Gennevilliers, «bavure» ou scène banale de banlieue?

Gennevilliers, scène de rue, jeudi 13 juin à 21h30. Une maman inquiète, «déboussolée» pour avoir égarée sa fille, s'adresse à Boubacar, médiateur de la Ville. Une voiture de la BAC passe par là, s'approche du médiateur et le reste c'est en images diffusées par L'écho des banlieues... Bavure? Ou scène banale des rapports entre la force publique et les jeunes de banlieue y compris les «bons»...

Ce jeune agent de la Mairie de Gennevilliers, Boubacar Drame, est reconnu pour son amabilité. “Ce travailleur social est en permanence au contact de la jeunesse. Il participe au calme et il fait partie de gens qui œuvrent à l'apaisement et au respect des institutions”, selon Nasser Lajili. Par ailleurs le Maire de la Ville et la députée ont adressé un courrier au Préfet des Hauts-de-Seine, demandant une enquête sur ces faits.

L’écho Des Banlieues   @EchoBanlieues * voir les images:

14 juin

#GENNEVILLIERS Jeudi à 21h30 une femme déboussolée se rue vers Boubacar médiateur de la ville de Gennevilliers car celle-ci avait égarée sa fille. Boubacar décide de l’aider. A ce moment là une voiture de la bac s’approche du médiateur pour le contrôler. Le reste en image.

Je réfute le terme violences policières

Pendant ce temps là le ministre causait au JDD qui titrait «Christophe Castaner, un ministre de l'Intérieur critiqué mais protégé», et ouvrait le reportage ainsi «Proche d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner a enchaîné les bévues, mais semble inamovible. Pour le moment…».

Indépendamment des circonstances de cette interpellation il paraît de plus en plus urgent de rendre publique la façon dont les forces de l'ordre exercent leur fonction, sur les Champs Élysées ou dans une rue de Gennevilliers. On a le sentiment qu'elles sont au-dessus de toute réglementation administrative et éthique, dans une toute puissance qui paraît aller de paire avec l'instauration d'une société de la violence institutionnelle.

Le même jour, Mme Jullien, cheffe de l'Inspection Générale de la police nationale (IGPN) présentait le rapport d’activité de la « police des polices » pour 2018. Au total, du 17 novembre 2018 au 8 juin, nous avons reçu 555 signalements sur la plate-forme de l’IGPN mise à disposition du public. 265 enquêtes judiciaires ont été ouvertes. Parmi celles-ci, 105 - soit 45 % - sont terminées et ont été renvoyées aux différents parquets pour analyse”.

Aucun fonctionnaire de police n'a été suspendu à ce jour, et Mme Jullien le conçoit tout à fait: Pour qu’il y ait suspension, il faut qu’il y ait faute. Or, à ce jour, aucune enquête n’a permis de conclure que la responsabilité d’un policier était engagée à titre individuel. Cela ne veut pas dire que cela n’arrivera pas

En revanche, Mme Jullien ne conçoit pas du tout et réfute totalement le terme de violences policières. Il y a eu des blessures commises à l’occasion de manifestations durant lesquelles la police a fait usage de la force. Notre travail est de chercher à savoir si cet usage était légitime et proportionné. Nous devons évaluer la proportionnalité et la légalité de la riposte. Il y a peut-être eu des situations où cela n’a pas été le cas. Mais il est encore trop tôt pour le dire. [citations in Le Parisien 13/06/2019]

Que dira la cheffe de la police des polices sur l'interpellation de Boubacar Drame, le jour même de sa présentation au rapport? Seront les forces de la Bac les seuls liens des jeunes avec la société?

La lettre du Maire et de la Députée

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