L'école de la République

C'est ainsi que Monsieur Montoriol, directeur de l'Ecole, parle à Cécile, jeune institutrice qui débute en CM2, à l'école Louis-Guilloux, rue Paul-Bert quelque part dans une ville pas loin de Paris ni de la Loire ... Publié en avril 2005, le livre de Marie-Aude Murail (Vive la République !, ed Pocket jeunesse) raconte l'histoire de Cécile Barrois qui a toujours rêvé de devenir maîtresse d'école. Et dans cette classe elle découvrira des enfants qui vont participer, progressivement à rendre la classe riche en expériences “pédagogiques” et en rapports humains. C'est que dans cette classe (et dans cette école) sont accueillis des enfants récemment arrivés de Côte d'Ivoire, d'une famille nombreuse, les Baoulé. En situation irrégulière (les parents ayant été déboutés du droit d'asile alors qu'ils étaient poursuivis) ils vont susciter une mobilisation de la communauté éducative qui permettra de leur garantir la régularisation en France mais aussi la sauvegarde de l'école que, sans les Baoulé, serait fermée et dont le projet immobilier est déjà dans les cartons d'un architecte et d'un gèrent du fast-food du coin, le Tchip Burger.

 

 

Nous étions habitués aux livres de M-A Murail dans les collections jeunesse (Bayard, Milan, école des loisirs) qui ont participé au goût de la lecture de générations d'enfants. Des livres toujours en attention aux préoccupations et aux interrogations des jeunes lecteurs.

Avec ce livre les jeunes et les moins jeunes découvrent un roman sur un fait de société, avec des personnages attachants.

 

 

D'une grande actualité, ce livre rend compte de la réalité d'aujourd'hui à travers une fiction d'il y a trois ans. Il ne s'agit pas d'embellir le quotidien de la vie scolaire, d'une solidarité nécessaire mais pas toujours présente. Il s'agit de saluer une auteure qui a su anticiper et contribue avec cet ouvrage à défendre l'esprit d'une école publique décidemment tournée vers la cause des enfants. Et elle nous permet de bien comprendre comment les directives académiques et les décisions du Préfet se retrouvent parfois dans une conjugaison d'intérêts qui les oppose aux élèves, aux enseignants et aux parents alors qu'il y est question de l'école.

 

Belle lecture pour l'été ... pour les élèves et pour les parents !

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