Yvon Quiniou: Staliniste de philosophe!

En bonne compagnie des Badinter, Fourest ou même d’Adonis, et de beaucoup d'autres, notre « staliniste philosophe » malgré un coeur, mais ça c’est physiologique, sauf exception, à gauche, continu à secréter le venin d’une haine ancestrale de l’islamité.

« Pour vivre, il a besoin de satisfaire ses besoins matériels sur la base des sciences et des techniques sous toutes leurs formes, de dominer la nature et son histoire, de son intelligence donc, de ses rapports avec autrui sans lesquels il n’est rien » … (Yvon Quiniou)

 

Yvon Quiniou, se définissant comme « philosophe » de « gauche » s’est fait une spécialité, à longueur de tribunes et de posts dans son blog de flétrir la « religion » au singulier comme les « religions » au pluriel. 

A la lecture de sa prose labélisée de « gauche » et « progressiste », on a plus qu’une impression que sa hargne ne concerne qu’une religion: la musulmane, qu’il affuble très souvent du qualificatif sans appel de « barbarie islamiste (islamique) » dont le « bruit », « l’obscurantisme », le « machisme », et une posture « radicalement hostile aux sciences de l’homme » la désigne comme l’incarnation du « totalitarisme religieux (…) couplé avec une apologie du libéralisme économique dont les théocraties islamiques sont le pire exemple ». 

Ouf! Notre « philosophe » se réclamant du camp du « rationalisme » prend le temps de nous rassurer que par contre « le christianisme peut alimenter une anthropologie fondée sur le culte d’un individu libre et responsable, soustrait aux déterminismes sociaux que la raison sociologique révèle et sans que la référence à une transcendance aide en quoi que ce soit à moraliser le jugement politique porté sur notre société. » 

Il conclut que « la religiosité ambiante (…) nous enfonce un peu plus dans ce qui est bien une crise de civilisation » et appelle la « gauche authentique, laïque mais aussi sociale », (…) de « rester irréligieuse dans tous les domaines. »

Foin des guerres plus que trentenaires que l’impérialisme occidental (Etats-Unis, Europe, Ex Union soviétique) mènent contre cet « Orient » martyrisé, au nom des « valeurs démocratico-chrétiennes ».

Foin des politiques « d’ajustement structurelles », imposées par les instances internationales (Banque Mondiale, FMI, etc…) qui brisent les reins d’économies à peine sorties de la dépendance coloniale directe pour se retrouver dans la dépendance semi-coloniale indirecte.

Foin de cet immense abîme que les politiques coloniales dominant le XIXe et XXe siècle ont imposées aux peuples colonisés qui n’avaient à l’aube des « indépendances » qu’une infime « élite » lettrée, une intelligentsia qui se chiffrait à quelques centaines de membre au début des « indépendances ». 

Le Maghreb auquel fut imposé l’ « indépendance dans l’interdépendance » ne comptait au début des années soixante qu’un petit millier de diplômés de l’enseignement supérieur, dont à peine une petite centaine dans les branches scientifiques et techniques. 

Voilà ce que la « civilisation française » a réussi comme miracle en un peu plus d’un siècle dans cette région.

En comparaison, depuis un demi-siècle, et nonobstant les politiques « Thermidoriennes » des trois gouvernances maghrébines, dont il serait long ici de décrire les ratées, voir les trahisons, nous comptons un chômage de diplômés de l’enseignement supérieur qui avoisine les 1,5 millions… pour les trois anciennes colonies françaises.

Insistant sur un fait; ce trop plein de diplômés, est le résultat des sacrifices sans nom que les familles maghrébines ont du consentir. Pour elles, de manière instinctive, l’éducation était la voie royale pour effacer les affres des dominations qui se sont abattues sur cette région qu’elle soit « Ottomane » ou « Occidentale ».

Rappelons pour l’anecdote ce fait historique: l’empire ottoman avait interdit durant sa longue nuit autocratique l’utilisation de l’imprimerie en langue arabe. Celle-ci, qui existait en Europe, et servi à l’éveil de la Renaissance européenne, aurait permis outre la diffusion de la langue arabe la diffusion des idées d’indépendance qui germaient sous le joug ottoman. Ce furent les chrétiens du Levant (Syrie) qui, les premiers vont introduire l’imprimerie, dès le XVIIIe siècle, dans cette région du continent arabe; d’abord pour imprimer des livres de théologie chrétienne en langue arabe mais très vite aussi des contes, romans et diverses revues et journaux en langue arabe. On peut dire pour éclairer la lanterne du « philosophe » Quiniou que ce furent les chrétiens arabes qui éveillèrent le sentiment national arabe, y compris dans sa dimension musulmane. Ah que c’est compliquer pour un « rationaliste » adepte d’un matérialisme « staliniste ». 

Nombreux étaient les chrétiens arabes qui se considéraient « islamistes » ou « islamiques » pour se libérer des dogmes d’une Eglise occidentale « impérialiste », « colonialiste », « raciste », en puisant dans le large legs rationaliste musulman, les arguments à opposer au catholicisme romain. Rationalisme jamais capté par aucune « Eglise islamique » puisqu’il n’existe toujours pas d’ « Eglise » en Islam, quoique sont nombreux les prétendants à se considérés comme suppôts d’une hiérarchie « islamique » qui ne représente qu’eux mêmes. 

A moins d’imaginer les « téléislamistes », copie conforme de leurs alter-égo « télévangélistes » occidentaux, asiatiques ou africains comme les hiérarques d’une « Eglise islamique » dont l’Université cairote d’El Azhar ou les milices théocratiques de la Mecque, un lointain équivalent du Vatican. 

Et pourquoi pas le très médiatique Tariq Ramadan en Pape Suisse.  

Trèves de plaisanterie.

Notre staliniste de philosophe, pince sans rire décrète que « pour vivre, (l’être humain a) besoin de satisfaire ses besoins matériels sur la base des sciences et des techniques sous toutes leurs formes, de dominer la nature et son histoire, de son intelligence donc, de ses rapports avec autrui sans lesquels il n’est rien, de satisfactions affectives comme l’amour, de jouissances sensibles multiples dont les satisfactions esthétiques, voire de la philosophie elle-même qui lui fait prendre conscience de tout cela et  qu’il peut vivre par conséquent en toute autonomie métaphysique. Pourquoi lui ajouter  « Dieu », principe des religions monothéistes, qui ont toutes contribué au malheur de l’homme ? Par contre, il est sans doute plus difficile de mourir en athée ! »

Voici parfaitement résumé la mentalité staliniste d’un philosophe qui ne fait en réalité que mettre ses pas dans ceux de ses prédécesseurs de « gauche » qui n’avaient qu’un désir: celui de nous « évangéliser » à leur « progrès » dominant le monde jusqu’à la menace potentiel, et qui n’est plus qu’une hypothèse, d’extinction de l’espèce humaine et avec elle l’ensemble du monde du vivant. 

Dans la bonne tradition des « socialistes » colonialistes du XIXe siècle qui voulaient nous arraché par la force des armes à notre attachement à notre islamité, elle-même façonnée, mais notre staliniste de philosophe n’en a cure, par l’ « arabicide » d’une colonisation qui a liquidé un tiers de la population du centre du Maghreb, qu’elle nommera « L’Algérie ».                   « Arabicide » qui a nourri la mémoire de nombreuses générations qui ont colportées les affres des « enfumages » des Bugeaux jusqu’aux techniques de tortures, qui ne sont pas sans rappeler celles des inquisiteurs catholiques, des Massu et Bigeards.

« Arabicide » qui se poursuit aujourd’hui sous nos yeux dans cette effroyable déchainement de violences qui frappe le continent arabe dans cette guerre plus que trentenaire faite, ne l’oubliant pas, au nom du délire « christianiste » des Bush and Co; aidés en cela par la terreur des généraux, anciens officiers de l'armée française, qui a ensanglantée l'Algérie; de la politique du vide pratiquée par le descendant de la "répumonarchie" syrienne, le bourreau Assad, responsable de plusieurs centaines de milliers d'assassinés, de millions de déplacés à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie; du rouleau compresseur saoudo-émirati transformant le Yémen en cimetière, sans oublier le Maréchal Sissi et sa poigne de fer pour ne citer que ces derniers.

« Arabicide » qui se déchaine dans cette Palestine martyrisée par une extrême droite sioniste qui n’a rien a envier à celle qui fut le bras armée de la presque extinction du judaïsme occidental.

Mais aller réveiller chez un staliniste, fut-il « philosophe », le simple sens des responsabilités.

En bonne compagnie des Badinter, Fourest ou même d’Adonis, notre « staliniste philosophe » malgré un coeur, mais ça c’est physiologique, sauf exception, à gauche, continu à secréter le venin d’une haine ancestrale de l’islamité.

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