En faveur de "nos" lumières, soyons notre propre fondement!

 

 

En faveur de "nos" Lumières!

Ecoutez l’Une des pépites de ce géant (1) qui a écrit et composé probablement quelques une les plus belles fusions orgasmiques de cet art qui tire ses influences des "Lumières" arabes et musulmanes que beaucoup de crétins incultes, au nord comme au sud, ont réduit à de simples flammèches. 

S'accrochant jusqu'à l'aveuglement aux "Sunlights" d'une modernité plongée dans ses ombrageuses répétitions de crises mortifères d'un capitalisme, juste capable de proposer, à l’humanité en cet anniversaire centenaire de la “der des der”, une énième destruction de "capitaux », pour renaitre de ses cendres.

Cendres dont il a couvert la planète; nous approchant plus que jamais de cette apocalypse final tant, et tant de fois annoncés, par toute la lignée de “nos” prophètes. 

Pourtant nous, nous sommes les seuls, nous autres “musulmans” ou “mahométans”, comme cela vous plaira de nous désigner, à fêter les hymnes à la gloire de Moussa (Moïse), Issa (Jésus) Ibnou Myriam (fils de Marie) et toute la lignée des prophètes, dont nous chantions, le miracle messianique; du moins jusqu'à ce que notre "Islam" soit perverti par cette minable idiosyncratique aversion des religions, propre à cet "Occident" désincarné... "à poil"; juste capable de répéter jusqu'à la nausée qu'il est l'”unique gardien des Valeurs".  

 

“Valeurs” et “Orgasme républicain”...

« Valeurs », dont jusqu'à présent une très large partie de la population mondiale a été écartée; fussent-elles "démocratiquement" largement diffusées par tous les tuyaux, boyaux et autres plomberies, tenus de main de maîtres, entre autres par les Boloré, Lagardère, Bouygues et toute la smala de cette mafia en col blanc qui nous gouverne.... véritables « serial killers » de ce début de vingt et unième siècle. 

Ils appliquent à la lettre les paroles prophétiques de Pierre Bourdieu dans "La domination masculine": (2)

" L'ordre établi, avec ses rapports de domination, ses droits et ses passes-droits, ses privilèges et ses injustices, se perpétue en définitive aussi facilement, mis à part quelques accidents historiques, et que les conditions d'existence les plus intolérables puissent apparaître comme acceptables et même naturelles" (...) est le fruit "de cette violence symbolique, violence douce, insensible, invisible pour ses victimes mêmes, qui s'exerce pour l'essentiel par des voies purement symboliques de la communication et de la connaissance ou, plus précisément, de la méconnaissance, de la reconnaissance ou, à la limite, du sentiment. Cette relation sociale extraordinairement ordinaire offre ainsi une occasion privilégiée de saisir la logique de domination exercée au nom d'un principe symbolique connu et reconnu par le dominant comme par le dominé, une langue (ou une prononciation), un style de vie (ou une manière de penser, de parler ou d'agir) et, plus généralement, une propriété distinctive, emblème ou stigmate, dont la plus efficiente symbolique est cette propriété corporelle parfaitement et non prédictive qu'est la couleur de peau".

 

Fous d’Occident”...

A l'occasion de ces nouveaux massacres dont notre Paris et sa banlieue populaire, a été la victime expiatoire de ces "Fous d'Occident"; c'est à un effet boomerang que l'on assiste, avec ces têtes brûlés fabriquées à la chaine par l'invocation des "Valeurs" devenues comme le capitalisme la norme. 

A l'image de « notre » Mecque transformée en Lupanar, par les financiers de cette terreur maquillée en "guerre de civilisation", ceux-la même que les puissances impériales ont créé de toutes pièces, en les armant, en les protégeant, en les dorlotant comme on dorlote son chien, élevé pour protéger leurs "biens", leurs “Valeurs”. 

Aux invocations nauséeuses de "Valeurs" invariables, qui mélangent les torchants et les serviettes, où la nuit "tous les chats sont gris", nous reprenons à notre compte cette prédiction de notre ami Daniel Bensaïd qui avant sa disparition prévenait que "la crispation sur "l'ouvrage collectif" d'une laïcité originelle, idéologiquement neutre, paraît bien illusoire." (...) "Cet "orgasme républicain" témoigne "d'une incertitude" incapable "de conjurer le malaise existentiel de la société française".

 

Interview « coup de poing ».

C’est Jocelyne Dakhlia (2) qui en parle le mieux dans cet interview, véritable coup de poing à tous les présupposés accumulés et “démocratisés” par ces tuyaux “merdiatiques” tenus de main de maître par les puissants du moment. 

“La chute du mur de Berlin a signé la fin d’une tension constructrice, structurante, entre, disons, le monde « libre », libéral, capitaliste et un « autre monde » ; l’antagonisme s’est alors reconfiguré et s’est exprimé par une sorte de report d’hostilité sur le monde musulman. De plus, et au même moment, le processus de construction de l’Union européenne est passé par la redéfinition d’une ligne de front avec l’Islam. C’est-à-dire que pour reconstruire un      « nous » européen, qui est nécessairement un nous plus chrétien, puisque c’est une sorte de fil conducteur de l’unité européenne (même si l’on sait que les christianismes n’étaient pas les mêmes dans l’histoire de l’Europe), on se redéfinit inconsciemment ou consciemment comme plus chrétien contre l’islam. Un renouveau au moins sous-jacent du religieux est lié à cette nouvelle configuration géopolitique.”

C’est aussi cette tension de fond, structurelle, dans l’histoire plus longue de l’Europe occidentale qui peut éclairer le rejet spécifique de l’islam comme religion. 

“Alors même que la République se veut et s’affirme laïque, bien souvent les arguments brandis contre l’islam sont en réalité des arguments hérités de la polémique telle qu’elle a été élaborée par le christianisme médiéval. Voyez l’hystérie que déclenche la moindre évocation de la polygamie, avec ce schème du Prophète Mahomet libidineux. C’est un argument typique de la polémique théologique anti-musulmane. On le constate aussi avec les caricatures, notamment lorsqu’elles représentent le Prophète avec un corps de chien, motif qui renvoie aussi au lexique de cette polémique. Pour revenir à l’histoire, il y a un schéma historique qui fait que le judaïsme était certes une religion considérée comme haïssable — il fallait convertir les Juifs, se débarrasser du judaïsme ou le mater — mais une religion de l’intérieur, déjà là. Alors que l’islam était vu comme une religion d’hérétiques, de gens sortis de la juste voie, des gens par définition extérieurs, et issus de puissances ou d’États extérieurs, situés de l’autre côté de la frontière. Il ne pouvait pas y avoir par conséquent de place pour l’islam à l’intérieur. D’où cette espèce d’affolement à l’heure actuelle lorsqu’il s’agit de penser l’islam comme étant consubstantiel à la nation, à la République.”

Voilà les deux clés pour saisir cette “orgiaque”  et trompeuse propagande dont certains en font, aujourd’hui, un fond de commerce lucratif. Au lieu de penser “la coalescence, l’interrelation plutôt que leur face à face”, de vulgaires “intellectuels”, (3) faisant feu de tout bois, se travestissent en pompier pyromanes, rejouant cette farce du “retour des Maures et des Barbaresques”, avec cette “imagerie faussement historique (qui) est là pour alimenter fantasmes et passions dangereuses”... dont les funestes attentats du 13 novembre 2015 dans le Paris et sa banlieue populaire ne sont qu’un sous-produit de cet incroyable ”orgasme républicain”.

Dans ce “clash des civilisations” une tenace ignorance  inculque par mille et un moyens “cette idée fausse qu’avec les musulmans tout doit se rapporter à la religion, et que pour comprendre l’islam il faudrait se reporter au Coran, au texte sacré. On ne le fait absolument pas pour les autres religions. On ne lit pas la Bible pour comprendre, que sais-je, l’histoire de la Bulgarie ou d’un autre pays européen. Pourquoi penser que tout est dans le texte religieux ? Quand on se reporte ainsi au texte, on se fait complice des fondamentalistes, de ceux qui produisent une lecture littérale du Coran ; on rentre dans leur système de pensée et c’est une démarche non seulement pernicieuse mais de fait erronée et tronquée pour comprendre l’ensemble de ces sociétés ou des hommes et des femmes qui se réclament de l’islam.” Paroles tenues par une universitaire qui redonnent ses lettres de noblesse à ces intellectuels qui n’ont jamais trahis leur mission d’éclairage, pendant qu’une masse d’autres charlatans sont plongés dans cet recherche éperdue de la “maladie de l’islam” en imposteurs de la médecine mentale.

 

Universel de toutes les Lumières!

Pour maintenir entrouverte la porte étroite du futur et d'un véritable "universel" où "toutes les lumières" puissent fusionnées sans exclusive, nous faisons de cette avertissement de Frantz Fanon notre étendard:

 "Si, à un moment, la question s'est posé pour moi d'être effectivement solidaire d'un passé déterminé, (...) ce n'est pas le monde noir qui me dicte ma conduite. Je n'ai pas le devoir d'être ceci ou cela. Je ne suis pas prisonnier de l'Histoire. Dans le monde où je chemine, je me crée internationalement. Je suis nègre, et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules (...) Je n'ai pas le droit de me laisser engluer par les déterminations du passé. Je ne suis pas esclave de l'Esclavage qui déshumanisa mes pères. Il ne faut pas essayer de fixer l'homme, puisque son destin est d'être lâché. JE SUIS MON PROPRE FONDEMENT. (...) JE N'AI PAS LE DROIT DE ME CANTONNER DANS UN MONDE DE REPARATIONS RETROACTIVES." 

 

"Ils ont fait de nous des barbares!"

Notre Babeuf, père du "Communisme" de la grande Révolution française s'insurgeait, déjà, lors du "populicide de Vendée" contre la brutalité des vainqueurs: "Ils ont fait de nous des barbares!". 

Ils ne pouvaient deviner que les descendants de ces "barbares" allaient s'engluer dans la longue nuit coloniale et son pendant cette "vie immobile" des colonisés qui a réalisé les prophéties critiques de Fanon sur "ces guerres tribales" animées par des mouvements "à base de fanatismes religieux" donnant naissance à "des dictatures tribales" et son résultat naturel: la "tribalisation du pouvoir", qui ont pris le relais de la dictature coloniale. 

La formation de nations dépendantes ont finalement perpétué les mutilations des sociétés colonisées au-delà des "indépendances" confirmant la funeste prophétie de Fanon sur le fait que les colonisés puissent se défendre de l'aliénation coloniale "en renchérissant sur l'aliénation religieuse" avec comme seul résultat le cumul des deux aliénations.... (4)

 

Réécoutons Abdelwaheb, mais avec cette capacité de faire le lien entre ce créateur qui a innervé, avec tant d'autres talents, les souffles émancipateurs de la première séquence de notre lutte pour l'indépendance, avec la nouvelle scène artistique, riche d'aussi comparables talents, pour cette nouvelle séquence révolutionnaire où l'hiver 2010/2011, qui se prolonge dans l’attente messianique  d’un "Printemps" libérateur.... 

Ouvrons nos oreilles! La musique continue, car ce n'est que le début!

 

 

(1) https://www.youtube.com/watch?v=ELVISsG9QcM (مُضْنــــاكجفـــاهُمَرْقَـــدُه ****** وبَكــــاهورَحَّــــمَعُـــوَّدُهُ)

(2) Pierre Bourdieu: La domination masculine. Ed Le Seuil.)

(3) http://www.vacarme.org/article2747.html

(4) https://www.facebook.com/notes/hamadi-aouina/cette-guerre-ne-peut-etre-gagnee-car-nos-allies-font-partis-du-probleme-et-non-d/874830979253337

(5) Daniel Bensaïd:  Fragments Mécréants, mythes identitaires et république imaginaire. Ed Lignes

 

Hamadi Aouina

 24 novembre 2015

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