Un mémorial pour les victimes handicapées du nazisme inauguré à Berlin le 2 septembre 2014


 

L'Allemagne rend hommage aux victimes malades ou handicapées de la barbarie nazie

 Elle s’appelait Anna. Née en 1915 dans la région de la Ruhr. Son handicap l’empêche de suivre une scolarité normale. Le diagnostic des médecins allemands est sévère « idiotie congénitale » et dès l’âge de 20 ans, elle est dans le collimateur des politiques nazies contre les personnes handicapées. Au nom de la loi pour prévenir les maladies héréditaires, elle est stérilisée de force. En 1941, comme 2000 autres malades, elle est expédiée au château de Grafeneck, dans le jura allemand. Le 7 mars elle sera exécutée dans la chambre à gaz de ce sinistre centre d’extermination. Comme elle, 10 000 personnes handicapées seront exécutées ici.

La capitale allemande rend hommage aujourd'hui aux personnes handicapées exterminées par le régime nazi. De 1940 à 1941, les médecins allemands ont euthanasié pas moins de 70 000 personnes handicapées physiques et mentales, enfants qui avaient des troubles mentaux et des personnes considérées comme "inadaptés" sociaux.

Ainsi, en 1941, 2000 patients sont emmenés au château de Grafeneck  dans le jura allemand et exécutés dans la chambre à gaz de ce centre d'extermination. 300 000 personnes auraient été ainsi euthanasiées par le régime nazi en raison de leur maladie ou de leur handicap. 5 autres lieux du territoire Allemagne-Autriche ont ainsi permis de mettre en application le principe de l’euthanasie nazie. Hitler avait conceptualisé le principe d’une « mort par compassion » (gnadentod) qui sans jamais l’avoir affirmé formellement, a permis ces exterminations au nom des principes de la pureté de la race.

Le mémorial inauguré aujourd’hui est un grand mur de verre situé devant le Tiergarten de Berlin, là ou les nazis avaient installé les bureaux du programme d’extermination. Un panneau explique comment étaient ces politiques. Le mémorial permettra de se souvenir des victimes, de leur rendre hommage et aussi de faire acte de pédagogie.

En France une pétition avait circulé pour qu'un mémorial de ce type soit aussi construit chez nous.

Jérémy Truong


LE 2 SEPTEMBRE À BERLIN...

ET CHEZ NOUS ?

 

4 sept. 2014 — Un monument en hommage aux victimes des législations eugénistes mises en œuvre par le 3ème Reich vient d'être inauguré le 2 septembre à Berlin.

De notre côté, et grâce à votre mobilisation, nous sommes près de 75.000 signataires à demander la création en France d'un lieu mémoriel dédié aux 50.000 femmes et hommes malades et/ou handicapés abandonnés à la mort par le régime de Vichy.

J’ai d’abord remis vos signatures, puis adressé des propositions concrètes pour la réalisation de ce lieu à la conseillère du Président de la République. Elle s’est engagée à apporter une réponse dans les prochaines semaines.

Pour que cette réponse soit à la hauteur de nos espérances, notre effort mérite d’être encore amplifié. Merci donc de continuer à diffuser cet appel autour de vous et dans vos réseaux :

https://www.change.org/p/pour-un-m%C3%A9morial-en-hommage-aux-personnes-handicap%C3%A9es-victimes-du-r%C3%A9gime-nazi-et-de-vichy

Solidairement à vous,

Charles Gardou.

 
PS : Vous pouvez relire l’article ci-dessus concernant la création du mémorial en Allemagne afin de le diffuser largement :

 http://www.vivrefm.com/infos/lire/2250/un-memorial-pour-les-victimes-handicapees-du-nazisme-inaugure-a-berlin

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