Nuit blanche “féministe” dans un jardin public!

Quel toupet! Aller comme ça, un mec, dans le jardin public où cinq copines se retrouvent pour partager leurs rêves et leurs coups de gueule et parler sur ce qui les réunit, le ''féminisme''. Et qui plus est, à cause d'un gardien oublieux, elles y passeront la nuit, enfermées... Eh bien, osons et allons-y voir Mon Olympe, un petit régal ces copines au Théâtre de Belleville!

image.png     Cinq personnages aussi différentes et si singulières, si mobilisées, si proches qui se confrontent, s’apprennent, s'apostrophent, se congratulent, dans un joyeux et inspiré florilège de mots et de concepts... et finissent par se retrouver dans un ''je pratique le féminisme'' car, dira une d'elles ''dans ma famille on ne devient pas féministe, on est féministe''.

Et là, finalement, pour le spectateur ''mâle'' le quart de tour s'opère pour essayer de percer ce que leur féminisme veut dire. Comment elles nous mènent avec légèreté et humour dans cette grande cause nationale qui serait légitimement de vivre ensemble dans la reconnaissance du droit, des compétences et de l'égalité des femmes.

Ce n'était pas tout à fait acquis, y compris le nom, jusqu'à ce moment jubilatoire de l'accouchement du mot! Et voilà le tour est joué et par petites touches, par moments en solo ou des partages collectifs et créatifs, elles nous bousculent à l'instar d'Olympe de Gouges qui au XVIIIe siècle s'écriait ''Femmes réveille-toi''.

Et Gabrielle Chalmont (qui a écrit avec Marie-Pierre Nalbandian et mis en scène) nous alerte, ''Aujourd’hui mes copines et moi, on dit que l’urgence n’est pas tant de se réveiller mais de ne surtout pas s’endormir''.

Point important sur leur détermination, pas de smartphone pendant leurs réunions, pas de dépendance. C'est l'article 7 de leur règlement intérieur. Elles sont ainsi coupés du monde-extérieur, mais pas de leur monde-intérieur, celui de l'amitié, de l'engagement, de l'amour. Dans leur nuit, enfermées en plein air, dans le rapport à la nature du jardin public, fait de fortes décisions mais aussi de peurs et de réussites... le feu sans briquet ni allumettes, hourra! Elles revisitent les stéréotypes, les condescendances, les dédains et y opposent leurs convictions, leur enthousiasme, leurs doutes qui aident à construire.

Certes il peut avoir des moments de découragement mais leur créativité nous font partager cette envie d'y arriver avec une énergie qui embrase toute la scène, par la danse, la musique, la poésie.

Et finalement, la proposition de passer à la télé qui les confronte un temps et nous montre la répétition de quelques bons moments de joute oratoire, aide à faire comprendre ''à quoi bon'' de renter dans ce jeu, souvent de dupes, et nous fait réfléchir sur le débat public!

La scène s'anime, nous anime et nous sortons désireux de voir ce spectacle représenté largement et aussi devant des publics jeunes, car il suscite l'envie de partager avec la ou le voisin et de chercher ''mon Olympe'' ce lieu où on se cause!

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