Réponse à M. Macron d'un ex-salarié, ex-chômeur, aujourd'hui à son compte

M. Macron se moque des citoyens et encore plus des patrons de petites entreprises.J'en témoigne en tant qu'ex salarié, ayant quitté le salariat pour cause d'incompatibilité avec la hiérarchie, ayant eu le droit à une petite période de chômage et étant actuellement à mon propre compte, en EURL.

M. Macron se moque des citoyens et encore plus des patrons de petites entreprises.

J'en témoigne en tant qu'ex salarié, ayant quitté le salariat pour cause d'incompatibilité avec la hiérarchie, ayant eu le droit à une petite période de chômage et étant actuellement à mon propre compte, en EURL.

Un topo s'impose pour éviter toute erreur de jugement. Mon activité consiste à travailler avec d'autres entreprises, souvent des petites structures, sans trop de moyens et en galère. Ces entreprises ont des activités industrielles et font appel à moi pour résoudre des problèmes purement logistiques. J'ai la possibilité de choisir mes clients (le carnet de commande est plein), ce qui me permet d'être souvent très direct, dès le départ et d'imposer une vision sociale de la vie en entreprise : respect du salarié et de ces droits, implication de tous les échellons dans les prises de décision, amélioration du fonctionnement passant d'abord par les propositions des ouvriers, responsabilisation de tous les acteurs... etc. En résumé, j'essaie d'injecter un peu de citoyennété dans des boîtes en leur montrant que le salarié n'est presque jamais le problème (de rares exceptions existent... soit, mais la rareté les rend négligeables).

Fin du topo.

Alors oui, c'est vrai, c'est la galère en France quand on est une petite entreprise.

Sur ce point le FNUMPS à raison…  mais absolument pas pour les raisons qu’ils invoquent !


Commençons par parler de ce qui n'est pas un problème :

1. La masse salariale n'est pas le problème des PME.

Un gérant qui sait travailler, peut sans souci intégrer le coût salarial dans son prix de vente. Les cotisations ne sont donc pas un poids. En particulier dans l’industrie où il faut examiner les autres postes de coûts :

- Coût d’investissement dans les équipements (Machines outils, engins, systèmes d’information)

- Coût de la matière première (achats des produits de base alimentant l’usine)

- Coût de la logistique (transport, manutention)

- Coût financier (taux d’intérêt liés aux emprunts et à l’endettement).

Dans mon secteur d’activité, la masse salariale représente moins de 5% du coût de production. Une broutille ! Les économies sont ailleurs, mais plus difficiles à trouver !

L'assurance maladie, l'assurance chomâge, les allocations et la retraite ne doivent plus être les boucs-émissaires du système. Au contraire, il faut les renforcer car des travailleurs en sécurité sont des travailleurs plus heureux, capables de se dépasser et de s'émanciper. Mais c'est sûrement ça qui vous fait peur M. Macron, que le salarié prenne conscience de sa position de subordonné et décide d'en sortir ? Difficile de trouver l'équilibre qui maintient la paix sociale sans remettre en cause le système, n'est-ce pas ? Une dose de culpabilisation d'un côté, un minimum pour survivre de l'autre, pour l'instant c'est une réussite plus de 3 Millions de chômeurs et pas un seul qui bronche... Pourtant 3 Millions de personnes dans la rue ça peut faire du bruit... Combien de temps allez vous maintenir la pression ? Réalisez vous que vous oeuvrez à l'arrivée prochaine d'une explosion populaire dans la violence ? Pourtant il serait si simple de désarmorcer la bombe !

2. Les normes et les démarches administratives ne sont pas un problème.

Elles sont légitimes et protègent les petites boîtes, les patrons honnêtes et les salariés des abus des entreprises plus grosses ou des patrons escrocs. Les supprimer c'est favoriser les entreprises qui exploitent leurs salariés allant jusqu'à les mettre en danger. C'est faciliter le travail des patrons voyous qui réduisent en esclavage des sans papiers sans salaire, qui ne fournissent pas les moyens de sécuriser les activités de leurs salariés, qui mettent en danger la population, et condamnent l'humanité à brêve échéance en ne respectant pas le code de l'environnement (qui pourtant est déjà très laxiste!)..


Alors qu'est-ce qui pose problème me demanderez vous?? Je vais vous le dire !

1. Une concurrence déloyale entre des gros acteurs qui profitent de la manne des subventions publiques et des petits à qui on ne donne jamais rien. Pourquoi : parce que monter un dossier de demande de subventions nécessite d'avoir du temps, un bac +5 et de bonnes relations avec des gens bien placés dans l'administration. Parce que les subventions n’ont un intérêt qu’à partir d’un certain niveau d’activité, de plusieurs millions de chiffre d’affaire.

2. Une concurrence déloyale face à des entreprises véreuses qui ne respectent pas la loi et les normes. Des entreprises ayant pignon sur rue qui sous-traitent à des "entrepreneurs" roumains, marocains, bulgares.... des activités ayant lieu sur le territoire français et pour de longues périodes... Ces "entrepreneurs" sont logés dans des conditions affreuses, payés au lance-pierre, et ne possèdent aucun droit. On soupçonne même quelques morts dans certaines filières où il est facile de les cacher... Bref, du salariat déguisé en arrivant à de la traite d’humains dans le pays des « droits de l’homme ». Forcément ces entreprises là n’ont aucun problème à vendre moins cher leur production ou acheter plus cher leur matière première…

3. Un racket qui n'est pas mené par l'Etat mais par des professions libérales qui sont imposées aux entreprises. Les comptables, en particulier, sont une espèce nuisible ! 1800 €/an (minimum) pour traiter 10 factures par an et un CA de 60 000€... ça laisse rêveur hein. Et ça n'inclus aucun accompagnement à la gestion d'entreprises (pour ça faut raquer encore plus). Avec un logiciel comptable adapté, un novice en compta y passera moins de 2 jours sur une année... Rentable l'activité d'expert comptable...

4. Une absence de moyens pour gérer le plus gros problème des petites entreprises : la trésorerie ! Attendre 45 jours pour être payé (quand le client veut bien respecter les délais!) et devoir payer ses frais en attendant est un casse-tête du quotidien. Et les banques ne lâchent rien. A moins d'1 Million d'investissement ça ne les intéressent pas. Tout juste donnent elles le droit à une autorisation de découvert et les frais qui en suivent son monstrueux !

5. La difficulté de passer à des structures plus démocratiques et impliquant moins le gérant comme seul responsable de son entreprise. Les SCOP existent mais c'est la cata à mettre en oeuvre. D'abord parce que les salariés veulent très rarement en être (et ça se comprend) car ensuite il n'existe aucun soutien formalisé pour la création de ces structures. Du coup les SCOP meurent fautent d'être suivies dans leurs investissement (cf.4, en pire!) et à cause de l'environnement industriel français en opposition totale aux approches coopératives, qui le font bien comprendre en stoppant net les approvisionnements et/ou les commandes.

6. La corrolaire du 5... Un climat néfaste de concurrence à outrance, de refus de la collaboration, poussant les entreprises d’un même territoire à s’entre tuer, aux bénéfices des marchés étrangers ou des multinationales qui peuvent ensuite venir se servir tranquillement. Je ne vous parlerai pas de l’impact sur le coût logistique : des transports plus longs, plus coûteux, plus polluants et du gaspillage de matière énorme (qui s’amplifie en période de pénurie)… Je m’arrêterai là, je ne veux pas prêcher pour ma paroisse, mais pour le coup, je connais bien le sujet.


Pour résoudre ces problèmes des solutions existent et sont très simples :

1. Supprimer les dispositifs de subventions des entreprises ne répondant pas de façon claire et nette à l'intérêt général : des commissions populaires doivent être mise en place pour évaluer la masse de pognon distribuée chaque année (110 Milliards d'€ en 2012 !! + les cadeaux suivants de Hollande, ça fait monter bien haut le niveau d'impunité de quelques entreprises à se sucrer sur le dos des autres et des concitoyens!). Je n'invente rien, tout est là : http://bit.ly/1rIjFyu. Pour info, ce budget a explosé en 6 ans, passant de 65 Md€ en 2006 ( bit.ly/U7Qhro ) à 110 Md d’€ en 2012, pour un résultat tout aussi explosif aujourd’hui : explosion du chômage, explosion de la récession, délitement de notre société… etc

2. Réinvestir dans les moyens de répression des fraudes. Donner les moyens à la DIRRECTE de contrôler les abus. Embaucher des inspecteurs du travail. Répondre aux dénonciations d'abus en lançant des contrôles. Communiquer sur le sujet. Ça existait il y a encore 10 ans... On le voit de moins en moins aujourd'hui ! Et faciliter les procédures administratives en employant des fonctionnaires dédiés à ces activités ! Pas en les supprimant ! Comment se fait-il qu'aucun service n'a été créé pour regrouper le paiement des taxes, de l'URSSAF, de la retraite et de la sécurité sociale ? Pourquoi le gérant doit il se débrouiller tout seul pour trouver les informations utiles ?

3. Nationaliser la comptabilité. Pourquoi devoir passer par des experts comptables pour réaliser sa compta ? Les services des impôts ne sont pas capables de le faire ? Ça éviterait l'optimisation fiscale à outrance, créerait de l'emploi dans la fonction publique et faciliterait le lien de confiance entre les entreprises et l'administration.

4. Créer une vrai banque publique d'investissement et d'appui aux entreprises en difficulté financière. Il suffirait de quelques milliards pour faciliter la vie des entreprises en mettant en œuvre des emprunts à taux zéro, de court terme, juste pour pouvoir payer les traites et les salariés le temps que les clients payent. La BPI actuelle est misérable et ne se donne pas les moyens d'assurer cette mission. Elle préfère faire des cadeaux à quelques élus en leur permettant de faire de "l'innovation" sans risque (Sur 100 prêtés, il ne faut rembourser que 20 si le projet capote!!).

5. Développer un office national de la coopération qui se chargerait d'accompagner la mise en place des SCOP (formation, suivi juridique et comptable) et les protégerait des abus des industriels réfractaires : contractualisation sur le long terme, pénalités pour les comportements abusifs des clients et fournisseurs, garantie pour sécuriser les activités...

6. Réguler la concurrence en imposant des systèmes collaboratifs passant par une révision complète des méthodes de contractualisation et pourquoi pas une régulation des prix. C'est le point le plus complexe, où il faudrait innover en s'inspirant des pratiques paysannes passées et en menant une étude sociologique approfondi des entreprises dans les relations commerciales.


Bref, rien de très choquant dans une économie libérale, donc je ne comprends pas pourquoi on part dans la direction opposée alors que les petites boîtes sont les vraies créatrices de richesse et d'emplois! M.Macron qu'attendez vous pour devenir compétent et vous libérer des lobbies des grandes entreprises ? Il y a urgence, mais je n'ai aucun espoir de vous voir modifier le cours de choses. Montebourg n'a rien fait, pourquoi agiriez vous autrement ? C'est un bleu de travail qu'il faudrait vous faire porter. Pendant quelques mois... Histoire de vous sortir de votre milieu grand bourgeois, hermétique au monde qui l'entoure.  

Si ça ne tenait qu'à moi on pousserait jusqu'au système de Friot des producteurs autonomes (https://www.youtube.com/watch?v=cjL1MuE5wpI). Mais paraît que le marxisme ça fait peur...

Pour ma part, je préférerai un système où ma rémunération est fixée et où je conserve mes droits sociaux, tout en ayant la liberté de produire comme j’en ai envie (dans le respect de l'intérêt collectif dicté par les lois). Plutôt que le système actuel, où lorsqu’on se refuse à subir le salariat, on devient un sorte de paria, sans droit, obligé de s’aligner sur l’idéologie capitaliste pour espérer un minimum (non garanti!) de confort (une retraite, une prise en charge en cas de maladie grave, un revenu en cas d’absence d’activité, une couverture santé digne de ce nom…).

Quelle autre alternative existe t’il quand on ne veut pas être le salarié d’un autre ? Pas grand-chose à ma connaissance. A croire que le système veut punir celui qui ose remettre en question le travail subordonné en lui imposant d’adhérer à la doctrine capitaliste, ou le cas échéant, d’en baver sérieusement.

 

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