Il pleut sur les œillets du Portugal!

Le Président de la République, Cavaco e Silva, dans son habituel discours la veille des élections, a appelé samedi, les électeurs Portugais «ne manquez pas, c'est ce que je vous demande, l'avenir du pays justifie que tous aillent voter, même si le temps n'aide pas». En effet, il a plu toute la journée de dimanche, avec des fortes trombes d'eau au nord, Minho et dans les principales villes dont Lisbonne et Porto et des rafales violentes de vent marquant ainsi les élections pour le 20ème gouvernement constitutionnel depuis la révolution des œillets et les premières élections pour l'Assemblée Constituante du 25 avril 1975, il y a quarante ans.

Le Président de la République, Cavaco e Silva, dans son habituel discours la veille des élections, a appelé samedi, les électeurs Portugais «ne manquez pas, c'est ce que je vous demande, l'avenir du pays justifie que tous aillent voter, même si le temps n'aide pas». En effet, il a plu toute la journée de dimanche, avec des fortes trombes d'eau au nord, Minho et dans les principales villes dont Lisbonne et Porto et des rafales violentes de vent marquant ainsi les élections pour le 20ème gouvernement constitutionnel depuis la révolution des œillets et les premières élections pour l'Assemblée Constituante du 25 avril 1975, il y a quarante ans.

Et le Président à même précisé, «entre vos affaires professionnels, vos obligations familiales, assister aux jeux de foot ou autres activités sportives et de loisirs, n'oubliez pas d'intégrer dans votre déplacement la section de vote»...  Voilà un Président qui s'occupe des occupations dominicales et demande à ses compatriotes d'accomplir leur devoir civique. Comme disait une électrice entendue à la radio «c'est le jour où nous avons tous le même pouvoir»... et c'est bien le seul jour tant la démocratie semble de plus en plus la propriété des oligarchies qui s'approprient du pouvoir comme des voix des électeurs.

Néanmoins cet appel caricatural, la veille du scrutin, par Cavaco e Silva aurait eu de l'effet car abstention est en léger recul avec 43,09% (mieux que les dernières élections mais plus élevé pour les législatives). Soulignons qu'il y a une émigration importante depuis deux trois ans (plus de 450.000 personnes et une majorité des électeurs) dont la plupart n'ont pas pu participer au vote.

Résultat de recherche d'images pour "cavaco e silva caricatura"

Anibal Cavaco e Silva

Et cette participation semble avoir surtout bénéficié à la coalition au pouvoir, celle qui a succédé aux socialistes il y a quatre ans et qui a « pactisé » avec la troïka, pour imposer l'austérité aux Portugais.

Plusieurs articles et billets ont été publiés ces derniers jours dans Mediapart sur l'enjeu de ces élections, d'autant plus important qu'elles arrivent après l'épisode grec avec l'expérience de lagauche radicale Syriza et les attentes sur le voisin espagnol Podemos.

On dit à Lisbonne que c'est davantage la défaite des socialistes que la victoire des libéraux mais le résultat c'est que les mesures d'économie autoritaire ont des beaux jours face à une opposition en mauvaise posture. Pour l'instant, en fonction des résultats connus à minuit, la défaite du PS est manifeste (autour de 32,2%), la coalition «Portugal à frente» PaF (Portugal en avant) conduite par le premier-ministre sortant approche des 37%. L'autre gauche apporte une surprise, le Bloco de esquerda (mixte de PSU et Parti de gauche) atteint les 10%, son meilleur résultat de toujours, et la CDU (un parti communiste bien l'héritier d'Alvaro Cunhal, d'autres époques plus traditionnellesse maintenant autour de 8%.

Si l'actuel pouvoir n'obtient pas la majorité absolue, la constitution d'un futur gouvernement sera difficile tout en sachant que l'actuel président bénéficiera toujours ses anciens compères pour former un futur gouvernement. La question restera l'ampleur de la chute du PS qui, selon les résultats et les sondages ne lui laisse un quelconque espoir de constituer des alliances. Un accord avec l'extrême gauche et le PCP semblant pour l'heure, exclu.

Jo%C3%A3o_Abel_Manta,_Um_problema_dif%C3%ADcil,_1975,_tinta-da-china_sobre_papel,_37_x_62_cm.jpg

Un pays objet d'étude... par Abel Manta

Le Portugal sera bien le seul pays européen qui à l'issu de quatre ans d'austérité et de connivences les plus variées des partis au pouvoir, les maintient à la tête de l’exécutif. Pour le moment l'extrême-droite au Portugal est inexistante et les deux forces ancrées à gauche n'ont pas manifesté l'intention de s'allier au parti perdant, même si ensemble ils seraient majoritaires en voix.

Les résultats qui s'annoncent sont, entre-temps, révélateurs d'une partie de la population qui semble vouloir compter sur d'autres forces de gauche, plus ouvertes et plus écologiques (y compris Livre/Tempo de Avançar -libre, temps d'avancer-, mouvement de citoyens qui obtiendrait un député).

Le candidat socialiste Antonio Costa, ancien Maire de Lisbonne, où il était très apprécié,  a été investi de manière cavalière ayant poussé vers la sortie le secrétaire-général du PS qui avait été élu par les militants. Les déboires judiciaires de l'ancien premier-ministre socialiste M. Socrates et les soupçons de corruption, ont contribué vers un discrédit politique de la direction des socialistes.

Quelque soient les résultats définitifs de ce scrutin, on peut d'ores et déjà, anticiper le prolongement d'une période difficile pour la population Portugaise et sans alternative politique pour le moment.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.