le bon sens version François Fillon

Le Premier Ministre vient de donner sa version du bon sens en affirmant "Je suis totalement hostile à ce qu'on mette en prison des enfants de 12 ans et le gouvernement n'a pas de projet pour modifier la législation dans ce sens". On connaissait la version bon sens de la ministre de la justice "une sanction pénale à partir de 12 ans me semble simplement correspondre au bon sens".


Le Premier Ministre vient de donner sa version du bon sens en affirmant "Je suis totalement hostile à ce qu'on mette en prison des enfants de 12 ans et le gouvernement n'a pas de projet pour modifier la législation dans ce sens". On connaissait la version bon sens de la ministre de la justice "une sanction pénale à partir de 12 ans me semble simplement correspondre au bon sens".


On peut se féliciter de cette annonce de Monsieur Fillon qui est une bonne nouvelle, mais qu'on ne s'y trompe pas les propositions du rapport Varinard sont très orientées vers cette vision des enfants-délinquants.

De nombreux points sont inquiétants, notamment le fait qu'il préconise que le Magistrat ne sera plus des enfants mais des mineurs et se voit retirer toute compétence pour ordonner des mesures d'assistance éducative qui jusqu'à maintenant s'organisaient avec sa "garantie" par des services habilités-justice. Outre l'idée de la création du tribunal correctionnel pour mineurs qui renforce encore l'arsenal répressif sans pour autant apporter de réponse aux difficultés de cette jeunesse en grande difficulté.


Sans mettre en cause la sincérité du premier-ministre (d'autres s'étaient déjà manifestés dans ce sens, Mesdames Bachelot et Buttin) on peut remarquer qu'il cadre ainsi le débat, ayant entendu les nombreuses critiques soulevées par cette question. Il met ainsi fin à une des propositions les plus controversées du rapport.


Il va maintenant s'organiser le travail de la Ministre et des ses conseillers sur l'analyse et les conclusions du rapport. Les déclarations de Madame Dati, même désavouée sur la question de l'âge, restent la source d'inspiration de la commission de travail de la Chancellerie.

 

Nous avons raison d'être inquiets, comme le soulignait Catherine Sultan, Présidente du tribunal pour Enfants de Créteil et de l'Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille et de rester vigilants sur ce qu'on nous prépare.

 

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