quelques immigrés en moins !

Le drame est terrible, les déclarations convenues se déversent pendant les journaux télévisés et « l’impuissance » des politiques est évoquée comme une explication.

Un homme politique appelle tout de même à une « mobilisation des pouvoirs politiques » face à la misère dont nous sommes les observateurs. Mais quelle malédiction ou quelle loi des séries peut justifier le « sort » jeté à ces familles, autrement dit comment ne pas exprimer notre indignation, devant ces politiques d’exclusion qui se manifestent, entre autre, par les logements qui leurs sont refusés.

Là il s’agit de familles d’origine africaine, dont certaines de nationalité française. Il y encore quelques jours, le vendredi 19 août, un préfet armé d’un escadron de CRS et d’un convoi de camions-plateaux « promenait » des familles et leurs caravanes dans le département de Seine-et-Marne et de l’Essonne à la recherche d’un point de chute. « Au cours de l’opération six caravanes se sont égarées » (Le Monde du 28 août). C’est la même démarche, le même regard porté sur ces personnes, pas tout à fait comme nous. Les uns sont morts brûlés vifs et les survivants n’avaient presque rien et même cela ils l’ont perdu. Les autres sont rejetés, baladés d’un endroit à un autre, en attendant aussi leur « disparition » sinon de l’état civil au moins d’un terrain, d’une commune, d’un département.

Que peuvent les parents, les enseignants, les éducateurs dirent aux enfants sur le futur que nous leurs construisons ?

 

4 septembre 2005

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.