Ferrand et sa belle affaire "en famille" !

Et de deux... le 13 octobre 2017 le Procureur de Brest annonçait que l'affaire Ferrand était classée sans suite. L'engagement d'Anticor et les révélations du Canard restaient pertinentes, une nouvelle information judiciaire était ouverte à Paris en 2018, dépaysée à Lille en 2019. Et voilà que la Cour d’appel de Douai a estimé ce 31 mars que l’action publique était prescrite.

L'opération immobilière a eu lieu en 2011, la défense de R. Ferrand arguait que le ''litige'' devait se compter en fonction de la fin des activités à la direction des Mutuelles de Bretagne en 2012. En la matière, la prescription est de trois ans dès lors qu'il s'agirait de ''prise illégale d'intérêts''. La révélation de l'affaire par le Canard Enchaîné est en 2017 et pour Anticor il y avait une ''infraction dissimulée'' car la relation familiale entre le directeur des Mutuelles et Mme Doucen n'était pas connue des décideurs, et on sait qu'elle était la bénéficiaire de l'achat immobilier et de la mise en location aux Mutuelles.

C'est le 2 avril, demain, que le premier-ministre doit annoncer si l’agrément d'Anticor lui sera octroyé ou pas... La ''belle affaire Ferrand'' serait-elle de mauvais augure ?

A écouter avec intérêt un "Live, avec Fabrice Arfi, journaliste et Jérôme Karsenti, avocat de Mediapart, à propos de l’affaire Richard Ferrand nous donne l’occasion d’analyser les récentes remises en cause de la justice sur l’ensemble du spectre politique, avec l’avocat d’Anticor (le 18 septembre 2019).

* iciLa justice et les politiques: «On veut faire taire les magistrats»

Je reprends ici un billet d'octobre 2017, car j'ai la conviction que le combat contre la corruption et pour l'éthique en politique reste toujours une priorité citoyenne face à sa politique, dans la France de Macron.

Ferrand: "tout est bien qui finit bien...!"

Son jour de chance! C'est un vendredi 13 la date choisie par le Procureur de Brest pour annoncer que l'affaire Ferrand était classée sans suite. Autrement dit, l'élu Richard Ferrand, directeur Général des Mutuelles du Mans qui a fait louer par l'assureur, un immeuble acquis par sa compagne, à cette usage, a respecté le cadre légal des transactions immobilières. Tout est bien qui finit bien!

En effet «tout est bien qui finit bien» et Monsieur l’Élu a su faire profiter sa famille de sa zone d'influence et de ses attributs. Bien organisée, bien planifiée, les signatures rassemblées, les autorisations octroyées, les accords actés et tout était légal dans cette transaction.

Rien à se reprocher, tout à été fait dans l'intérêt des Mutuelles du Mans et notre astucieux Élu était blanc comme neige. La preuve, le Parquet de Brest l'a blanchi comme si les petits (dans ce cas plutôt gros) profits privés, dans l'exercice de ses fonctions, d'un personnage public devaient rester dans la sphère privée!

Bien sûr ce n'était pas une opération blanche mais une bonne affaire que seule «l'investigation par SMS» comme dit M Ferrand a voulu y voir malice. Le "palmipède" appréciera... Certes il a raté de ce fait le perchoir auquel il était promis, mais le retour au gouvernement n'est pas exclu car comme chef des marcheurs, cela ne marche pas très bien.

Le chef d'abus de confiance n'a pas été retenu, mais celui de l'intégrité et de la probité saute tout de même aux yeux. Que le principal Élu de la majorité présidentielle se comporte de la sorte, montre bien les limites d'une loi de «moralisation» qui était pourtant un des points forts du candidat.

On peut objecter qu'à l'époque il n'était pas En Marche (qui n'existait pas). Sans doute car il faisait alors partie de l'écurie des Cambadélis, Guerini, Cahuzac... depuis il s'est amendé ou plutôt fait une virginité !

La lutte contre la «corruption des valeurs de la démocratie» reste un engagement indispensable contre les inégalités et pour le bien commun.

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Merci Creseveur pour ce dessin paru en sept 2019

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