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Billet de blog 31 oct. 2020

La musique est notre santuaire

A vous, sœurs et frères cosmiques, la musique est notre sanctuaire et il nous appartient de le préserver. Le souffle n’est pas coupé, il est seulement en sommeil. Il nous emportera de nouveau, tel un mistral, lorsque la beauté que l’on préserve avec tant de soin et d’attention, pourra de nouveau nous éblouir.

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Ces mots sont écrits dans l’urgence. L’urgence de rétablir quelques vérités contenues au plus profond des belles âmes que comptent ce « nous ». Nous, le peuple qui jouons, dansons, communiquons, aimons par l’entremise d’un médium culturel puissant et miraculeux, la musique. Nous, celles et ceux qui restons solidement debout pour vivre et se laisser traverser par le son, ses rythmes et mélodies. Notre sort, aujourd’hui et maintenant, notre sort momentané donc, est celui du silence et de l’immobilisme. Il nous est imposé et les puissances qu’il l’impose dépassent nos modes traditionnels de guérilla. Nous ne disposons que d’armes miraculeuses que sont le scintillement de l’air produit par la membrane d’une enceinte, les corps et les esprits qui se mettent en action par cet air sonorisé et la communauté de vie partagée lorsque leur monde s’efface au profit du nôtre.

La musique est notre sanctuaire © © A.s



Ce monde est notre cosmos, notre territoire, notre sanctuaire. Les montagnes, plateaux et mers qui s’y déploient sont autant de poésie que peuvent en contenir les plus beaux paysages de la terre que leur monde épuise. Notre monde est beau et on s’en balance que vous ne le compreniez pas. On le construit jour après jour, plus ou moins savamment, afin de mieux préserver la fibre humaniste qui devrait conduire toutes les actions sur cette basse terre. Notre monde n’est ni un spectacle, ni un divertissement, les seules catégories légitiment au yeux de l’institution culturelle. Vous ne comprenez rien à notre désir. On s’en accommodait, on s’en accommode, on s’en accommodera.



Notre monde se niche aux frontières, non pas le lieu de la fermeture mais bien celui où quelque chose commence à être. Et comme nous partageons l’expérience et la conviction qu’être, c’est forcément devenir, nous tentons sans cesse de nous échapper de vos filets essentialistes. Même si présentement, cela nous est refusé, vous ne tuerez pas pour autant notre infini.



Les mois passés et ceux qui arrivent s’annoncent tristes. Pourtant, ils ne peuvent signifier que nous consentons à revenir sagement dans le rang et embrasser béatement le monde tel qu’il est. Votre monde nous est d’autant plus insupportable que le nôtre ne peut, pour un temps, se déployer. Nous préservons les souvenirs et les mémoires de ces moments éphémères mais à chaque fois désirés encore et toujours, où un sens apparaît. Où nous prenons conscience, par nous-mêmes et dans la communauté d’existence installée par un sound system, de la chance et du privilège de pouvoir mettre chaque jour un pas devant l’autre et vivre.



A vous, sœurs et frères cosmiques, la musique est notre sanctuaire et il nous appartient de le préserver. Le souffle n’est pas coupé, il est seulement en sommeil. Il nous emportera de nouveau, tel un mistral, lorsque la beauté que l’on préserve avec tant de soin et d’attention, pourra de nouveau nous éblouir.
A l'écoute :

Open Sky #109 © Switch Groove

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