Scène (banale) de la vie de quartier!

À la sortie d'une station du métro parisien, une large avenue dans un quartier paisible, la police à vélo confisque, une fois de plus, les fruits de saison dans des petits cartons, sur des tréteaux d'occasion et dresse une contravention à un vendeur venu d'ailleurs. Cent mètres plus loin, des jeunes de chez nous «squattent» la rue avec un commerce autrement plus rentable...

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Scène de la vie dans l'arrondissement parisien. La vente à la sauvette des fruits par temps chaud. Le commerce “de la fumette” dans la rue qui mène au métro d'un quartier sans histoire, qui s'étale dès l'entrée du square au grillage du bâtiment plus loin, du début de l'après-midi jusqu'à deux/trois heures du matin.

Têtes connues, des enfants qu'on a vu grandir (ces derniers temps quelques nouveaux, pas du quartier...), qui guettent la maréchaussée, qui font partager les voisins de leurs goûts musicaux, qui parlent fort, qui jouent au ballon au croisement de la rue suivante, plus calme, qui commercent une marchandise qui n'a pas besoin de tréteaux ni de prix affiché!

Des belles voitures parfois, des fournisseurs? les chefs? pas les clients qui en général se font discrets et passent vite, à pied, à moto ou en bagnole. Souvent, le lendemain matin le sol est jonché de bouteilles plastiques, des canettes, des papiers, des paquets de cigarettes, mais aussi des bouteilles de bière, petites fioles de rhum ou de vodka... la poubelle à côté presque toujours ignorée.

Les voisins exaspérés protestent sans trop d'éclats, pas le genre du quartier mais aussi crainte des suites. Lettre au Maire, au Commissaire de police... La Régie de Quartier à côté mène sa vie sans trop de pouvoir (ou envie) d'intervention. Le bureau de Paris Habitat, un peu plus loin, a installé un digicode, sonner avant d'entrer. Le gardien est tourné plutôt vers une autre rue et les jeunes s'installent devant l'entrée, sur quelques transats ou fauteuils de récupération.

Est-ce que les jeunes vivront mieux demain qu’aujourd'hui?

Lors du quinquennat précédent, le candidat Hollande, en janvier 2012, au Bourget avait demandé «à être évalué (…) sur cette seule promesse: Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012?». Dans cette bouche de métro et cette rue du quartier, ces jeunes qui ont pour seule occupation ou presque, ces petits trafics et, à l'évidence ils n'ont pas été inclus dans le “contingent” de la promesse... le candidat savait que les promesses vont et viennent!

Et ceux qui sont dehors l'après-midi et la soirée n'ont que les portables pour le business et les nombreux vélos -nouvelle génération sans port ni attache- qui depuis quelques semaines s'imposent sur les trottoirs, une sorte de “siège debout”' dans la rue. Leur servent aussi pour des petits rodéo-amateur!

Le quinquennat actuel, n'a même pas eu besoin de signifier une quelconque promesse à leur égard. À l'évidence ce ne sont pas des premiers de cordée, alors à quoi bon...! même s'ils relèveraient encore de la “protection de l'enfance”.

Le ministre de l'éducation se consacre justement aux classes de CP à petit effectif. Mais pour les autres c'est trop tard, semble-t-il dire tant l'absence de mots -et d'actes- concernant ces jeunes dans la galère est criante. Et celui de l'intérieur criminalise les pauvres, ceux qui frappent à notre porte ou ceux qui essayent d'aider, tant la souffrance ainsi mise à jour nous dérange. Ceux qui sont déjà là, peut-être même nés ici, n'ont qu'à bien se tenir...

La question, c'est que ce sont nos enfants, qu'ils ont fréquenté nos écoles, qu'ils ont grandi dans nos quartiers, pas qu'en banlieue mais dans la ville, qu'ils ont été bercés par notre “culture” et nos chaînes de télévision...! Et, apparemment, nous ne savons pas -comme s'ils ne le méritaient pas- quoi faire?

Un site important pour suivre -et se mobiliser- autour de la situation de cette jeunesse : https://www.inegalites.fr/

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