Sofiane, une vie fauchée au Mont-Mesly

Un jeune homme de 23 ans s’est tué au guidon de sa moto, jeudi 10 mai au Mont-Mesly à Créteil. Il ne portait pas de casque, tournait depuis un moment dans le quartier, en zigzagant sur la roue arrière. Ce n’est pas la première fois dans le quartier qu’un jeune perd la vie dans ces circonstances, comme si « ces jeunes ne se rendaient pas compte du danger de ces engins, poussant jusqu’à l’extrême le risque, jusqu’à … ! »

Un jeune homme de 23 ans s’est tué au guidon de sa moto, jeudi 10 mai au Mont-Mesly à Créteil. Il ne portait pas de casque, tournait depuis un moment dans le quartier, en zigzagant sur la roue arrière. Ce n’est pas la première fois dans le quartier qu’un jeune perd la vie dans ces circonstances, comme si « ces jeunes ne se rendaient pas compte du danger de ces engins, poussant jusqu’à l’extrême le risque, jusqu’à … ! »

 Les secours ont essayé de le réanimer sans résultat et il est décédé à l’hôpital Henri Mondor. La police discrète, n’intervient plus quand il y a des rodéos pour éviter les débordements. Quelques jeunes, un peu excités par la douleur,  ont encore cherché querelle mais sans conséquences, même si quelques-uns sont allés,  énervés jusqu’à l’hôpital.

 Sofiane, issu d’une famille connue et reconnue dans le quartier du Mont-Mesly, où presque tout le monde se connaît autour du petit centre commercial de l’Abbaye, à côté de la Poste. 

Une toile de solidarité s’est formée auprès de la famille, amis, voisins, habitantes se sont rendus chez  la  mère qui, très choquée, a dû être soigné sur place par les pompiers.

 Dimanche, dans l’après-midi, à l’initiative des tantes et sœurs de Sofiane, une marche silencieuse a réuni environ cinq cents personnes. Beaucoup de jeunes, des enfants, des mères et des immigrés retraités qui faisaient leur sortie au soleil d’un beau dimanche de mai. Pas loin, une kermesse dans la paroisse Saint-Michel du Mont-Mesly. Nous avons croisé deux familles qui fréquentent la synagogue en bas du Mont-Mesly, à côté du métro Créteil-Préfecture.

 

Ce n’est pas un après-midi œcuménique  auquel nous avons assisté, mais une sorte de réflexion autour de la mémoire de Sofiane. « Il faut être prudent et ne pas mettre sa vie en danger », c’était le message partagé dans le cortège. « Faites attention à vous, mes frères. Soyez prudents et si vous voulez un terrain de cross, demandez-le à la mairie ! » disait son beau-frère qui s’est adressé à la foule. « Dès qu’il nous sera rendu, nous l’inhumerons en Tunisie ».

 Le Mont-Mesly, un des points culminants  du Val de Marne, le Haut avec une population de trois mil personnes, un taux de chômage de 24% dont 31% de moins de 25 ans, où les jeunes ont peu d’endroits où se retrouver. Le Conseil Général du Val de Marne fait des efforts importants pour la petite enfance, mais peu ou insuffisamment d’investissements pour  certaines classes d’âge dont les jeunes dans ces quartiers. Si la municipalité de Créteil a une bonne équipe de jardinage toujours en action dans les nombreux parterres de fleurs, arbustes, arbres, ce qui rend ces lieux agréables, l’action éducative de rue paraît moins investie.

Pour Sofiane il s’agit, bien entendu, de la responsabilité des familles, de la conscience des jeunes, de leur  mise en danger par défi, par inconscience, par désœuvrement.  Mais cette responsabilité individuelle mérite qu’on s’y attarde sur les propositions faites à la population jeune et au résultat des établissements scolaires de l'Académie de Créteil. Là comme ailleurs, fermeture du Rased, 125 fermetures de classes et de postes de la carte scolaire 2012.

Une grande solidarité s’est manifestée lors de ce drame qui a fauché une vie de 23 ans. Pour Sofiane,  nous avons quelque chose à apporter collectivement, en plus de faire connaître, de faire savoir le destin de ces jeunes vies privées d’avenir.

*  *  Dans l’éphémère édition Ile-de-France, j’avais déjà fait un billet sur la poste du Mont-Mesly.

http://blogs.mediapart.fr/edition/iles-de-france/article/150908/une-poste-sans-boite-aux-lettres

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