La rencontre improbable entre free jazz et cinéma

L’histoire du cinéma compte quelques exemples de films écrasés par leur musique. Des films où le son ne vient plus servir l’image mais plutôt l’inverse. La musique mise à l’image. Je tirerai quelques fils de cette contre-histoire à partir de deux films : Space Is The Place de John Coney et Les Stances à Sophie de Moshe Mizrahi.

Sun Ra et le Art Ensemble of Chicago ont un point commun : une idée libre de la forme jazz. Mais oublions le terme de jazz qui pour ces artistes parait vraiment restrictif. Ils sont bien plus que le jazz. Ils sont la great black music, la musique afro-américaine et l’avant garde d’un son qui sonne, aujourd’hui encore, toujours aussi moderne.

La Causerie Musicale | © Musique pour l'Imaginaire © Arnaud S. La Causerie Musicale | © Musique pour l'Imaginaire © Arnaud S.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Composer pour l’image, interpréter une musique pour un film, requiert une bonne dose d’adaptabilité. Il faut être plastique, être à l'écoute, la jouer collectif. Défendre ses idées certes mais savoir se fondre à celles du réalisateur ou de la réalisatrice. Ce qu’on nomme free jazz, ou avant garde jazz. Autrement dit, ce qui est une musique libre, affranchie des conventions de la pop musique et de ce que le public attend généralement d’elle. Des couplets et un refrain, un thème musical que l’on sifflote, des harmonies bien en ordre, des mélodies douces. Un truc au final agréable et pas trop complexe à écouter. Sun Ra ou le Art Ensemble ne se case pas vraiment dans ces catégories. Ici, le plaisir de l’écoute est celui de l’explorateur. On laisse de côté ce que l’on sait de la musique et on se laisse porter pour découvrir des paysages et d’autres mondes. Cela peut même passer par des moments désagréables, acoustiquement parlant.

Le type de projets qui ne collent donc pas à priori avec les exigences de la composition de musique à l’image. Oui, parce qu’il ne s’agit pas à priori de faire trop dévier l’attention du spectateur du récit à l’image. Un réalisateur peut rechercher ce trop plein musical à certains moments clés de son film, pour appuyer une fuite en avant ou en arrière, provoquer une confusion en illustrant les images avec une musique de rupture. En règle générale, il est plutôt question de bon équilibre et de soubassement. 


Qu’est ce qui est donc passé par la tête de réalisateurs.rices et producteurs.rices pour aller chercher des musiciens de l’avant garde censés composer une bande originale de film?

La suite :

La Causerie Musicale | © Musique pour l'Imaginaire © Arnaud S.

Retrouvez les références musicales et bibliographiques citées dans le programme sur le blog de la causerie musicale

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Belle écoute!

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