU/edit) "tout se vend et s'achète" en matière de documents administratifs ayant trait à la cartographie de nos richesses minières dans ce qui pourrait s'intitulé: "Mains basses sur le sol et le sous-sol de la Tunisie".  
On pourra bientôt y ajouter: "Mains basses" sur notre soleil, notre sel, notre patrimoine halieutique, nos ressources hydriques de surface et plus grave, fossiles (non renouvelables).
Dire que cela se déroule durant les trois années après avoir mis en déroute le "brigadier-chef" de la "lumpen-bourgeoisie".
On soupçonnait que le milieu d'affaires était un milieu glauque, où tout se monnaye. On subodorait que le haut du panier comprenant les véritables "Etat dans l'Etat" à savoir le ministère de l'intérieur (et ses multitudes ramifications) mais aussi l'administration judiciaire, la bureaucratie d'Etat (Préfets, gouverneurs, etc…) étaient passés maîtres dans la mise au pas du pays sous la coupe de pratiques frauduleuses en tous genres.

"Lumpen-bourgeosie" complice.
Nous avions conscience que notre "lumpen-bourgeoisie" de part le périmètre qui lui était dévolu pour mener à bien sa mise en coupe réglée des richesses du pays avait besoin, comme la terre aride l'eau bienfaitrice, de l'appui des capitaux étrangers des multiples multinationales, des "molarchies" de la péninsule arabique et de puissance régionale (Turquie).

Depuis trois ans, c'est à une véritable braderie que l'on assiste. Le secteur lié à "la crotte du diable" aiguise les appétits et on s'aperçoit que notre "classe politique" sert de relais à ces affrontements.

Rien que l'épisode qui a vu l'intervention des lobbys pétroliers, en pleine rédaction de notre "constitution" pour y amender le texte prévoyant un minimum de transparence des contrats signés au nom de la collectivité renseignent sur leur puissance et leur influence.
 
Alors que faire?
Des voix s'élèvent pour réclamer "plus de transparences" et se contentent d'interpeller les "décideurs" qui sont eux-mêmes juges et partie.
A notre avis seul le mot de "Nationalisation de tous les secteurs vitaux" peut rassembler le maximum d'adhésions en défense de notre souveraineté populaire.

Nationalisation des secteurs de l'énergie.
A commencer par le secteur des énergies.
Il faut déchirer le nouveau code des investissements, rédigé sous les hospices des institutions internationales (FMI et Banque Mondiale) qui n'est qu'un catalogue octroyant la permission d'assassiner en toute légalité.
Assassiner les agriculteurs et les travailleurs de la terre en leur soutirant leur moyens de subsistance au profit des mastodontes de l'agriculture d'exportation.
Assassiner le maillage industriel et semi-industriel de ces petites et moyennes entreprises qui sont le coeur vivant de la production tournée vers la satisfaction du marché intérieur et des besoins locaux.
Assassiner des régions entières en polluant ou en asséchant les ressources hydriques de surface et "fossiles".

Nationalisation du secteur bancaire.
En appui de cette nationalisation de nos ressources vitales, il faut aussi poser la question de la nationalisation du secteur bancaire.
A un secteur qui est en quasi-faillite, les mêmes instances internationales (FMI, BM) proposent d'abord à la collectivité d'assumer un quart de siècle de corruption en tous genres, en commençant par le reflouer grâce à une recapitalisation pour ensuite le privatiser au profit exclusif des clans et cliques de notre Lumpen-bourgeoisie ou du moins de ses secteurs les plus puissants; ceux qui auront réussi à sortir victorieux de la lutte à mort qu'ils se livrent en ce moment.

La rançon de cela c'est la destruction d'une part du capital pour revigorer les survivants selon notre adage populaire: "Hout Akoul Hout Ou Klil Ejehd Imout".


Donc: Nationalisation du secteur bancaire dans une banque nationale sous contrôle de ses salariés et de ses usagers.

Dissolution de l'Etat dans l'Etat!
Et tout cela ne se réalisera point sans une dissolution de cet "Etat dans l'Etat": le ministère de l'intérieur.
A ceux qui posent la question par quoi le remplacer, nous répondons qu'il faille reconstituer des administrations séparées.
L'administration civile avec le développement de l'outillage informatique peut être réduite à son strict minimum, des bornes électroniques délivrant toutes sortes de documents administratifs.
La gestion de la ville grande ou moyenne au niveau de la circulation et du maintien de l'ordre doit revenir aux municipalités. De simples employés municipaux peuvent remplir toutes les fonctions d'encadrement de proximité. Il suffit de former les cadres appropriés pour ces nouvelles fonctions dont la fonctions répressive est dévolue à la justice.
Les fonctions de contrôle et de répression de délit doivent se limiter au strict nécessaire dans des cadres de gendarmerie républicaine encadrée par des magistrats pour éviter tout abus.

"Police partout! Justice nulle part!
On connaît le mot d'ordre: "Police partout! Justice nulle part!".
23 années de régime benaliste nous ont vacciné contre cette croyance d'une police pléthorique, engloutissant des budgets colossaux, au "service de la nation".
Les services spéciaux de gendarmerie pour la défense du territoire, la lutte contre toutes les formes de banditisme, contre le "terrorisme" doivent être mis sous le contrôle de l'instance législative par le biais de magistrats spécialistes de ces questions.
Leurs missions devront  être très encadrées par la loi et une transparence quant aux moyens utilisés pour l'exécution de ces missions doit être communiquée aux organes législatifs spécialisés.

Bien entendu tout ceci n'est envisageable que grâce à l'existence d'une presse d'investigation totalement libre de faire toute la lumière sur tout ce qui touche à la défense de la souveraineté populaire.


Ceci n'est qu'une approche globale des solutions à la fois urgentes à mettre en oeuvre pour combattre la contre-révolution.

Le détail et sa mise en musique doivent être le fruit d'une véritable démocratie participative où tous les citoyens peuvent participer à ce projet d'élaboration collective pour un programme alternatif à la politique du troisième gouvernement de la Troïka.


Au travail!

AOUINA Hamadi
27 février 2014


 

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