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Billet de blog 4 janvier 2026

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Macron et Barrot s’en prennent à Maduro sans évoquer Trump !

Ce que vient de se passer en Amérique Latine est grave pour le continent et pour le monde. Et si nous sommes inquiets sur l’évolution de la situation politique et la montée de l’extrême-droite en France, nous sommes saisis par la violence et les périls qui montent aux quatre coins du globe dont l’attaque contre le Venezuela est le révélateur de l’impérialisme américain pour commencer 2026.

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Pour le ministre français des affaires étrangères, Barrot, l’agression ordonnée par Trump, lui suggère en premier lieu dans sa déclaration officielle, une critique de Nicolas Maduro, président vénézuélien, qui a «confisqué le pouvoir au peuple vénézuélien, en le privant de ses libertés fondamentales». Ce n'est qu'en second lieu que le ministre constate que l'intervention américaine «contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international»…

Dans ce deuxième paragraphe, le ministre français déclare que «La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir». Et, il rappelle la «multiplication des violations de ce principe par des nations investies de la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies». [Paul Sugy le Figaro 3/12/2026].

Et alors, le Conseil de sécurité des Nations unies!

Tout a été dit, ici et ailleurs, par la rédaction et les blogs de Mediapart, sur cet acte criminel contre un pays, contre un peuple. Que son président soit un dictateur et dans une lignée de présidents ayant opprimé le peuple vénézuélien, rien n'autorise qu’une puissance étrangère s’investisse du rôle de gendarme au-dessus des lois, du droit et de la volonté et de la force du peuple.

Les accusations contre Maduro par Trump sous couvert de "narcotrafic", sont celles d’un pays qui, par moyens biaisés, cherche à s’octroyer tous les droits et tirer les bénéfices des richesses du pays notamment ses grandes réserves de pétrole, les premières au monde qui sont, depuis longtemps, convoitées par les États-Unis... on dirait la rivalité voulue par le chef du "petroltrafic"! Maduro, dans la lignée de Chavez, est un président élu par un système d’élections truquées dont seule la lutte du peuple du Venezuela pourra s'en libérer.

Et ici, comme ailleurs, l’intervention militaire d’un pays comme les États Unis d’Amérique est un acte de colonisation, de la toute puissance d’un pays oppresseur. Et c’est là que l’intervention du ministre français me paraît révélatrice de l’attitude de la France. Sans aucune référence à Trump, et avant de signifier sa position d’État souverain contre la confiscation du droit international, le ministre Barrot tire d'abord "sur l’ambulance-Maduro" pour ne pas offusquer l’agresseur.

On se rappelle les salamalecs de Macron lors de son premier 14 juillet en 2017 en invitant Trump. On voit huit ans après comment sa politique est celle de la "déférence" envers le milliardaire fait président-agresseur.

D’ailleurs, malgré la gravité de la situation le président s’en est tiré tardivement, hier, par un commentaire sur X, du même acabit, affirmant en premier lieu que «le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir». Il appelle à une «transition à venir pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien», et tout ceci sans évoquer l’opération américaine. [Le Monde 3/01/2026]

On pourrait s’attendre que la France, membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU demande une réunion d’urgence des quinze membres, pour débattre sur cette nouvelle entorse au droit international et au droit des peuples de disposer d’eux-mêmes. Vraisemblablement le président Macron n’a pas su comment l’écrire sur X !

merci Seri.ilustrador pour ce dessin

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