"Peau neuve" pour Anticor

La vie dune association est toujours une expérience de la vitalité des rapports humains entre ses membres. La plupart du temps faite de générosités bienveillantes, souvent terrain d'exercice de bonnes volontés et de fortes personnalités, parfois lieu d'intentions moins avoués ou avouables, plus rarement comme tremplin d'ambitions peu généreuses ou peu bienveillantes, mais à coup sûr des séquences de vie, d'engagement, de disponibilité, de volonté, de détermination. Et comme toute société humaine, perfectible, jamais terminée, en remodelage permanent, en élaboration constante.

La vie dune association est toujours une expérience de la vitalité des rapports humains entre ses membres. La plupart du temps faite de générosités bienveillantes, souvent terrain d'exercice de bonnes volontés et de fortes personnalités, parfois lieu d'intentions moins avoués ou avouables, plus rarement comme tremplin d'ambitions peu généreuses ou peu bienveillantes, mais à coup sûr des séquences de vie, d'engagement, de disponibilité, de volonté, de détermination. Et comme toute société humaine, perfectible, jamais terminée, en remodelage permanent, en élaboration constante.

Ensuite il y a ceux qui sont farouches défenseurs d'une démocratie-arithmétique, d'autres d'une certaine souplesse-démocratique, d'autres encore d'une démocratie-domestique avec bonus à l'ancien. Dans une association de « fumeurs de pipe » les choses prendraient moins d'emphase (quoique...) mais s'agissant d'un collectif qui a «décidé de s’unir pour lutter contre la corruption et pour réhabiliter la démocratie représentative», les antagonismes feraient passer les uns pour usurpateurs et les autres pour manipulateurs!  

anticororg_logo_rvb.png

C'est le sentiment qui m'est venue lors de l'Assemblée générale d'Anticor qui a eu lieu samedi 11 avril. Dans un cadre parisien riche de souvenirs et de dates marquantes, la Maison de l'Amérique Latine.

 Une Association « exemplaire » dans son recrutement et son action

 Une association qui a pour objectif «d’exiger de tous les partis et de leurs élus un comportement irréprochable, et de la part de tous les fonctionnaires, la probité qu’implique la recherche de l’intérêt général», dès lors qu'il y a moins de rigueur, voire des à peu près dans le mode de fonctionnement interne, on entend tout de suite crier au loup, voire certains de ses membres s'ériger en vertueux de la démocratie et, lors d'une Assemblée essayer d'en découdre avec l'ordre du jour, le déroulement de la réunion et s'opposer au vote, ou tout au moins ne pas y prendre part. Selon leur argumentaire, suite à une assignation en justice contre Anticor, tout ceci risque d'être annulé et sans suite (en litige, après un moment de crise interne ayant entraîné la révocation de son Président il semblerait que les nouveaux statuts soumis à ses membres, auraient été approuvés de façon moins réglementaire).

Pour les adhérents au fait des détails du différend, on sent le rapport de forces et une forme de poursuivre le conflit (le dialogue ou leur absence) sur un autre terrain, pour les autres, «les lambda», dira une adhérente venue de loin pour l'occasion, on dirait qu'on veut «saborder» l'Association.

 Cette séquence a eu lieu comme d'habitude après présentation des rapports financier et moral et avant le vote. Dans la discussion (outre le conflit de voisinage peu clair pour les membres à jour de cotisation mais sans l'intimité-associative), une part importante a été consacrée aux lanceurs d'alerte qui méritent soutien mais surtout, peut-être, beaucoup de doigté dans le dévoilement du combat qu'ils mènent. L'autre point à souligner, l'existence et le développement des groupes locaux.

 Les groupes locaux, source d'action d'Anticor.

Les groupes locaux sont constitués surtout dans les régions et par départements et leur mission est de promouvoir collectivement les objectifs et valeurs d'Anticor. Et à entendre les différents militants de ces groupes qui se sont exprimés, on comprend bien l'importance de leur action pour rassembler les sympathisants de la lutte anti-corruption et contribuer à un vaste réseau de vigilance citoyenne. Une Association est toujours le résultat du rassemblement de ses adhérents, avec leurs valeurs, croyances et détermination et, là aussi, ce sont ces noyaux-actifs qui font, me semble-t-il, la force vive d'une Association avec la mission d'Anticor.

 Une liste s'est présentée, animée par Jean-Chrtistophe Picard, un des fondateurs d'Anticor avec Séverine Tissier et Eric Halphen, en 2002. Il est à l'initiative du premier groupe local d'Anticor, dans les Alpes Maritimes, où il poursuit son engagement ayant été récemment à l'origine d'une des enquêtes préliminaires (dont une a déclenché la perquisition au siège de Bygmalion). Un dossier important est actuellement entre les mains de la justice (il l'a remis pour Anticor 06 en main propre à la ministre, en visite à Nice, "démontrant les dysfonctionnements graves et répétés au sein du tribunal de commence de Nice").

 

Corrompus-Huile-Rouages.jpg

Dessin de BOX  

Et dans sa déclaration d'intention, J-C Picard, sans ignorer les oppositions qui ont pu avoir lieu, souligne le sens de l'engagement et de confiance dans le devenir d'Anticor, «Comme vous pourrez le constater en prenant connaissance de notre liste, j’ai souhaité fédérer les talents et les énergies. C’est d’ailleurs, à mon sens, la principale qualité que doit avoir un président d’association. Au-delà, je souhaite créer les conditions pour apaiser les relations entre les uns et les autres. En ce qui me concerne, je n’ai que des amis à Anticor».

Soulignons que pendant cette période de transition l'action d'Anticor s'est poursuivie. Un peu plus d'un millier d'adhérents exige de la nouvelle équipe la création de dispositifs de communication et une interactivité qui valorise et diffuse les « chantiers d'Anticor ».

 L'engagement citoyen contribue au bon fonctionnement de la démocratie et à l'éthique dans les affaires publiques. A l'heure actuelle, après l'ère de la Sarkozie, l'alternance du pouvoir n'est pas venue (malgré les discours) apporter des perspectives d'assainissement de certaines pratiques. L'action d'un collectif comme Anticor, sans esprit politicien mais dans un engagement politique assumé, me paraît un des fondamentaux de notre devenir démocratique. La « peau neuve » d'Anticor est un signe, souhaitons-le cette volonté collective.

 Pour savoir plus sur Anticor http://www.anticor.org/

Caricature Ghir Hak, Les Débats | 25-12-2013


Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.