Michael White, musicien de la lumière

Focus sur ce violoniste jazz trop méconnu et son album "The Land of Spirit and Light"

On trouve dans le texte poétique accompagnant le disque "The Land of Spirit and Light" des références, mythes et notions reflétant l'état d'esprit de son auteur et le sens donné à l’acte musical : emotion, sensibility, deep commitment for peace, magic, juju, spiritual source of love. Sa musique repeint le monde, elle le transfigure pour apaiser les peines et les souffrances, pour suggérer des portes et des marches. Musique sans parole, bruits de la nature et de l’univers, projection infinie vers le ciel, introspection minutieuse et bienveillante de nos âmes.

M. White - The Land of Spirit and Light cover M. White - The Land of Spirit and Light cover

Sur ce disque enregistré les 7 et 8 février 1973 pour le compte du label californien Impulse!, Michael White est en bonne compagnie : Prince Lasha, à la flute, au piccolo et à la clarinette. Une parenthèse sur ce flutiste qui a surtout joué pour d’autres mais a enregistré deux albums en compagnie de Sonny Simmons. Si vous ne connaissez pas, jetez vous sur l’album The Cry et le titre Congo Call, un sommet du jazz modal. J’en reviens au line up. Ed Kelly au piano, Bob King à la guitare, Cecil McBee à la basse. L’incontournable Cecil McBee qui a enregistré en une vie ce que la plupart des musiciens enregistreraient en 4 ou 5. Kenneth Nash aux percussions. Santley Nash, Kenny Jenkins and the ABC Messenger delivery man pour les parties vocales. Ce dernier devait passer dans le coin quand le groupe avait besoin d’un renfort. Il a eu le droit à son crédit.

Fiesta Dominical est mon morceau préféré de l’album. Et si l’on me demande ce que j’entends quand j’évoque une musique lumineuse, pas de doute, je cite ce morceau. Ce thème détone quelque peu de l’esthétique traditionnel et attendu du jazz spirituel. Il renferme une composante très créole, comme si de leur côte ouest américaine, la formation s’était déplacée au sud s’amarrant à une île de l’archipel caribéen. Et puis, il y a les cordes pincées du violon qui suggèrent une inflexion folk, rurale, cette ligne de basse entêtante, ces arrangements subtils de percussions, les chœurs qui ajoutent une touche organique et vivante. A l’écoute de ce titre, on s’imagine facilement en famille, partageant le repas du dimanche par un jour d’été radieux avec des gosses qui courent autour de la table, un horizon de verdure et un équilibre qui s’instaure ici et maintenant au milieu du tumulte incessant que constitue l’existence...

La suite :

La Causerie Musicale #12 | © Musique pour l'Imaginaire © Arnaud S.

Retrouvez les références musicales et bibliographiques citées dans le programme sur le blog de la causerie musicale

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Belle écoute!

 

 

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